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L’entreprise et l’insertion

Le Congo vient de vivre deux évènements majeurs relatifs à la formation du capital humain: le retour des étudiants de Cuba et du Maroc. Ces étudiants ont fini leur formation, les uns comme médecins et les autres comme diplômés dans diverses disciplines. Pour l’un des parents venus accueillir ces étudiants,«ils sont un produit fini qu’il faudrait mettre à profit par l’Etat». Par l’Etat ou par les entreprises?
Les médecins ont été formés pour exercer dans les 12 hôpitaux généraux que le Congo se proposait de construire «aux normes de médecine mondiale les plus élevées». Aucun n’a été construit.Les choix stratégiques n’ont pas tenu compte de la volatilité des recettes pétrolières. L’Etat n’a plus que la Fonction publique pour absorber le flux d’étudiants qui se déversent sur le marché de l’emploi chaque année. A cause de la mégestion chronique sous les tropiques, le secteur entrepreneurial de l’Etat a été littéralement liquidé, encouragé en cela par les tenants du capitalisme sauvage, sans rivages éthique et social. Cependant, on entend toujours ici et là le psaume sur l’insertion des jeunes, sur l’employabilité; il y a même des institutions publiques qui sont créées, spécialement pour conseiller ou gérer cette matière.
Les mots ont un sens et ce sens évolue avec le temps et les circonstances. Il n’y a pas très longtemps, dans la littérature économique, l’insertion ne concernait que les jeunes entrant sur le marché de travail. C’est encore l’acception retenue dans les pays en développement. Ailleurs,«l’insertion englobe une réalité plus large d’une population éloignée de l’emploi (chômeurs de longue durée, personnes bénéficiaires des minimas sociaux, jeunes de moins de 26 ans en grande difficulté, travailleurs en situation de handicap, etc.). Un salarié en insertion est synonyme de salarié en retour à l’emploi».
De quelque manière que l’on aborde cette question, le mot-clé est l’emploi. Or, seule l’entreprise offre des emplois pour la création de la richesse. La grande question de l’insertion des jeunes est et reste,donc, le modèle économique pour la création des entreprises. Le retard pur en matière de création d’entreprises dans un pays est le principal indicateur de la fiabilité du modèle économique. C’est donc le nouveau rapport que l’Etat établit avec la capacité d’entreprendre qui est le déterminant de sa capacité à absorber l’offre de travail par des jeunes diplômés du système éducatif.
Ce rapport dépend, entre autres, de ce que le système éducatif produit comme capital humain. L’école doit être pensée comme maillon essentiel du système productif, en ce sens qu’il lui revient d’offrir à ce système,«des têtes bien faites et des mains qui savent faire quelque chose». Une société qui veut se développer devrait accorder une attention particulière à la professionnalisation des formations universitaires, avec des écoles de génie et les formations managériales, sans oublier, bien sûr, la recherche fondamentale et la recherche développement. Ainsi, l’absorption de la demande d’emploi des jeunes Congolais devrait pousser le leadership congolais à s’investir pleinement et concrètement dans la promotion de la production nationale, par la promotion de l’entreprise congolaise.

Prométhée

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l'horizonafricain

L'horizon Africain, un journal d'information paraissant au Congo Brazzaville

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25 novembre 2020, 15: 14

L’editorial de la redaction

IL NE FAUT PAS PÉNALISER LES GÉNÉRATIONS FUTURES

On a hérité de la période de vaches grasses, quand les budgets de l’Etat étaient excédentaires grâce à la manne pétrolière (2004 à 2014), des habitudes qui, aujourd’hui où l’on gère les vaches maigres, risquent de pénaliser les générations futures, en raison des ardoises qu’accumule l’Etat chaque année. On pourrait alors se retrouver en porte à faux avec le principe de l’équité intergénérationelle.

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