Paru aux Editions Renaissance africaine, en France, en août 2021, «Les profondeurs cachées d’un cœur sans voix» est un roman plaidoyer où l’auteure, Jojo M. Mansounga, de son vrai nom Joséline Moumossi Mansounga, diplômée supérieure en communication, en marketing et multimédias dénonce les violences faites à l’égard de la femme. A travers les 71 pages de ce roman divisé en huit titres, elle fait, en effet, véritable plaidoyer contre les harcèlements et les violences dont les filles et les femmes sont le plus souvent victimes dans le silence et l’indifférence de nos cités.

Dans son roman, Jojo M. Mansounga se fait «la voix des sans-voix, en dénonçant les atrocités que vivent les femmes et jeunes filles à travers le monde et dans son pays d’origine, le Congo». L’ouvrage s’ouvre sur l’exaltation de la beauté. «La beauté est comme un art que Dieu a fait pour montrer sa grandeur et la qualité de sa création. La beauté n’est pas un moyen hardi de jouir ou de se faire du plaisir mondain ou un motif pour nuire à celle ou celui qui présente cette marque créatrice de Dieu», écrit-elle à la page 13.
Aucun homme, même l’ami intime de son mari, Idriss, n’a pu résister à la beauté dont Prudence, le personnage principal du roman, est l’incarnation. Mais, la beauté lui a causé du tort, par les violences sexuelles et sexistes dont elle a été victime. «La beauté, la beauté est-ce la cause de mes tourments? Mon Dieu qu’ai-je fait? Pourquoi le destin ne me donne-t-il pas une destination heureuse dans ma vie? Pourquoi me dirige-t-il de cette manière? Que Dieu me dise jusqu’où le destin va me conduire, est-ce ma destinée?», peut-on lire à la page 35.
Après analyse de la situation, Prudence s’est rendue compte que la beauté était la source de ses problèmes. Elle va vivre sa douleur, ses souffrances dans le silence. Et le roman met à découvert ce qui est dans le cœur de Prudence. Les douleurs dont souffre une personne ne peuvent pas être partagées, si l’on ne passe pas du temps avec elle. Car, la personne qui souffre dans le silence ne peut ouvrir son cœur que si elle est prise au sentiment. C’est sur ce registre que l’auteure s’est lancée, tout en proposant des solutions aux violences faites aux femmes.
Jojo M. Mansounga, qui a travaillé dans les organisations internationales et dans la presse, se définit comme l’avocate défenseuse des femmes, tout en étant femme ayant conscience de ses droits dans une société en mutation, qui ne respecte plus la femme pour plusieurs raisons, parfois fallacieuses, estime-t-elle. Ayant suivi et écouté les femmes violées et traumatisées par les combattants de tous bords, lors des hostilités que le Congo a connues entre 1997 et 2000, son cœur a saigné, parce que les récits étaient troublants et aucune femme ne pourrait tolérer cette violence sur elles, a-t-elle fait savoir.
Tout en accompagnant ces femmes à recouvrer leur dignité, elle a décidé de partager cette douloureuse expérience, en signant cet ouvrage, expression de son combat, pour que s’arrêtent les violences sur la femme. Dans le monde, une femme sur cinq a déjà subi un viol ou une tentative de viol. Une invite à tout homme. Mais, la femme doit aussi se conformer, selon les us et coutumes, parce que de par son accoutrement, elle suscite aussi des réactions qui poussent l’homme à agir de la sorte, a déclaré Jojo.

Narcisse MAVOUNGOU

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