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Mali : Les lourdes sanctions de la Cedeao créent de vives réactions

Réunis le dimanche 9 janvier 2022, à Accra, au Ghana, pour leur 4ème sommet extraordinaire, sous la direction du Président ghanéen Nana Akufo-Addo, les Chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest), ont alourdi les sanctions infligées à la junte au pouvoir, dirigée par le colonel Assimi Goïta, depuis son coup d’Etat de mai 2021.

Prenant note du rapport du Dr Goodluck Jonathan, ancien Président du Nigeria et médiateur de la Cedeao pour le Mali et le mémorandum sur la situation politique au Mali présenté par Jean-Claude Kassi Brou, président de la Commission de la Cedeao, les Chefs d’Etat ont constaté «avec regret, l’échec des autorités de transition au Mali à organiser les élections présidentielles d’ici au 27 février 2022, contrairement à l’accord conclu avec l’autorité de la Cedeao, le 15 septembre 2021, et à l’engagement de la charte de la transition». Ainsi, la Cedeao a décidé «de maintenir les sanctions initiales déjà imposées au Mali et aux autorités de transition et d’imposer des sanctions économiques et financières supplémentaires». Ces sanctions supplémentaires comprennent:
– la fermeture des frontières terrestres et aériennes entre les pays de la Cedeao et le Mali;
– la suspension de toutes les transactions commerciales entre les pays de la Cedeao et Mali, à l’exception des produits suivants: biens de consommation essentiels; produits pharmaceutiques; les fournitures et équipements médicaux, y compris le matériel pour le contrôle de la covid-19; produits pétroliers et électricité;
– le gel des avoirs de la République du Mali dans les Banques centrales et commerciales de la Cedeao;
– la suspension du Mali de toute aide financière des institutions financières de la Cedeao (B.i.d.c et B.o.a.d).
«Ces sanctions seront appliquées immédiatement et resteront en vigueur. Elles ne seront progressivement levées qu’après la finalisation d’un chronogramme acceptable et convenu et le suivi de progrès satisfaisants réalisés dans la mise en œuvre du chronogramme des élections. Par ailleurs, compte tenu de l’impact potentiellement déstabilisateur sur le Mali et sur la région, créé par cette transition au Mali, l’Autorité a décidé d’activer immédiatement la Force en attente de la Cedeao, qui devra être prête à toute éventualité», souligne le communiqué final de la Cedeao.
La junte au pouvoir au Mali a vivement réagi à ces sanctions, lundi 10 janvier. Elle a rappelé les ambassadeurs maliens en poste dans les pays voisins et annoncé la fermeture de ses frontières terrestres et aériennes avec les États de la Cédéao. «Le gouvernement du Mali condamne énergiquement ces sanctions illégales et illégitimes», a déclaré le colonel Abdoulaye Maïga, porte-parole du gouvernement. «Le gouvernement du Mali regrette que des organisations sous-régionales ouest-africaines se fassent instrumentaliser par des puissances extra-régionales aux desseins inavoués», a-t-il poursuivi.
En Guinée-Conakry, la junte militaire au pouvoir, dirigée par le colonel Mamadi Doumbouya a rejeté les sanctions de la Cedeao et a choisi de soutenir son voisin. «Les frontières terrestres, aériennes et maritimes de la Guinée resteront ouvertes au Mali», ont en substance annoncé ce jour les autorités guinéennes. En tout cas, la tension est montée d’un cran en Afrique de l’Ouest où l’on craint maintenant une déstabilisation de la sous-région.

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