Lors de la soirée «Rumba biyenga», organisée par la délégation de l’Union européenne, il y a eu une communication sur la rumba, une danse née sur les rives du Fleuve Congo durant la période coloniale et qui est inscrite, depuis le 14 décembre 2021, au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco. Dans cette communication, Mme Wendy Pombia, stagiaire à la représentation de l’Union européenne au Congo, a parlé des précurseurs de la rumba congolaise, de son évolution linguistique due aussi à la diversification des rythmes musicaux et des thèmes évoqués selon les époques. Selon Wendy Pombia, avec le temps, la rumba congolaise a évolué dans la société congolaise sur les deux rives du Fleuve Congo, entre les deux capitales les plus rapprochées du monde. Ce qu’on pourrait qualifier de positif dans la rumba congolaise, c’est la transmission des valeurs sociales par les artistes du Congo et ceux de la RD Congo. Certaines chansons ont pour objet de promouvoir l’éducation. Il existe également des chansons qui visent à promouvoir le travail et certains artistes luttent contre la prostitution à travers la rumba congolaise. Il a été dit aussi certains artistes assurent la promotion de la spiritualité issue du Royaume Koongo dans le but d’assurer la protection de l’être vivant (humain, végétal et animal). Les artistes ont également décidé de promouvoir leurs cultures locales par la réalisation des chorégraphies folkloriques.

Une vue des sapeurs.
Une vue des sapeurs.

Ce qu’on a trouvé de négatif dans la rumba congolaise pendant la période des années 80 et 2000, c’est la promotion de l’adultère dans le message communiqué, le style vestimentaire adopté par les artistes et les danseuses qui vise à s’embellir en exposant le corps. La tenue vestimentaire caractérisée par une baisse du pantalon en bas des fesses dans l’espace public chez les jeunes de 2007 à 2010 et les danseuses par leur tenue à moitié dénudées.
La conférencière a conclu que la rumba congolaise va continuer, car ce patrimoine culturel et immatériel de l’humanité est une opportunité de développement et de création d’une industrie de musique. L’un des participants, le musicologue Mampouya Mam’Sy a révélé que «les chansons des orchestres, c’est notre première littérature orale. Notre littérature, ce sont ces chansons-là. D’ailleurs, très peu de gens lisent et ne connaissent presque pas nos écrivains. La chanson est une grande littérature au Congo. C’est pourquoi la rumba a une grande influence dans la société, parce que nous sommes un peuple oral».
Wendy Pombia a confié que si elle parle de la rumba, c’est parce qu’elle en est passionnée. «J’aime la rumba», a-t-elle déclaré. «Je veux continuer à travailler sur la rumba congolaise, pour permettre à participer au développement de la rumba».
Dans son mot de circonstance, l’ambassadeur de l’Union européenne, Marzzila, a donné le contexte de cette soirée. «Avec la rumba, nous célébrons, également, un élément-clé du patrimoine des deux Congo, entre les deux capitales sœurs, Brazzaville et Kinshasa, cordon ombilical qui a créé un pont culturel entre les deux villes du fleuve. A ce titre, la rumba se déjoue de tous les clivages, quelles qu’ils soient les frontières, les races et nous invite, désormais, à plus de communications fraternelles. L’Union européenne, qui soutient partout dans le monde, la conservation de ces patrimoines, s’inscrit totalement dans cette lancée, car la richesse culturelle et le ciment des sociétés et du dialogue interculturel», a-t-il dit.

M.B.M

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