Lors des obsèques du patriarche Edo Ganga, décédé le 7 juin 2020, à l’âge de 87 ans, et inhumé le 22 juillet, au cimetière du centre-ville de Brazzaville, François Barateau, ambassadeur de France au Congo, Faustin Nsakanda et Blanchard Ngokoudi, respectivement directeur artistique et manager des Bantous de la capitale, avaient pris l’initiative de regrouper les chansons de cette icône de la musique des deux rives du Fleuve Congo sur un support. Ils ont tenu parole. Le coffret «Hommage à Edo Ganga, Le Patriarche» a été mis sur le marché. Il a été présenté, officiellement, par ses initiateurs, au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée mardi 15 mars 2022, à l’I.f.c (Institut français du Congo) de Brazzaville.

Vendu au prix de 10.000 F. Cfa, le coffret d’hommage à Edo Ganga regroupe deux Cd de 29 chansons composées par l’artiste au sein de l’OK Jazz et des Bantous de la capitale, deux orchestres dont il est co-fondateur, ainsi que d’un D.v.d comprenant un film documentaire qui lui est dédié. Parmi ces chansons figure «Aimée wa bolingo», considérée comme le plus beau chef-d’œuvre d’Edo Ganga. «Il nous a fallu collectionner les meilleures chansons pour avoir une œuvre parfaite, car la majorité des chansons d’Edo datent de 1962», a expliqué Faustin Nsakanda. Et d’ajouter: «Plusieurs chansons sont en fichier Mp3. D’où la difficulté de les traiter. Il nous a fallu avoir des vinyles pour un bon traitement des chansons d’Edo».
«Les Bantous occupent une place de choix dans la rumba des deux Congo. C’est un modèle à suivre pour les jeunes musiciens sur le contenu des chansons. Car la rumba doit se baser sur l’aspect éducatif», a, pour sa part, affirmé Blanchard Ngokoudi, qui a remercié l’ambassadeur français, François Barateau, pour son implication personnelle avec l’I.f.c, dans la publication du coffret hommage à Edo Ganga, «dans le cadre de l’accompagnement de l’inscription de la rumba congolaise au patrimoine immatériel de l’humanité en décembre 2021».
Pour la petite histoire, Edo Ganga a vu le jour le 27 octobre 1933, à Léopoldville, actuelle Kinshasa. Fils d’André Mayinguidi et de Véronique Mvouala Ganga, il est le petit-fils de Ganga Edouard, un instituteur dont un grand complexe scolaire de la capitale congolaise porte le nom. Il fréquenta la Grande école de Poto-Poto (arrondissement 3 de Brazzaville), avant d’entrer à l’Ecole professionnelle de l’Afrique équatoriale française (A.e.f), actuellement Lycée Technique du 1er Mai, dans la section Menuiserie. Il en sort en 1953, titulaire d’un C.a.p (Certificat d’aptitude professionnelle) qui le destinait à une carrière prometteuse dans l’industrie du bois. Malheureusement, il y fit long feu. En effet, le jeune-homme fraîchement recruté semble peu absorbé par son métier, car il s’est trouvé une nouvelle vocation, la musique. Ainsi va-t-il faire ses premiers pas dans les orchestres Atomique Jazz, puis Négro Jazz, qui constitueront ses rampes de lancement.
Le Fleuve Congo n’étant qu’un vaste boulevard flamboyant entre Léopoldville et Brazzaville, Edo Ganga le traversera régulièrement et créera, avec d’autres compagnons, l’Orchestre Ok-Jazz de Luambo-Makiadi, en 1956, à Léopoldville. En 1959, il se lance dans l’aventure de création de l’Orchestre Les Bantous de la capitale, à Brazzaville. C’est au sein de ces deux grandes écoles de la musique des deux rives du Fleuve Congo que le génie créateur d’Edo Ganga va germer, étendre, bourgeonner, puis tutoyer les étoiles de la musique congolaise des deux rives, pour la grande jubilation des mélomanes principalement au sein des Bantous de la capitale dont il est devenu une véritable icône. Compositeur, chanteur et arrangeur hors-pair,
Edo Ganga connaîtra d’autres orchestres, notamment Les Nzoï, Le Peuple et les Bantous monuments. Il a laissé une discographie riche et abondante. Bravo à ceux qui ont eu l’ingénieuse initiative de regrouper ses chansons sur un support!

Nana KABA

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