Les économistes admettent que le financement par endettement est un moyen efficace qu’un pays peut utiliser pour assurer son développement socio-économique. A une condition: la rigueur dans la gestion. Autrement, on récolte l’effet contraire: l’étranglement que provoque le surendettement. Le Congo n’est-il pas tombé dans ce piège? Le rapport annuel sur la dette publique année 2021 publié par la C.c.a (Caisse congolaise d’amortissement), une structure sous tutelle du Ministère des finances, du budget et du portefeuille public, nous en donne un éclairage époustouflant: notre pays est en réalité surendetté!
Si hier, on a rêvé de constituer un fonds des générations futures, la réalité nous confond aujourd’hui: nous leur laissons une ardoise salée. C’est comme un père de famille qui ne laisse comme héritage à ses enfants que des dettes. Ce n’est pas moralement responsable!
En effet, selon le rapport 2021 de la C.c.a, la dette publique intérieure et extérieure de la République du Congo est de 8.130,56 milliards de francs Cfa, qui représente 116,05% du P.i.b (Produit intérieur brut). Les experts de la C.c.a précisent que ce «ratio de 116,05% a été calculé sur un encours global incluant les arriérés de la dette intérieure en cours d’audit. En excluant ces arriérés, ce ratio tombe à 98,3%». Même à ce niveau, la dette publique fait de l’Etat congolais un agent surendetté. C’est le résultat de la gouvernance du pays depuis les années 2000. «A fin décembre 2021, le taux d’endettement du Congo se chiffre à 116,05% du P.i.b, largement au-dessus de la norme communautaire fixée à 70%», précise le rapport.
Dans cette dette, la dette publique extérieure est de 4.116,56 milliards de francs Cfa (soit 58,75% du P.i.b, en diminution par rapport à l’année dernière où la dette en volume était plus importante par rapport à cette année).
La dette publique intérieure a augmenté à 4.014,01 milliards cette année (57,29% du P.i.b), alors qu’elle était de 2.828,71 milliards de francs Cfa (soit 47,64% du P.i.b). «La dette intérieure inclut également la dette commerciale auditée, 642,92 milliards F Cfa, la dette commerciale en cours d’audit, 573,78 milliards F Cfa, la dette sociale (arriérés de pensions, rappels d’activités des enseignants, droits des travailleurs des entreprises d’Etat liquidées etc) d’un montant de 371,13 milliards F Cfa et les arriérés sociaux en cours de vérification pour un montant 320,3 milliards F Cfa», souligne le rapport.
Notre propension à l’endettement ne s’arrête pas là. Les dix plus grandes entreprises publiques sont aussi cochées à la case du surendettement. Il s’agit des entreprises suivantes: S.n.p.c (Société nationale des pétroles du Congo); E2c (Energie électrique du Congo); C.f.c.o (Chemin de fer Congo-Océan); Congo-Télécom; P.a.p.n (Port autonome de Pointe-Noire); C.e.c (Centrale électrique du Congo); B.p.c (Banque postale du Congo); L.c.d.e (La congolaise des eaux); P.a.b.s (Prot autonome de Brazzaville et ports secondaires) et Centrale d’achat des médicaments essentiels et des produits de santé.
Ces entreprises emploient à peine un total de 7.114 Congolais, pour un chiffre d’affaires annuel qui atteint en 2021, à peine 577,670 milliards de francs Cfa. Mais, leur endettement est colossal. «A fin décembre 2021, la dette directe des entreprises publiques est estimée à 2.420,276 milliards de F Cfa soit 34,54% du P.i.b», nous dit le rapport. C’est une contre-performance qui abasourdit. Dans la gestion publique, la rigueur a abandonné les Congolais. Et dire que les prestations de ces entreprises ne sont pas de qualité à satisfaire les usagers… Les bras nous en tombent! Dans ces conditions, quel avenir pour nos enfants qui cherchent des emplois? Nous allons y revenir!

L’HORIZON AFRICAIN

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