L’information a fait sensation dans les réseaux sociaux, le vendredi 24 septembre 2021. Mme Brigitte Ickonga, questeur du bureau du C.e.s.e (Conseil économique, social et environnemental), est soupçonnée d’avoir détourné, sèchement, les fonds devant servir au paiement de trois mois de salaire dans cette institution. Le jour même, elle a été suspendue de ses fonctions sur décision de Mme Emilienne Raoul, présidente du C.e.s.e, et interpellée, le jeudi 23 septembre, par la C.i.d (Centrale d’intelligence et de documentation), ex-D.g.s.t (Direction générale de la surveillance du territoire), qui l’a placée en garde-à-vue, pour des besoins d’enquête.

Par ces temps de crise socio-économique qui fragilise la vie de nombre de Congolais et après la relance de la lutte contre la corruption avec la mise en place de la Haute autorité de lutte contre la corruption, qu’il y ait des cadres qui ont encore des écarts de comportement impliquant le vol de fonds publics destinés au paiement des salaires, on a de la peine à y croire. C’est comme si tout ce qui est dit par le Président de la République sur la lutte contre les antivaleurs ne sert à rien.
Une trésorière, dont la mission est de payer les salaires de ses compatriotes dans une administration publique, n’a eu aucune crainte de prendre pour elle les fonds qui lui sont servis au Trésor public pour cette mission. Quitte à affamer les cadres et travailleurs de son institution qui se sont mis à taper sur les casseroles pour réclamer leurs salaires volés. C’est un scénario digne des westerns les plus loufoques de Bud Spencer. On peut en rire, mais il s’agit ici de la vie d’une République et donc d’un peuple et cela ne peut qu’indigner et susciter un sentiment de réprobation. Où va le Congo, franchement?
Questeur du C.e.s.e, Mme Brigitte Ickonga est soupçonnée d’avoir détourné une somme totale d’un peu plus de 300 millions de francs Cfa représentant trois mois de salaire des employés du Conseil économique, social et environnemental. Ces fonds, qui étaient retirés au Trésor public suivant la programmation, n’arrivaient jamais à destination. Depuis trois mois, les travailleurs du C.e.s.e n’ont pas touché leurs salaires. Mercredi 22 septembre, ils ont tenu un concert de casseroles devant le siège de leur institution, à côté de la Présidence de la République. Ce qui a permis l’interpellation, le lendemain jeudi 23 septembre, de Mme Brigitte Ickonga par la C.i.d. L’enquête devrait permettre de retrouver les fonds et surtout, de savoir si la dame sur qui pèsent de lourds soupçons de détournements de fonds a agi seul ou elle a bénéficié de complicités.

J.C.D.

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