Tribune : Réaction au soi-disant expert pétrolier, Kévin Diafouka

Ni cessation d’activités, ni turbulence financière encore moins faillite de la S.n.p.c

La S.n.p.c n’a pas fait mystère des difficultés auxquelles elle est confrontée dans l’approvisionnement du pays en produits pétroliers finis. Comme toute entreprise exerçant correctement ses missions et assumant sagement ses responsabilités, elle communique, dit ce qui se passe et mène des actions pour résoudre les problèmes qui se posent, afin de retrouver le niveau normal d’approvisionnement du pays en produits finis. Profiter de la crise du carburant pour laisser croire que la S.n.p.c traverse une zone de turbulence financière et qu’elle est en cessation d’activités et même en faillite relève tout simplement de la mauvaise foi ou du refus obtus de voir la réalité du contexte international telle qu’affectée par la guerre en Ukraine.

La S.n.p.c fait partie des grandes sociétés publiques que le gouvernement a réformées à partir de 2017, avec pour objectifs de les rendre performantes, d’atteindre leur vocation de produire les services publics attendus d’elles et de coûter moins cher à la collectivité. Pour ce qui la concerne, on peut estimer qu’avec la S.n.p.c, le gouvernement a atteint ses objectifs de réformes. Sa restructuration est un succès puisque l’entreprise arrive à accomplir ses missions mieux qu’avant.

En effet, quand Maixent Raoul Ominga est arrivé à la tête de la société en mars 2018, sa situation était effectivement difficile, avec un état d’endettement qui menaçait de compromettre l’avenir, une situation sociale tendue, des actifs à l’arrêt dans l’amont pétrolier, des filiales en proie à des aléas de fonctionnement, un secteur gazier faiblement organisé, un secteur aval agité par les pénuries, des contributions au budget de l’Etat qui s’amenuisaient, etc. La crise sanitaire liée à la pandémie de covid-19 à partir de 2020 est venue fragiliser de plus bel un contexte économique déjà en proie au marasme. Redresser une entreprise publique, dans ces conditions, ressemblait au travail de Sisyphe.

Et pourtant, sans revenir au travail qui a été réalisé durant ces années difficiles, la S.n.p.c a retrouvé le chemin de la croissance. Et on ne redresse pas une entreprise par «la gabegie, la corruption et la mauvaise gestion», mais plutôt par la rigueur dans la gestion. Comment parler de «contrats opaques» dans le secteur du pétrole, au moment où le Congo est bien apprécié à l’I.t.i.e (Initiative de transparence des industries extractives)? Il faut retenir que notre pays fait des progrès sur le chemin de la transparence, grâce à la volonté du Président de la République. La S.n.p.c ne peut pas faire le contraire de cette volonté.

En ce qui concerne la crise du carburant, la S.n.p.c a expliqué clairement ses causes, tout en promettant faire de son mieux pour sortir de cette crise dans les tout prochains jours. Le Congo n’est pas le seul pays touché par le phénomène de pénurie de carburant. Le Nigéria, le premier pays africain producteur de pétrole est régulièrement secoué par la crise de carburant depuis 2021, année au cours de laquelle le gouvernement a supprimé les subventions aux carburants. Conséquence: non seulement les prix à la pompe ont grimpé et sont maintenant instables, mais encore les pénuries sont régulières. Les Congolais sont épargnés par ce phénomène d’augmentation des prix du carburant à la pompe, car le gouvernement a maintenu le principe de la subvention des prix du carburant lorsque le prix du baril monte.

En conclusion, la crise du carburant ne traduit pas une quelconque situation de cessation de paiement de la S.n.p.c ou de zone de turbulence financière, comme le dit étrangement Kévin Diafouka, qui se présente comme un expert pétrolier. La société fonctionne normalement et sa direction générale s’attèle à mettre progressivement en œuvre son plan d’action intitulé «Performance 2025» qui repose sur quatre piliers, dont le troisième, baptisé «Contribution à l’action gouvernementale», qui vise «une meilleure valorisation des droits à l’huile de l’Etat, l’approvisionnement en permanence des produits pétroliers sur l’ensemble du territoire national et l’accompagnement dans l’amélioration des conditions de vie des populations». Tout le reste n’est que distraction, billevesées et calembredaines!

Jean Sébastien BABINDAMANA

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