Je n’arrête pas, Monsieur le Premier ministre. Je n’arrête pas, parce que je rentre de Brazzaville. Et mon séjour dans la capitale congolaise vient renforcer ma conviction que des éléments structurants fondamentaux manquent au Congo-Brazzaville, pour améliorer la vie dure actuelle des Congolais. Au fur et à mesure que les années passent, la menace de la pauvreté qui pèse sur les populations congolaises augmente, accentuant les inégalités. Localiser finement la pauvreté et mesurer son évolution est un enjeu majeur, pour mieux cibler les mesures en faveur de la lutte contre ce fléau. Ces éléments structurants qui manquent au Congo-Brazzaville, ce sont les réformes. La société congolaise est à réformer en profondeur et, avec elle, la réforme des modes de gouvernance du pays. Réformer, ce n’est ni multiplier les structures étatiques, ni grossir les effectifs de celles-ci, mais perfectionner l’existant. Un existant, devenu obsolète, ne répondant plus, non compatible avec l’accroissement de la demande nationale et le progrès. Aucun secteur de la vie culturelle et socio-économique du Congo-Brazzaville n’est épargné par la quête des réformes et l’injection d’hommes et de femmes capables de faire face aux défis de ces réformes.
La société remplaçante de la S.n.e (l’ex-Société nationale d’électricité), n’a point besoin, plusieurs années après sa création, d’un chef, bon danseur, à la gestuelle souple et élégante, mais d’un directeur brillant réformiste, efficace, qui fournit, de manière pérenne, l’électricité à ses clients.
Le Conseil de cabinet qu’anime le Premier ministre, chef du gouvernement, M. Anatole Collinet Makosso, devrait se muer en Conseil de cabinet réformateur. Quitte au Premier ministre d’indiquer une ligne de conduite claire, volontariste et patriotique. Des séances sur les réformes devraient s’y succéder, parallèlement aux autres affaires. Chaque membre du gouvernement devant s’engager à s’auto-investir ministre des réformes de son département. Parce qu’il y a urgence à réformer vraiment le pays. Que de réformes qui ne coûtent pas un seul sou à l’Etat attendent de l’être. Je l’ai, à maintes occasions, exigé. Le secrétaire général auprès du Premier ministre devrait se constituer en agence de notation de réformes pour inciter, au réveil, les ministères non inspirants.
Un pays se meurt dès lors que ses autorités ont du mal à imposer des réformes. Aujourd’hui, le Congo est à réformer. Je le crois, par la nature même du pays. Et les Congolais, devant l’intérêt national et la marche en avant du monde, sont eux-mêmes réformables. Ils n’ont pas le choix, sauf à se laisser couler ou à laisser le pays aller en quenouille.
De plus, dans le contexte d’inégalités flagrantes, visibles, au Congo-Brazzaville, entre les privilégiés qui baignent dans l’opulence et les gens d’en bas, fortement démunis, il faut craindre des risques de conflits entre ces deux catégories de Congolais. Deux catégories, pourtant, régies par les mêmes lois de la République.
Tout ceci mis bout-à-bout, l’urgence à réformer devrait être intelligible, pour se mettre à l’abri des conséquences d’une accumulation d’effets négatifs de mesures brutales qui ôteraient aux réformes, leur valeur salvatrice. Monsieur le Premier ministre, chef du gouvernement, Anatole Collinet Makosso, mouillez le maillot, retroussez les manches, réformez votre pays, notre pays!

OUABARI MARIOTTI
Paris 6 mai 2022

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