Le Ministère de l’industrie culturelle, touristique, artistique et des loisirs a lancé, mercredi 28 décembre 2022, lors d’une cérémonie au Foyer combattant de Bacongo, connu sous le nom de Baba Boum, un concours de danse dénommé «Mopacho challenge national», sous le patronage de Lis Pascal Moussodji Nziengué, directeur de cabinet de la ministre en charge de la culture, en présence des membres du cabinet, des directeurs généraux et centraux sous tutelle et des artistes. Ce concours, qui se déroule dans tous les chefs-lieux de département, est destiné à sélectionner le meilleur danseur de mopacho, pendant la grande finale prévue le samedi 7 janvier, au Canal Olympia, à Brazzaville.

Selon Lis Pascal Moussodji Nziengué, «il faut protéger la danse Mopacho, parce que la danse Hélico et Ndombolo nous ont été ravies par les autres». «La République du Congo est un vivier d’artistes et d’autres initiatives suivront», a-t-il poursuivi. L’organisation du concours de danse Mopacho «s’inscrit, par ailleurs, dans une démarche du vivre ensemble», a-t-il fait savoir. Aux candidats, il a déclaré que «le plus important n’est pas de gagner, mais de donner le meilleur de soi-même».

Le finaliste du département de Brazzaville
Le finaliste du département de Brazzaville

A Brazzaville, la demi-finale a eu lieu le mardi 3 janvier 2022, dans la grande cour de Canal Olympia, à Poto-Poto. Cette étape a mis en compétition 9 candidats. Pour le département de Brazzaville, sur les 13 candidats sélectionnés au départ, venus de tous les arrondissements, 9 ont été retenus pour la demi-finale. Il s’agit de: Celcé Nsiéla (Makélékélé); Ismaël (Bacongo); Prince Zalote (Poto-Poto); Arnaud Tony (Ouenzé); Noël Angoni (Talangai); Eden Mouanda (Mfilou); Urbain (Madibou) et Visy Okemba (Djiri).
Pendant une dizaine de minutes, chaque candidat a exhibé son talent sur scène au rythme de la chanson «Mbokalisation» de l’artiste Afara Tsena Fukushima. C’était devant les trois membres du jury et d’un public en liesse, composé en majorité des jeunes venus de tous les coins de la capitale. Après concertation du jury, l’artiste Visy Okemba a été élu meilleur danseur. Ce dernier affrontera les finalistes de l’hinterland lors de la grande finale.

Les cadres du ministère de la culture
Les cadres du ministère de la culture

Initié dans les années 90, par Zagala Mboyo, de son vrai nom Sixte Singha, artiste congolais habitant dans le 5ème arrondissement Ouenzé, à Brazzaville, Mopacho est une danse qui caractérisait sa façon de danser. Elle est devenue populaire chez les jeunes. «J’ai créé Mopacho pour permettre aux personnes qui ne savent pas danser d’être à l’aise dans leurs mouvements. Je me souviens quand je dansais pendant les fêtes, cela suscitait toujours l’admiration et l’étonnement de ceux qui me regardaient. C’est ainsi que j’ai fini par créer le groupe d’animation Mopacho Mocho, pour prester régulièrement comme les autres artistes», explique l’artiste.
Le concours dédié à cette danse en est la preuve. Depuis deux semaines, les départements du Congo vibrent au rythme du challenge Mopacho. Des centaines de jeunes viennent voir les spectacles de cette compétition, qui a pour objectif de valoriser ce trésor culturel originaire du Congo-Brazzaville et dont la réputation est en train de gagner progressivement le continent et pourquoi pas le monde.
«C’est un concours qui a suscité autant d’encre que de salive. Aujourd’hui, j’espère que c’est un message que nous lançons à travers le monde, pour dire: diriger, c’est aussi comprendre les aspirations du peuple». «Mopacho est rentrée dans le firmament des danses qui ont crevé le plafond au titre de l’année 2022», a déclaré Lis Pascal Moussodji Nziengué, lors de la demi-finale.

Roland KOULOUNGOU