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Message sur l’état de la Nation :

Dans son message sur l’état de la Nation délivré devant le parlement réuni en congrès, sous format covid-19, mardi 28 décembre 2021, au Palais de congrès, à Brazzaville, le Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, a donné un grand coup de pied aux pratiques dégradantes qui entament «la crédibilité de nos cours et tribunaux». Pour une énième fois, il s’est attaqué aux magistrats avec des mots durs, en ordonnant au gouvernement d’engager, sans plus attendre, «la réforme du système judiciaire», Car, «nul ne peut tolérer ces atteintes nocives qui affectent notre système judiciaire et asphyxient la noblesse du droit et l’impartialité de la justice dans notre pays». Rappel des propos présidentiels qui devraient empêcher nombre de magistrats de Brazzaville et de Pointe-Noire particulièrement d’avoir un sommeil tranquille.

Pour son efficacité, l’action inhérente au contrôle d’Etat, à la qualité du service public et à la lutte contre les antivaleurs dans l’administration publique a révélé la nécessité d’instituer un instrument politique et technique plus opérationnel, dédié à l’approfondissement du processus d’assainissement des finances publiques et de l’environnement sous-jacent. Pour combattre les antivaleurs, le Congo dispose:
– du Conseil supérieur de la magistrature;
– du Ministère du contrôle d’Etat, de la qualité du service public et de la lutte contre les antivaleurs dans l’administration publique;
– de la Haute cour de justice;
– de la Haute autorité de lutte contre la corruption ;
– de la Commission nationale de transparence et de responsabilité dans la gestion des finances publiques;
– de la Cour des comptes et de discipline budgétaire;
– de l’Inspection générale d’Etat.
Cette énumération montre, sans équivoque, que la République du Congo a bel et bien mis en place un arsenal adéquat de veille et d’impulsion de la bonne gouvernance. L’amélioration du climat des affaires et la consolidation du socle juridique et judiciaire du secteur productif, créateur de richesses, devraient s’accélérer et conférer une attractivité plus forte à notre pays auprès des partenaires. Il s’agit de réhabiliter le spectre et le réflexe de la sanction, d’appliquer la loi dans toute sa rigidité et de promouvoir le triptyque Rigueur-Intégrité-Efficacité, pour ne pas capituler devant l’emprise rampante de l’impunité.
A ce titre, dans mon message sur l’état de la Nation en 2017, j’avais appelé la haute attention du Sénat et de l’Assemblée nationale, pour un recours plus actif à l’enquête parlementaire, une de vos prérogatives établies par la Constitution. Dans cette même logique, la Cour suprême procède, depuis le mois d’octobre dernier, à la réception des déclarations de patrimoine des citoyens élus ou nommés à des hautes fonctions, tel que l’exige la Constitution. Cette opération devra toucher tous les paliers de la vie politique et de la pyramide administrative.
A ce niveau, je ne peux m’empêcher de relever certaines pratiques contraires à l’éthique et susceptibles d’entamer la crédibilité de nos cours et tribunaux. Nul ne peut tolérer ces atteintes nocives qui affectent notre système judiciaire et asphyxient la noblesse du droit et l’impartialité de la justice dans notre pays. Le gain facile et déshonorant du trafic d’influence, de la corruption, de la concussion et de bien d’autres dérives dégradantes défie le professionnalisme de ceux qui sont chargés, au nom du peuple congolais, de dire le droit.
Aussi, les organes constitutifs de l’autorité et garants de l’intégrité du pouvoir judiciaire sont-ils collégialement interpelés devant le prétoire et la conscience de la Nation. Le suivi et l’évaluation plus stricts des carrières des magistrats et auxiliaires pourront assurément concourir à l’amélioration de la carte judiciaire de notre pays ainsi qu’à la disponibilité d’un personnel de qualité, aguerri contre les antivaleurs et faisant preuve de haute probité morale et civique afin de rendre, à nos populations et autres acteurs, la justice qui leur est due. Pour cette raison, le gouvernement devra mener à bon port la réforme du système judiciaire, à travers:
– la numérisation de la justice;
– la réforme des procédures pénales et civiles;
– le sens et l’efficacité des peines;
– l’organisation territoriale des juridictions.
Ces efforts devront se poursuivre, en sus de divers codes en révision.

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