Universitaire et juriste de formation, Maurice Loubouakou est enseignant de droit commercial, civil, du travail, bancaire et le droit de la sécurité sociale. Il est directeur général des Editions L.m.i, située dans le premier arrondissement Emery Patrice Lumumba, à Pointe-Noire. Il est aussi trésorier général de l’Alliance des éditeurs d’Afrique centrale dont la Maison d’éditions L.m.i est membre. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, à Pointe-Noire, Maurice Loubouakou présente sa maison d’édition et met l’accent sur l’importance du livre qui, selon lui, «permet le développement e la société et de la personne humaine».

* Monsieur le directeur, comment se présentent la maison d’édition L.m.i et qu’est-ce-qui la particularise?
** Tout d’abord, merci, Monsieur le journaliste, pour l’occasion que vous m’offrez de pouvoir m’exprimer à travers votre journal. La maison d’édition L.m.i existe il y a huit ans. Sa particularité est d’éditer différents genres d’ouvrages et tout est fait sur place, à Pointe-Noire. Nous ne sous-traitons pas et nous n’allons pas ailleurs, pour les autres aspects liés à la publication d’un livre. Nous avons nos propres machines et tout le reste pour éditer les livres. Nous nous concentrons sur le travail d’impression des journaux, fascicules et tous autres supports d’écriture. C’est vrai que notre objectif, c’est d’essayer de promouvoir les jeunes écrivains.

* Et les prix, comment se présentent-ils?
** Ils sont très bas, parce que nous savons que les temps sont durs pour les écrivains, surtout les écrivains en herbe. Il se trouve que nous organisons plusieurs cérémonies de présentation et de dédicaces des livres. Nous participons à certains salons tels qu’à Casablanca, au Maroc, Libreville au Gabon et Pointe-Noire au Congo. Nous sommes en train de voir comment organiser des salons du livre au Congo. De temps en temps, nous participons à la Relico (Rentrée littéraire du Congo) qui aura lieu cette année du 4 au 7 octobre 2021, pour promouvoir notre maison d’édition, parce que nous voulons être proches de tous ceux qui ont des manuscrits, pour les aider à les publier. Nous avons de très bonnes conditions de travail, il y a la facilité pour chaque auteur de corriger son ouvrage autant de fois qu’il veut. Parce que le livre a toujours des erreurs. Nous avons un comité de lecture qui se charge de corriger et de faire d’autres propositions de fond pour tel ou tel manuscrit. C’est après toutes ces étapes que nous lançons le bon à tirer.

* Que doit faire un écrivain en herbe pour rentrer en contact avec vos services?
** C’est simple. Celui qui a un manuscrit se rapproche de nous. Nous avons une adresse, sur l’Avenue de la Révolution. Référence: «le bar la joie du Congo, un bar très célèbre». Il peut nous contacter par email. Il se rapproche de nous et ensemble, nous regardons ce qu’il y a à faire. Nous traitons son manuscrit et ce n’est qu’après que le comité de lecture décide s’il faut l’imprimer ou pas. Dans la plupart des cas, nous aidons les écrivains en herbe. Il est vrai que nous avons quelques anciens, des grands d’ailleurs qui ont édité chez nous.

* Comment le livre peut participer au développement d’un pays. Le mariage entre le livre et le développement est-il possible?
** Oui, le mariage est possible. Il faut dire qu’au Congo, les gens ne lisent presque plus et l’écrivain, lui, ne se nourrit presque pas de son œuvre. Mais, nous faisons un effort pour vulgariser la publication des livres. C’est pour cela que nos prix sont très abordables. Le livre permet le développement de la société et de la personne humaine, à travers les informations qui sont mises à sa disposition. Par la lecture, il est possible que les gens changent. Nous avons des livres qui parlent du développement humain, réussir dans les affaires. Nous avons des livres sur la religion, le droit, l’histoire… Beaucoup d’œuvres qui peuvent permettre aux gens qui les lisent de se développer et de mieux connaître ce qui se passe actuellement. Présentement, nous sommes en train de travailler sur un livre qui renseigne sur le «journalisme au Congo». Il contient beaucoup d’informations que beaucoup de gens ignoraient.

* Puisque les Congolais ne lisent plus, mais vous continuez à éditer. D’ailleurs, vous appelez les écrivains de vous apporter leurs manuscrits. N’y a-t-il pas problème?
** Si, il y a un problème. Avec le numérique, les gens sont accrocs des réseaux sociaux, du téléphone portable, alors que le papier reste encore d’usage dans tous les cas. Il reste et demeure important. Nous organisons des campagnes dans les écoles, pour faire connaître le livre aux élèves, échanger avec les enseignants, pour la vente des livres à bas prix, afin de pousser les enfants à avoir le goût de la lecture et à ne pas seulement se concentrer sur le téléphone. Le support papier est important et nous faisons un effort pour vulgariser le livre et pousser les élèves à aimer le livre.

* Y a-t-il une synergie entre les maisons d’édition qui existent dans notre pays?
** C’est difficile de vous le dire. Pour la plupart, on se connaît. Mais à Pointe-Noire, nous sommes pratiquement la seule maison d’édition. Notre avantage, c’est que nous faisons tout sur place. Il y a quelques maisons qui sous-traitent et nous avons de bons rapports. Il est vrai que nous sommes des concurrents, mais nous nous arrangeons pour ne pas avoir des problèmes entre nous.

Propos recueillis par
Chrysostome
FOUCK ZONZEKA

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