Le Français d’origine congolaise, Arian Samba, vient de publier son deuxième roman, après «L’immigré noir français», sorti en 2013. Il s’agit de «Parcelle à vendre», un roman publié aux Editions Les Lettres Mouchetées, une maison d’édition créée à Pointe-Noire et basée en France. Le deuxième roman de ce jeune écrivain (44 ans) est salué par les hommes des lettres et surtout par les critiques littéraires comme un texte qui se distingue par la particularité de son sujet, très proche des contentieux fonciers qui opposent souvent les Congolais et des anarques devenues courantes dans ce domaine. Dans une interview qu’il nous a accordée, par téléphone, depuis Paris (France), il parle de son œuvre littéraire en soulignant qu’il a voulu répondre à «une crise» qui oppose souvent les Congolais sur les affaires foncières.
* D’où vous est venue l’idée d’un tel sujet?
** Si vous voulez, j’ai voulu répondre à une crise. Comme je répugne au roman à thèse, je me disais que je devais écrire un roman en réaction à une situation urgente peut-être contemporaine et sociale assurément. Je me suis alors mis dans la peau de mes personnages qui, sans être moi, me sont très proches aussi bien psychologiquement que moralement. Il ne vous a pas échappé que beaucoup de Congolais se font spolier dans les affaires foncières.

La couverture du roman.
La couverture du roman.

* Qualifierez-vous votre roman «Parcelle à vendre» de roman noir?
** Tout à fait! Dans la mesure où, ai-je-dis, il décrit une crise à laquelle j’ai inséré des éléments tragiques, shakespeariens, avec des personnages qui ne sont «définissable que comme produits d’une époque». «Parcelle à vendre» aborde ce fléau qui consiste à vendre un terrain à plusieurs personnes à la fois… C’est donc le roman d’une époque. Si vous voulez, il y une corrélation sociologique.

* Donc les intrigues ne sont que des prétextes?
** En quelque sorte, oui ! C’est l’essence même du roman noir ! Toutefois, si je pose la problèmatique, si je réagis à une situation dramatique, je ne propose en revanche aucune solution. Le romancier que je suis se garde de résoudre les problèmes ni de distiller la morale. Il y a des spécialistes pour ça. Comme le dit un écrivain dont le nom m’échappe «l’art n’a pas pour mission de sauver, mais de regarder, selon un angle différent, avec un œil distancié, critique».

* Vous avez un style fluide très percutant!
** Le style répond à la situation. Evidemment je n’allais pas aborder une escroquerie avec des mots d’amour… On parle souvent du style ou de la langue de Sony Labout’ansi: ça répondait à ses thématiques, à des situations de crise.

* Pour reprendre un critique littéraire, parlant de la construction de votre roman, il dit que vous suggérez moins, comme si le lecteur n’était pas capable de tirer des conclusions par lui-même?
** Je sais de qui vous parlez! Il a tout à fait le droit de le dire. Mais le style, c’est la personnalité. Je suis quelqu’un qui ne tourne pas en rond, qui use rarement de l’implicite. Quand quelque chose me traverse ou me secoue, j’en parle le plus précisément possible.

Propos recueillis par Narcisse MAVOUNGOU

«Parcelle à vendre» d’Arian Samba, Editions «Les Lettres mouchetées», (120 pages), 14 euros.

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