Dans un point de presse tenu jeudi 6 janvier 2022, à son siège, à Brazzaville, l’O.c.d.h (Observatoire congolais des droits de l’homme), par la voix de son directeur exécutif, Georges Nguila, a fustigé les bavures policières répétées, à la suite du décès d’un jeune âgé de 20 ans, du nom de Stéphane Bizaou Bilingué, ressortissant de la RD Congo, arrêté par la police et torturé, envoyé à l’hôpital, qui a fini par mourir de ses douleurs chez lui, à Talangaï.
Selon le récit fait, Stéphane Bizaou Bilingué, un ouvrier maçon vivant dans le quartier Manianga, a été arrêté au domicile de ses parents, pour être conduit au poste de police Château d’eau, au quartier Ngamakosso, dans le 6ème arrondissement, Talangaï. Malheureusement, en l’espace de quelque temps de détention, il s’est retrouvé mal en point et ensanglanté. Il a été conduit à l’Hôpital de référence de Talangaï qui, devant la gravité de son état, l’a envoyé à l’Hôpital militaire Pierre Mobengo où il a subi le premier et dernier traitement avant de regagner son domicile. Mais, avec des douleurs atroces, Stéphane s’est mis à pleurer toute la nuit et il est décédé le dimanche 2 janvier 2022, aux environs de 5h du matin.
Le directeur exécutif de l’O.c.d.h, Georges Nguila, a tenu son point de presse en présence des parents du décédé, notamment sa mère, Mme Jolie Mafouta. Il a affirmé que «Stéphane Bizaou Bilingué est mort des suites de torture, même si le procureur a retenu les coups et blessures volontaires». Il a rappelé que, «pourtant, le Congo a ratifié la convention contre la torture, mais elle n’est pas encore incorporée dans le code pénal. L’Union européenne a généreusement donné beaucoup de milliards de francs Cfa, voire 3 ou 4 milliards pour qu’on refasse les textes de lois, pour que toutes les infractions qui ne se trouvent pas dans le code pénal y soient incorporées. Malheureusement, depuis huit ans, on n’a jamais pu achever le code pénal».
Pour lui, quand une personne est interpellée par la police, on doit lui notifier les charges qui pèsent sur elle. «Dans ce dossier, nous avons constaté qu’il y a d’abord un silence sur les charges qui pesaient sur l’individu. Ensuite, il y a eu un transfert du poste de police Château d’eau au poste de police de Ngamakosso, comme si le premier poste de police est incompétent. Là aussi, c’est une faute. On ne doit pas arrêter n’importe comment une personne. Si une personne est interpellée, on doit respecter son intégrité physique. Le comportement du policier ne peut être basé que sur le code de procédure pénale», a-t-i déclaré.
Rappelons que ce jeune fait partie des trois victimes arrêtées par la police et torturées, à la suite de l’affaire du viaduc. Les quatre policiers et les trois auxiliaires de police impliqués dans ces cas de torture qui ont coûté la vie à deux jeunes alors que le troisième est toujours en hospitalisation, ont été présentés au procureur de la République et écroués.

Martin BALOUATA-MALEKA

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