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Ministère de l’intérieur et de la décentralisation : Une concertation politique à Madingou, dans la perspective de l’élection présidentielle

Ministère de l’intérieur et de la décentralisation : Une concertation politique à Madingou, dans la perspective de l’élection présidentielle

C’est par une communication à la classe politique, jeudi 22 octobre 2020, dans la salle des conférences de la Préfecture de Brazzaville, que Raymond Zéphirin Mboulou, ministre de l’intérieur et de la décentralisation, a annoncé la tenue, courant novembre, à Madingou, chef-lieu du Département de la Bouenza, d’une concertation politique, dans la perspective de l’élection présidentielle de 2021. Autre point abordé au cours de cette communication: l’application de la loi sur les partis politiques.

La communication du ministre de l’intérieur et de la décentralisation n’a pas donné lieu à un débat. Raymond Zéphirin Mboulou a informé la classe politique congolaise des décisions prises par son Département ministériel concernant l’application de la loi sur les partis politiques.
Chaque année, le Ministère de l’intérieur et de la décentralisation publie un arrêté sur le nombre des partis conformes à la loi en République du Congo.
Expliquant sa démarche, il a insisté sur le fait que sa décision n’est pas une façon de restreindre les libertés politiques, mais plutôt, de donner la possibilité aux partis de se conformer à la loi et cela se passe ainsi partout dans le monde. «C’est une façon d’amener les partis à se moderniser», a commenté un jeune leader d’un parti du centre.
Cette approche a été aussi partagée par Albert Malonga de la D.r.d (Dynamique républicaine pour le développement), parti membre de la Majorité présidentielle, qui estime que «la publication, chaque année, d’un arrêté relatif aux partis politiques autorisés à exercer sur le territoire national est une bonne chose. Il faudrait que les acteurs politiques aient une lecture responsable de cette démarche, pour éviter de tomber dans les travers».
Par contre, Clément Miérassa, président du P.s.d.c (Parti social-démocrate congolais) membre de la Fédération de l’opposition congolaise, pense que «la méthode utilisée par le ministre Raymond Zéphirin Mboulou n’est pas la bonne. Il est bien conscient que le parti dont il est membre du Comité central n’est pas respectueux des lois et règlements de la République». «Le ministre devrait commencer par sanctionner le P.c.t, avant de faire quoi que ce soit», a-t-il dit, faisant allusion au fait que le P.c.t continue de proclamer que son président du Comité central est Denis Sassou-Nguesso, alors que celui-ci est Président de la République et qu’à ce titre, la Constitution lui fait obligation de ne plus être à la tête d’un parti.
Dans la même veine, Michel Mampouya, coordonnateur général de l’I.d.c (Initiative pour la démocratie au Congo), estime que «le P.c.t a profité du passif de parti unique qu’il était, pour son implantation sur toute l’étendue du territoire national. Même au sein de la Majorité présidentielle, il y a des partis qui ne couvrent pas le territoire national. Donc, c’est une injustice. Quel est ce chef de parti qui peut disposer des sièges dans les douze départements du pays?», s’est-il interrogé.
Pour Michel Mampouya et Clément Miérassa, il n’y a pas de surprise avec l’annonce de la tenue d’une concertation politique. La classe politique était plus ou moins au courant que le pouvoir cajolait cette idée, à la place d’un dialogue national inclusif réclamé par tout le monde. Les deux leaders politiques se sont simplement interrogés sur la présence à cette rencontre du M.u.s.t (Mouvement pour l’unité, la solidarité et le travail), le parti de Claudine Munari, qui est présidente de la Fédération de l’opposition congolaise, alors que les autres partis de cette plateforme politique n’y étaient pas présents.
Claudine Munari va-t-elle se déjuger, elle qui a déclaré, il quelques semaines, sur la chaîne web Ziana Tv, «qu’elle ne participera pas à une quelconque élection, si les maux dénoncés ne sont pas résolus»?
Par contre, du côté de la majorité, l’annonce du ministre de l’intérieur et de la décentralisation a suscité un sentiment de satisfaction. Pascal Ngalibo, président du M.s.d.p (Mouvement social pour la démocratie et la paix), membre de la Majorité présidentielle, a indiqué que c’est «une bonne annonce pour les partis politiques qui pensaient que l’élection présidentielle n’aura pas lieu, par rapport à tout ce que nous connaissons. Les hommes politiques doivent toujours se retrouver, échanger et dialoguer. C’est la préoccupation du Ministère de l’intérieur et de la décentralisation, chargé du développement local, de nous réunir pour nous informer de cette décision. Comme les rencontres passées, celle de Madingou, c’est pour préparer l’élection présidentielle».
Signalons que les invitations à la concertation politique de Madingou se feront par groupements politiques et tiendront compte du poids électoral de chaque parti. Ce qui signifie qu’à cette concertation, certains partis auront plus de délégués que d’autres.

Chrysostome
FOUCK ZONZEKA

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03 décembre 2020, 12: 05

L’editorial de la redaction

LES CÔTÉS AMERS DE LA DÉMOCRATIE!

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