Le feuilleton du Comité national d’investiture du P.c.t est caractéristique du malaise social qui gangrène le pays, en raison des choix politiques qui ne favorisent pas la bonne répartition de la rente nationale. Le parti au pouvoir croule sous le poids de ses cadres qui veulent devenir parlementaires, aux élections législatives prochaines. Il a enregistré plus de 1200 dossiers de candidature pour les 151 sièges de l’Assemblée nationale. Encore qu’en tenant compte de ses alliés, il se doit de leur laisser un certain nombre de sièges. Opérer un choix sur une telle montagne de demandes se présente comme la mer à boire. Qui prendre, qui laisser?

C’est là un choix cornélien. Quand bien même que les critères sont établis, les conséquences peuvent s’en suivre de voir des cadres abandonner le parti, pour n’avoir pas été choisis. Bref, quelles que soient les décisions prises, il y aura toujours des mécontents.
Mais, la question qu’il faut se poser est celle de savoir, pourquoi un tel engouement de candidatures? La crise économique bat son plein dans le pays, avec ses conséquences sociales dont le chômage. Le statut de retraité est devenu synonyme de misère sociale. Les fonctions politiques se présentent alors comme une bouée de sauvetage inespérée. Pour les jeunes confrontés au chômage, quelles que soient leurs formations professionnelles et pour les cadres devant faire valoir leurs droits à la retraite et qui ne veulent pas se retrouver dans le statut méprisé de retraité, devenir député, c’est l’avenir assuré, tout au moins pendant cinq ans. Pourquoi ne pas tenter sa chance, quand on milite dans le parti au pouvoir? En plus de cela, les différents clans qui se livrent des batailles sans merci pour gagner en influence sur la scène politique nationale cherchent à placer leurs poulains ici ou là. D’où l’avalanche des candidatures!
Il faut dire que face au dénuement qui ne cesse de gagner les couches sociales, suivant que les pouvoirs publics ne se montrent pas à même de relancer l’économie nationale, certaines institutions comme le gouvernement et le parlement apparaissent comme des ilots de prospérité et de privilèges. Réussir à y entrer, c’est échapper à cette paupérisation qui plonge de nombreux cadres dans le désespoir. On vit mal, très mal, comme retraité au Congo. Et les jeunes, condamnés au chômage, survivent au crocher de leurs parents ou n’ont plus pour rêve que de quitter le pays, pour tenter d’aller gagner leur vie ailleurs. On aura beau accuser la crise économique, la crise financière, la crise sanitaire, en réalité, le grand mal qui ronge le pays, c’est la crise morale: l’absence d’équité dans la répartition du revenu national. Quand une économie bénéficie de rentes liées aux ressources naturelles, les gouvernants doivent veiller à l’équité dans la répartition du revenu national, de façon à ce que tout le monde en jouisse.

L’HORIZON AFRICAIN

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