Le 15 septembre 2022, l’I.g.s (Inspection générale de la santé) a annoncé à la presse sa décision de procéder à la fermeture de quatre cliniques de Brazzaville, pour exercice illégal de la profession médicale. Ces cliniques n’ayant pas effectué ou achevé le processus administratif de leur reconnaissance légale. Malgré la décision de l’I.g.s, une des quatre cliniques poursuit ses activités, sous le parapluie d’une autorité publique qui a fait pression sur le Ministère de la santé et de la population. Elle continue de recevoir des malades et pratique même la procréation assistée qui n’est pas encore juridiquement encadrée au Congo. Un scandale en perspective!

Depuis l’ouverture démocratique de 1991, le Congo se veut un Etat de droit, c’est-à-dire un Etat où l’on agit dans le respect de la loi, suivant les principes de base de la primauté de la loi, l’égalité de tous devant la loi et la séparation des pouvoirs. Seulement, quand ceux qui dirigent manifestent la volonté d’agir au mépris de la loi, c’est la jungle où s’instaurent la loi du plus fort, l’indiscipline, le désordre et la violence. C’est ce que certaines autorités publiques veulent sans doute instaurer dans le secteur de la santé.
Comment comprendre que l’Inspection générale de la santé, à qui l’on reprochait d’ailleurs un certain laxisme, après avoir exercé ses prérogatives qui ont abouti à la fermeture à titre conservatoire de quatre cliniques à Brazzaville, soit l’objet de menaces de la part d’une autorité publique, pour l’amener à revenir sur sa décision?
En tout cas, la presse n’invente rien. Le Ministère de la santé et de la population est sous pression, pour l’obliger à retirer la décision prise par son inspecteur général de la santé. Ces pressions sont d’autant fortes qu’elles viennent d’une autorité administrativement supérieure dans la hiérarchie gouvernementale. Pourtant, il s’agit du domaine sensible de la santé, qui touche directement à la vie des populations. Doit-on laisser tomber le secteur de la santé dans l’informel? Qu’est-ce qui empêche les promoteurs des cliniques médicales à se conformer aux normes juridiques encadrant l’exercice de la médecine au Congo? On ne saurait pour l’instant le dire.
Toujours est-il qu’une clinique médicale, sommée de se conformer à la loi avant de reprendre ses activités, a choisi de passer outre la décision de l’I.g.s et poursuit allègrement ses activités, en recevant les malades, sous le parapluie d’une autorité gouvernementale. Plus préoccupant, cette clinique se serait aussi lancée dans la procréation assistée, grâce à ses trois médecins étrangers, mais sans aucune autorisation légale. La demande est forte et évidemment le business va avec. Tout donne à penser que certaines autorités congolaises privilégient leur business, au mépris de la santé des populations. Nous attendons de voir ce que fera le Ministère de la santé et de la population. S’il va céder aux pressions et alors, ce sera l’occasion pour la presse de tout déballer; ou il va imposer le respect de la loi, obliger le propriétaire de cette clinique à se soumettre à la loi et la presse va saluer son patriotisme et son sens de l’autorité de l’Etat. A bon entendeur, à bientôt!

Ralph Justin
OBILANGOULOU

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