Le ministre de la culture et des arts, Dieudonné Moyongo, a offert un petit-déjeuner de presse, jeudi 30 décembre 2021, à l’Hôtel Elbo Suites, à Brazzaville, après l’inscription de la rumba congolaise sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, le 14 décembre 2021. La rencontre a connu la participation de la représentante de l’Unesco au Congo, Mme Fatoumata Marega, du président du Comité rumba congolaise, le Professeur Joachim Emmanuel Goma Thethet, et d’une bonne brochette d’artistes-musiciens.

Dans son allocution, le ministre Dieudonné Moyongo a expliqué que le but de sa rencontre avec les chevaliers de la plume et du micro était d’informer, officiellement, l’opinion nationale et internationale de l’inscription de la rumba congolaise sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Avant cela, il a fait observer une minute de silence en mémoire de Mfumu Fylla, le premier président du Comité rumba congolaise, et de deux autres membres de ce comité, Jean-Pascal Mongo Slim et Cyriaque Bassoka.
«Pour ce qui concerne la partie congolaise, dès le départ, nous avons bénéficié du soutien du Président Denis Sassou-Nguesso, grand protecteur des arts et des lettres, à qui nous rendons un hommage déférent, pour son implication constante au processus d’inscription de la rumba sur la liste représentative du Patrimoine culturel immatériel de l’humanité», a-t-il déclaré. Puis, il a remercié le Bureau du l’Unesco au Congo pour «l’appui multiforme» et la directrice générale de cette institution pour «l’intérêt qu’elle n’a cessé de manifester à la candidature de la rumba congolaise».
«Cette inscription est l’aboutissement d’un travail laborieux qui a été mené deux ans durant, de part et d’autre du Fleuve Congo, par un Comité national d’experts scientifiques de chacun des deux pays», a-t-il reconnu. «La rumba congolaise, spécificité musicale héritière des danses populaires est née sur les deux rives du Fleuve Congo, dans les villes de Léopoldville (actuelle Kinshasa) et de Brazzaville. Elle est pratiquée et vécue avec le même entrain, tant en République du Congo qu’en République Démocratique du Congo, et même dans certains pays de la sous-région, tels que l’Angola, le Gabon, le Cameroun et la Centrafrique. Par le biais de la diaspora des deux Congo, la rumba congolaise a conquis d’autres espaces en Afrique, aux Antilles, en France, en Belgique et ailleurs. Elle est devenue le socle de la plupart des musiques africaines et d’ailleurs, car son impact est perceptible dans d’autres genres musicaux comme l’afro beat, le kizomba, le zouk, le rap, le coupé décalé, etc».
C’est à juste titre que l’Unesco, en ce début du 21ème siècle, a reconnu l’apport de cette musique des deux Congo dans l’accomplissement de ses idéaux à travers deux événements majeurs: l’élévation, en octobre 2006, en présence du Président Denis Sassou-Nguesso, de l’artiste Jean Serge Esssous, un des fondateurs de plusieurs orchestres mythiques des deux Congo, au rang d’ambassadeur de la paix pour l’Unesco. Et la proclamation, en 2013 et 2015, de Brazzaville et Kinshasa, comme «villes créatives de l’Unesco dans le domaine de la musique».
Pour Dieudonné Moyongo, les avantages que le Congo tirera de cette inscription sont nombreux: sauvegarder et promouvoir l’élément qui fait partie de notre mémoire (grâce au soutien technique et financier de l’Unesco); faire bénéficier le Congo du label de l’Unesco (c’est une marque déposée); reconnaître la République du Congo comme foyer originel de la rumba; contribuer à l’essor des industries culturelles et créatives; faire du Congo une destination touristique à l’occasion des festivals et autres événements festifs; entretenir le sentiment de fierté nationale.

Nana KABA