En dépit des précautions prises par le C.s.l.c (Conseil supérieur de la liberté de communication), en appelant les médias à assurer l’égalité de temps d’antenne à tous les candidats, pendant la campagne électorale, la réalité prouve qu’on est loin de respecter ce principe démocratique qui garantit l’égalité de chances à tous les candidats. Les médias publics nationaux, Radio et Télé-Congo, sont envahis par quelques candidats d’un seul parti, le P.c.t, suivis de quelques-uns des partis de la majorité présidentielle et quelques indépendants. A l’opposition, quelques candidats de l’U.pa.d.s sont visibles. Mais, il est clair que sur mille candidats inscrits aux législatives, à peine une cinquantaine voire une centaine jouissent de la couverture médiatique dans les médias classiques. Il y a des mordus de la couverture médiatique. Tout ce qu’ils font doit passer à la télévision. Le public s’en dégoûte.
En suivant la nouvelle émission de Télé-Congo sur les élections «Donne-moi ta voix», on voit pratiquement les reportages des mêmes candidats. Ces derniers ont eu l’intelligence d’embarquer des journalistes reporters dans leurs délégations de campagne. Ainsi, chaque jour, ces reporters envoient des éléments de reportage dans ces médias, avec des commentaires de militants zélés. A suivre ces commentaires, on a l’impression que ces candidats sont déjà élus, tant il est vrai que dans les circonscriptions, les populations se mobilisent totalement pour eux. En tout cas, ce sont des commentaires qu’on entend.
Le directeur adjoint de la police a entrepris de faire respecter la neutralité des policiers pendant ces élections. Il a même donné un exemple qui devrait faire réfléchir les journalistes: un reporter s’est mis à filmer une campagne électorale à partir d’un véhicule de la police. On oublie qu’il y a des services de l’Etat qui sont neutres et qui ne peuvent pas être embarqués dans les événements de campagne électorale. Ils sont là juste pour assurer leur service.
L’autre phénomène, ce sont les promoteurs de radios et de télévisions privées à l’intérieur du pays, qui ont mis leurs médias au service de leur campagne électorale, comme à Makabana et à Mossendjo. Le C.s.l.c semble être dépassé par ces phénomènes. La campagne électorale battant son plein, il est difficile de faire respecter le principe de l’égalité du temps d’antenne pendant la période électorale.
De l’autre côté, il y a des candidats qui ne recourent pas aux médias classiques, car selon eux, c’est trop cher. Ils préfèrent se limiter aux médias sociaux. Justement, c’est dans les médias sociaux qu’on suit mieux la campagne électorale au Congo. L’essentiel, c’est de savoir éviter les manipulations et autres faits mensongers qui y sont colportés. Autrement, il y a de tout. Tenez, c’est bien à travers les réseaux sociaux qu’on a suivi le scandale Mottom à Ouesso et que l’indignation générale suscitée a provoqué la sanction. C’est grâce aux réseaux sociaux que beaucoup de candidats font entendre leurs voix, pour dénoncer les injustices qu’ils subissent ou les décisions qui ne sont pas conformes à la loi.
Les réseaux sociaux apportent une certaine transparence qui oblige tout le monde à respecter la loi et qui permet de rétablir la véracité des faits. Si les médias classiques sont envahis par les candidats d’un parti, les réseaux sociaux rétablissent l’équilibre, avec plus de pertinence, comme dans l’affaire Mottom. Dites-moi, la prochaine victime c’est qui et je vous dirai de vous méfiez de la médiatisation excessive qui suscite le rejet. La campagne électorale, c’est le temps donné aux candidats de persuader les électeurs de voter pour eux et non le temps des exhibitions à tout va. La foule des meetings n’est pas synonyme de majorité de voix dans les urnes.

Des candidats indépendants dont les noms ont été retirés des listes de candidatures

Le scrutin des agents de la Force publique a eu lieu lundi 4 juillet 2022, comme prévu. Ce scrutin a révélé le phénomène des candidats indépendants dont les noms ont été retirés des listes de candidatures. En effet, le jour même du vote des agents de la Force publique, ils étaient 8 candidats aux législatives et plus d’une centaine de candidats aux élections locales à tenir un sit-in devant la D.g.a.e (Direction générale des affaires électorales), à Brazzaville, pour chercher à savoir ce qui s’est passé pour que leurs noms ne figurent pas sur les bulletins uniques de vote. Le fait n’a pas manqué d’attirer l’attention du public et des médias. Il faut dire que le nombre de candidats indépendants qui ont été retirés des listes de candidatures est plus important. Puisque ceux de l’intérieur du pays n’ont pas pu rallier la capitale Brazzaville, ce jour-là, pour manifester.
Du côté du P.c.t, on apprend dans les couloirs que ces candidats indépendants, membres de ce parti, ont été retirés, parce qu’ils avaient signé des lettres de motivation, en s’engageant à se soumettre aux décisions du comité d’investiture de leur parti. N’ayant pas été retenus comme candidats, ils ont oublié leurs engagements et se sont présentés comme candidats indépendants.
En principe, suivant le droit, les partis politiques n’ont pas le pouvoir de demander à la D.g.a.e de retirer un candidat. Ils peuvent seulement sanctionner les cadres qui ne sont pas fidèles à leurs engagements, sur la base de leurs statuts et règlements intérieurs. Car, le droit d’élire et d’être élu est garanti à tous les citoyens par la Constitution, dans les conditions établies par la loi, et n’implique pas l’intermédiaire de partis politiques. Il y a aussi que certains indépendants retirés ne sont même pas membres du P.c.t. Comment expliquer cela? En tout cas, il faut bien craindre que si la justice est saisie sur ces affaires de candidats arbitrairement retirés, les élections ne soient annulées dans les circonscriptions concernées, pour être organisées de nouveau, avec la participation de tous les candidats inscrits.

A Mouyondzi, les sages montent au créneau, pour prévenir toute menace à la paix

Mouyondzi, dans le Département de la Bouenza, est parmi les circonscriptions classées comme points chauds de ces élections. Et pour cause, parmi les sept candidats en lice, deux se distinguent par leur popularité et leurs chances de gagner. Il s’agit de Mme Aïdara née Mikolo Jacqueline Lydia, actuelle ministre des petites et moyennes entreprises, de l’artisanat et du secteur informel, candidate du P.c.t, et de l’ancienne ministre du commerce, Mme Munari Claudine née Mabondzot, candidate du M.u.s.t, parti situé à l’opposition. Surnommée la «Reine de Mouyondzi» et ancienne grande figure de l’U.pa.d.s sous le Président Pascal Lissouba, celle-ci part à la reconquête de son fief électoral. La présence de Michel Mboussi-Ngouari, le député sortant qui a toujours gardé son Mouvement national de libération du Congo (M.n.l.c), ne change pas grand-chose à la donne. Le combat se situe entre les deux dames, dont les partisans en sont déjà à s’invectiver. Chacune a tenu son meeting monstre à Mouyondzi. Avec plus d’enthousiasme populaire chez la reine. Voyant les étincelles jaillir entre les deux camps, le Conseil local des sages a invité, la semaine dernière, les candidats, particulièrement les deux dames, pour les appeler au fairplay (politique) dans ces élections et à éviter toute situation pouvant remettre la paix en cause à Mouyondzi. La grande sœur (l’opposante) et sa petite sœur (la ministre) ont bien reçu le message, en s’embrassant, à l’issue de la rencontre, comme pour dire qu’il n’y a pas de rancune entre elles. Que la meilleure gagne et que la paix soit pour tous!
Les compétitions les plus tenaces dans les élections législatives.

Que dire des candidats uniques ?

Ils sont des exceptions qui n’ont pas d’enjeu en matière de compétition électorale. Ils sont d’officie élus. Par contre, il y a des circonscriptions où l’on relève de grandes compétitions. On les considère même comme des points chauds. On a parlé de Mouyondzi où les sages se sont sentis obligés d’intervenir, pour éviter le clash qui semblait pointer à l’horizon entre Claudine Munari mabondzot et Jacqueline Lydia Aïdara Mikolo. A Makoua, le fils d’un notable, Moktar Ngon Moko (indépendant), semble vouloir porter ombrage à Firmin Ayessa, candidat du P.c.t qui va à la conquête de son 5ème mandat. A Owando commune, un candidat de l’U.d.h-Yuki, Jospin Dynel Opoma-Ongania est venu concurrencer le candidat du P.c.t, Joël Abel Owassa-Yaucka, le député sortant. A Mossaka 1, le jeune loup de l’opposition congolaise, Dave Uphrem Mafoula, affronte le député P.c.t sortant, Oscar Otoka. A Kellé, le duel entre Richard Ossa (indépendant) et Thierry Obié, le député P.c.t sortant, s’annonce avec des étincelles. On peut retenir aussi qu’à Ewo, un candidat indépendant a osé se mesurer, sans complexe, au maître de la maison, le ministre Aimé Ange Wilfrid Bininga, député sortant. A Ngo, c’est un fils, Eric Didier Gongarad Nkoua (U.p.d.p) qui veut venger son père contre l’insaisissable Digne Elvis Tsalissan-Okombi, le député sortant. A Madibou, le 8ème arrondissement de Brazzaville, Andréa Carole Sassou-Nguesso fait face à 10 concurrents, dont Nicolas Jean Jacques Fredéric Malonga, le député sortant, candidat de l’U.d.h-Yuki. A Igné, la circonscription laissée par le député sortant, José Cyr Ebina, est convoitée par trois partis d’opposition: l’U.pa.d.s, l’U.d.h-Yuki et le P.r.l, contre le candidat du P.c.t. A Mossendjo 1, le député P.c.t sortant, François Ndouna, croise le fer avec un candidat de l’U.pa.d.s, Benjamin Ngoma. A Dolisie 2, Honoré Sayi, le député U.pa.d.s sortant, croise sur sa route un jeune opposant, Melaine Destin Gavet, en plus de quatre autres concurrents dont un du P.c.t, Clotaire Ouélo Louangou, soutenu par Pierre Mabiala. A Mvouti 2, Alphonse Louvounou, le député sortant investi comme candidat du P.c.t, affronte un transfuge du même parti, Nicaise Makosso (indépendant). A Madingo-Kayes, Laurent Tengo, candidat du M.a.r et député sortant, a vu un mastodonte lui disputer la place, Mabio Mavoungou-Zinga, président du parti Alliance, qui a refusé de se retirer. A Tié-Tié 1, le député P.c.t sortant, Gaëtan Nkodia Kind, doit redoubler d’efforts pour conserver son siège, face à Guy-Michel Passi de l’U.d.h-Yuki et un indépendant, Vivien Romain Manangou, un transfuge de l’U.d.h-Yuki qui se présente en indépendant. Un peu partout ailleurs, la compétition va être aussi tenace, car dans beaucoup de circonscriptions semble souffler un vent de renouveau. Rendez-vous la semaine prochaine pour analyser les résultats.

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