Un véritable coup de tonnerre dans la galaxie musicale congolaise! On ne verra plus la chanteuse congolaise Phanie Benja se produire sur scène. Celle que l’on appelle, à l’Etat-civil, Stéphanie Maboungou, a décidé, en effet, de mettre fin à sa carrière artistique. L’artiste a annoncé la nouvelle, samedi 12 mars 2022, au cours d’une cérémonie qu’elle a organisée à Massissia, un quartier du 8ème arrondissement, Madibou, à Brazzaville, en mémoire de l’ensemble de ses parents défunts, dont Jacques Maboungou Wa Nzaba, son père, Mme Stéphanie Nkoula, sa mère, la chanteuse Jacquito Wa Mpungu, sa sœur, Weirdal-Horst Sitta, son fils aîné mort au front, en Afghanistan, Jacques Marthy Mahoua, Victor Bahondana «Vicky Bahos» et Jacques Maboungou, ses frères.
Selon Phanie Benja, c’est la succession d’événements malheureux qui l’a poussée à mettre fin à sa carrière.
Fille de «Mama Nkoula» elle a fait ses premiers pas dans des chorales chrétiennes de la capitale congolaise. En 1996, elle signe son coup d’essai musical: «Ma vie». Une œuvre autobiographique à travers laquelle elle partage avec les mélomanes ses souvenirs d’enfance, les joies et les peines d’une mère, d’une sœur.
L’album «Ma vie», dont l’un des titres phares est «Oko montre la mer à Taty», révèle l’artiste au public congolais, africain et européen. Ses chansons sont diffusées sur plusieurs chaînes de télé et radio, tant congolaises qu’étrangères. Radio Africa n°1, la R.t.g au Gabon, Radio et Télé-Congo, entre autres, lui consacrent une bonne partie de leurs temps d’antenne.
Phanie Benja s’affiche également dans les colonnes des magazines et journaux de renom: «Amina», «La Semaine Africaine» (Congo), «L’Union» (Gabon), etc. Sa belle percée sur la scène musicale est couronnée en 1998 par la sortie de son deuxième album: «Le droit de rêver». Un opus enregistré au studio Kos & Co, à Paris, en France, dans lequel elle rêve notamment de paix dans son pays natal. D’où la chanson «Paix au Congo».
Dans cet opus, Phanie Benja bénéficie de la participation de plusieurs grosses pointures de la musique des deux rives du Fleuve Congo comme Canta Nyboma, Dally Kimoko, Ngouma Lokito, Lokassa ya Mbongo, Manuaku Waku et Delvis Salsero. Le succès de cet opus est tel que Phanie Benja reçoit, en 2011, à Owando (Département de la Cuvette) le trophée «Tam-Tam d’Or», dans la catégorie meilleure artiste de la diaspora.
Malheureusement, quelques mois plus tard seulement après cette distinction, la vie de Stéphanie Maboungou va connaître un tournant dramatique: son fils aîné, Weirdal-Horst Sitta, meurt à l’âge de 27 ans au front, en Afghanistan, où il s’était engagé pour défendre la liberté. Depuis lors, Phanie-Benja continue de pleurer le premier fruit de ses entrailles. Sa vie n’a plus été la même.
Et comme si cela ne suffisait pas, un autre évènement malheureux va s’ajouter à ce tableau déjà assombri: quatre mois plus tard, sa mère, Maman Nkoula, décède, à son tour. La douleur s’alourdit le 4 février dernier avec le rappel à Dieu de Jacques Maboungou, son grand frère. Avec cette succession d’événements malheureux, Phanie Benja s’est vue contrainte d’annoncer la fin de sa carrière et son retrait de la vie artistique.
Par rapport à cette importante décision qu’elle a prise, au nom de tout son staff, la chanteuse congolaise remercie ses fans, les journalistes, les animateurs, les promoteurs culturels pour le soutien dont ils ont chacun fait montre à son endroit, durant les années de sa carrière musicale.

Clotaire DIABOUA

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