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Mathias Dzon appelle les Congolais à boycotter les élections de juillet prochain

A.r.d (Alliance pour la république et la démocratie)

Mathias Dzon appelle les Congolais à boycotter les élections de juillet prochain

Le président de l’A.r.d (Alliance pour la république et la démocratie), groupement politique situé à l’opposition, Mathias Dzon, a organisé, samedi 18 juin 2022, une conférence de presse à sa résidence, au centre-ville, dans le troisième arrondissement Poto-Poto, à Brazzaville, au cours de laquelle il a appelé les Congolais de boycotter les élections législatives et locales de juillet prochain. A la place, il demande au Président de la République de convoquer «un vrai dialogue inclusif, seule et unique bonne solution pour sortir le Congo de la crise multidimensionnelle qui l’étrangle aujourd’hui».

Pour Mathias Dzon, il n’est pas question d’aller aux prochaines élections législatives et locales. Raison pour laquelle il invite «le peuple congolais en général et la classe politique congolaise, toutes tendances confondues, en particulier, à faire pression sur le Président de la République, afin qu’il consente à convoquer, sans délai, «un vrai dialogue inclusif».

Dans le mot liminaire, Elo Dacy a donné la position de l’A.r.d sur le processus électoral. «Les 4 et 10 juillet 2022, il sera organisé, au Congo-Brazzaville, des élections législatives couplées aux locales. D’entrée de jeu, nous aimerions rappeler avec force, que dans une démocratie, tout parti politique ou toute coalition de partis a besoin d’ avoir des élus nationaux et locaux, car, le fait d’avoir des élus, confère à ce parti ou à cette coalition de partis, une tribune politique à l’hémicycle et dans les assemblées locales, ainsi que les moyens financiers octroyés par le budget de l’Etat. Comme tout parti ou toute coalition de partis, l’A.r.d veut avoir des députés, des sénateurs, des conseillers départementaux ou communaux, mais pas à n’importe quel prix. Pour elle, les élections de juillet 2022 revêtent un enjeu politique crucial…», a-t-il déclaré.

Les partis de l’A.r.d se sont posés deux questions à savoir: «Faut-il ou non reproduire la politique actuelle qui a conduit le Congo à un effondrement total ou faut-il au contraire, changer radicalement de logiciel politique?».

A la première question, l’A.r.d refuse «la gestion néo-patrimoniale et partisane des affaires publiques; la violation quotidienne des droits de l’homme; la médiocrité aux postes de commandement; le maintien au pouvoir…». Tandis qu’à la deuxième question, le groupement politique de Mathias Dzon se dit favorable à la création «de conditions permissives d’une alternance démocratique et pacifique qui commande une organisation consensuelle d’élections apaisées, libres, transparentes, honnêtes, rassurantes et crédibles».

«Les élections de juillet 2022 vont intervenir après deux évènements politiques majeurs: l’élection présidentielle de mars 2021 et la concertation politique tenue à Owando, du 3 au 6 mars 2022, sur le thème: «Dans la paix et l’unité, œuvrons au renforcement de notre gouvernance électorale». La sagesse populaire commande qu’avant d’envisager l’organisation de nouvelles élections nationales, il importe d’abord de tirer les leçons des deux évènements suscités, aux fins de refonder la gouvernance électorale actuelle et de permettre la tenue de bonnes élections», a-t-il affirmé.

Répondant aux journalistes, Mathias Dzon a souligné «qu’en janvier 2022, le Président de la République avait promulgué le budget du Congo, élaboré en ressources sur la base d’un baril qui était à 50 dollars. Depuis cette date, le prix du baril varie entre 100 et 120 dollars. Dans la logique d’une bonne gestion de l’Etat, le parlement devrait voter un collectif budgétaire, pour rectifier le budget. Depuis lors, rien n’est fait. Nous avons dépensé l’argent pendant six mois: quel argent est dépensé et sur quel chapitre? C’est très grave», a-t-il déclaré, en se lançant dans une envolée oratoire pour décrier la mauvaise gestion financière.

«Le Congo est un pays complètement pourri. Nous sommes un pays pétrolier, quel est la part qui revient à l’Etat qui vend? Rapprochez-vous des gestionnaires de la S.n.p.c (Société nationale des pétroles du Congo), quand ils vendent le pétrole, l’argent des Congolais est déposé dans quel compte bancaire ici au Congo? Ça n’existe nulle part. Je suis banquier et je sais de quoi je parle. Si cet argent est placé dans un compte à l’extérieur, c’est au nom de qui? Le pays est pourri, il n’y a aucune politique publique dans ce pays. Regardez les membres du gouvernement, ils passent leur temps à danser et à distribuer les tables-bancs. C’est ça la politique de l’éducation?», s’est-il interrogé.

Revenant aux élections, le président de l’A.r.d a indiqué que «la meilleure manière de régler la question électorale, c’est de nous asseoir, pour trouver des solutions, afin de sauver notre pays. Vous savez ce qui s’est passé à Owando? On se moque des gens comme nous. Le ministre de la décentralisation s’assoie avec ses collaborateurs et nous appelle d’aller applaudir. Sommes-nous devenus des moutons? Owando n’a accouché de rien. En plus, pourquoi à Owando? Faisons à Brazzaville, pour que cela coûte moins cher à l’Etat. Dans ce pays, la règle principale, c’est d’envoyer les autres au cimetière. Nous demandons un dialogue qui sera organisé ici à Brazzaville. Ils ont peur de nous rencontrer, parce que nous avons fait la démonstration qu’ils n’ont jamais été élus. De même pour les députés! Les nombreux indépendants que nous voyons, qui les a présentés? La caution, c’est un million cinq cent mille francs. Pensez-vous que tous les Congolais ont cet argent? Et ensuite, pour faire la campagne, il y a quelqu’un qui doit financer. Le même pouvoir finance deux listes, la liste du pouvoir et la liste des indépendants. J’appelle les journalistes à faire de l’investigation, afin de connaître les raisons de cette façon d’agir. Si vous suivez l’actualité, actuellement le Rwanda et la République Démocratique du Congo ont des problèmes, mais qui sont nés de quoi? Des accords signés antérieurement comme ceux que nous avons signés avec le Rwanda. Les Congolais veulent comprendre qu’est-ce que les Rwandais viennent faire ici. Vous les journalistes, aidez-nous à comprendre. Ils sont venus pour un but bien précis, parce qu’ils veulent nous imposer une succession dynastique. Pour cela, les Rwandais ont eu leur argent. Pendant ce temps, les Congolais n’ont pas d’argent». Signalons que l’A.r.d est un groupement politique qui compte cinq partis (U.p.r.n, R.d.r, M.v.c, P.s.r.d et D.n.r.d).

Chrysostome FOUCK ZONZEKA

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