M.r (Mouvement républicain)

Le président Destin Gavet arrêté à Pointe-Noire par les agents de la C.i.d

C’est par un communiqué de son secrétariat exécutif, signé samedi 3 décembre 2022, à Brazzaville, par Mirnove Frunovy Lékébé Omessé, secrétaire général adjoint et porte-parole, que le M.r (Mouvement républicain), parti situé à l’opposition, a annoncé l’arrestation, à Pointe-Noire, de son président, Destin Gavet. «Cette arrestation a eu lieu le vendredi 2 décembre 2022, aux environs de 14h, par les agents de la Centrale d’intelligence et de documentation, ex-Direction générale de la surveillance du territoire (D.g.s.t)», précise le communiqué.

Le communiqué du secrétariat exécutif du M.r rapporte, ensuite, que son président exécutif est toujours détenu dans les locaux de la Centrale d’intelligence et de documentation de Pointe-Noire. Les responsables de ce parti d’opposition ne disposent d’aucune nouvelle le concernant et ne savent pas pour quel motif précis il a été arrêté. Ils ont simplement rappelé que leur parti avait initié, le 19 novembre dernier, «une campagne virtuelle et une pétition pacifique en faveur de la libération des prisonniers politiques au Congo-Brazzaville».

Le jeune Destin Gavet a été arrêté, chez lui, alors qu’il était en séjour à Pointe-Noire où son parti révèle qu’il n’y avait pas prévu d’activités politiques. Le parti a décidé de recourir au service d’un avocat pour défendre les droits de son président et savoir le motif qui lui vaut la privation de liberté dont il est victime. Est-ce à cause de sa campagne pacifique en faveur de la libération des «prisonniers politiques»? Demander pacifiquement la libération d’un prisonnier est-il un motif condamnable au Congo?

Lors d’une conférence de presse, le 19 novembre dernier, à Brazzaville, Destin Gavet avait, en effet, annoncé que son parti, le M.r, sollicitait, «auprès du Président de la République, garant des institutions, de faire preuve d’humanisme et de grand homme d’Etat, en accordant la grâce présidentielle à l’endroit des prisonniers politiques, en l’occurrence le général Jean-Marie Michel Mokoko, André Okombi-Salissa pour ne citer que ceux-là, pour l’intérêt supérieur de la Nation». Samedi 3 décembre, son parti annonçait que son président Destin Gavet est arrêté à Pointe-Noire. Une nouvelle qui suscite une grande indignation dans les milieux de l’opposition congolaise.

Ensuite, Destin Gavet a été très critique sur le message du Président de la République sur l’état de la Nation. Est-ce cela qui est à l’origine de son interpellation? La question reste posée. Car, du côté de la direction départementale de la C.i.d, et même du Ministère en charge de l’intérieur, aucune nouvelle n’est donnée sur cette arrestation et personne ne comprend pourquoi l’interpellation d’un citoyen, de surcroit un acteur politique, par un service de sécurité, soit maintenu sous silence.

L’article 9 de la Constitution congolaise énonce : «La liberté de la personne humaine est inviolable. Nul ne peut être arbitrairement accusé, arrêté ou détenu. Tout prévenu est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité ait été établie à la suite d’un procès juste et équitable garantissant les droits de la défense. Les droits de la victime sont également garantis».

Et l’article 11 de préciser: «Toute personne arrêtée est informée du motif de son arrestation et de ses droits dans une langue qu’elle comprend. Tout acte de torture, tout traitement cruel, inhumain ou dégradant est interdit. Le pouvoir judiciaire, gardien des libertés individuelles, assure le respect de ce principe dans les conditions fixées par la loi».

La question qu’on peut se poser est celle de savoir: à quoi sert-il de doter un pays de lois, si les services d’Etat se donnent la liberté de les fouler du pied, à chaque fois qu’ils le veulent?

Jean-Clotaire DIATOU