Après Paris, en France, il y a quelques semaines, le tour est revenu à Brazzaville d’abriter la présentation-dédicace du premier roman de James Gassongo, «Tuez-le-nous! Le couloir de la mort», paru en mai 2021 aux Editions Saint-Honoré (France). La rencontre s’est déroulée le mercredi 17 novembre 2021, dans la salle André Gide de l’I.f.c (Institut français du Congo), en présence de plusieurs férus de littérature, sous la modération d’Alexis Bongo, animateur de la chaîne privée D.r.t.v (Digital radio television).

Vendu à la F.n.a.c et à la librairie Les Dépêches de Brazzaville, au prix de 17.000 F.Cfa, «Tuez-le-nous! Le couloir de la mort» est un roman stupéfiant et émouvant à la fois, qui fâche et désole par les pratiques d’un autre âge qu’il met en exergue, lesquelles, hélas, hantent encore certains esprits. D’un volume de 325 pages, le coup d’essai romanesque de James Gassongo a pour personnage principal Ekela, un jeune qui, comme tous les autres vivant sous les tropiques dans des conditions difficiles, va connaître une ascension sociale. Malheureusement, il va finir par devenir la cible des gens mal intentionnés.
«La première de couverture a au milieu une fresque en violet, symbolisme du deuil, avec l’image d’un homme pendu sur la branche d’un arbre mort, loin de quelques habitations. A côté, il y a la lune pleine dans son apparition comme témoin des œuvres morbides de la société. La fresque est entourée d’une couleur noire qui représente sémiologiquement les ténèbres, la mort, la nuit ou le mélange de toutes les couleurs, c’est-à-dire l’hypocrisie et les puissances maléfiques. Au-dessus de la fresque, vous avez le titre à priori provocateur, l’injonction: «Tuez-le-nous! le couloir de la mort». Cette injonction est loin d’être une invitation de l’auteur vis-à-vis des lecteurs, afin qu’ils ôtent la vie d’une personne quelconque. L’écrivain James Gassongo ne nous incite pas à tuer quelqu’un, mais il rapporte juste les propos d’une personne figurant dans la trame du récit».
La quatrième de couverture est blanche, expression du dévoilement du code scriptural de l’auteur. Il y a le titre, le nom de l’auteur et un extrait qui éclaire sur l’esprit du texte, enfin la biographie de l’auteur. La photo de l’auteur est absente, car son message est l’expression de tous les visages et les cœurs épris d’humanité et d’empathie face au temps contemporain où des drames indescriptibles continuent de côtoyer et d’enlaidir les moments de joie, de liberté et de paix.
Dans la critique du roman, Aubain Banzouzi a relevé «le langage du récit est limpide et varié selon les contextes intradiégiétiques. C’est un roman fleuve de 324 pages au texte aéré, donc favorable à la lecture. La tonalité générale du récit est tragique avec un champ lexicosémantique renvoyant à la mort. Le narrateur qui, dans l’incipit, utilise le «nous» collectif, se voit utilisé la première personne dans les autres séquences. Il est quelquefois un référentiel dans les différentes constructions dialogales du récit.
Faisant l’étude onomastique, Aubin Banzouzi a relevé que les noms propres utilisés dans le roman renvoient au Congo-Brazzaville, la patrie de l’auteur. Il a affirmé que le coup d’essai de James Gassongo est d’un grand intérêt philosophique, anthropologique, didactique et éthique. «La portée littéraire de ce roman est autant significative. On y retrouve un florilège de figures rhétoriques habillement utilisées, donnant une certaine expressivité à cette plume qui a acquis sa maturité dans l’ombre», a conclu le critique littéraire.
Dans son mot de circonstance, James Gassongo a précisé que son livre ne fait pas l’apologie du crime. Mais il est, plutôt, une dénonciation de ce que deviennent certaines sociétés. Né en 1966, l’auteur a fait ses études au Congo. Après son baccalauréat série B (économie), il se rend en France où il suit une formation en comptabilité qu’il achève en Angleterre où il a démarré sa carrière de cadre comptable bilingue anglais français, à Londres. En 2002, il décide de quitter sa fonction de comptable au parlement anglais pour rentrer dans son pays où, depuis 2004, il évolue comme cadre financier comptable dans une société pétrolière.

Nana KABA

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