Au niveau macro-politique, c’est la continuité. Les prochaines élections législatives et locales de juillet prochain n’auront pas un grand impact sur la configuration institutionnelle du paysage politique national. Il n’y aura pas basculement de la majorité ni à la chambre basse du parlement ni dans les chambres locales.
D’abord, parce qu’une partie de l’opposition s’inscrit dans le boycott du scrutin; ensuite les plateformes de l’opposition qui participent au scrutin n’ont pas la capacité de remporter une majorité de sièges, par manque de moyens et en raison de l’étroitesse de leur représentativité sur le territoire national. Parmi les partis de l’opposition qui participent à ce scrutin, seule l’U.pa.d.s. a la chance d’avoir un nombre d’élus suffisant pour constituer un groupe parlementaire à l’assemblée nationale, comme dans les mandats passés. Ainsi, donc, au niveau macro-politique, on retrouvera la même configuration politique à l’assemblée nationale et dans les conseils départementaux et municipaux.
Par contre, l’enjeu du futur scrutin se situe au niveau micro-politique, notamment au sein de la majorité où les candidats des partis membres se retrouvent en compétition, faute d’une stratégie d’entente. Pour le premier tour, chaque partie joue ainsi son destin. Quitte à marcher sur les pieds des autres.
Dans certaines circonscriptions, les rivalités opposent des cadres du P.c.t n’ayant pas été investis comme candidats, alors que dans d’autres, les candidats investis ne sont pas acceptés par la base. Ainsi, certains pourraient soutenir des candidats, appelés «sous-marins» tandis que d’autres risquent de s’envoler vers d’autres cieux. Bref, la majorité présidentielle donne l’impression de ne pas pouvoir gérer la grande masse des cadres qui cherchent à être casés dans des fonctions politico-administratives, à travers les postes nominatifs ou électifs.
Dans l’opinion, on n’est pas dupe que les rivalités politiques prennent parfois des tournures judiciaires impitoyables comme on l’a vu avec la condamnation à 30 ans de travaux forcés du député indépendant mais proche de la majorité, Ghislain Millet Galibali, dans une affaire de faux diplôme. On ne sait pas si une telle peine renvoie à une lecture rigoureuse du droit ou à la volonté de faire disparaître définitivement un acteur de la scène politique nationale.
La balance est le symbole de la justice humaine, hérité des traditions de la Grèce antique. Elle exprime le souci d’équilibrer les fautes aux peines. Bref, elle représente l’équilibre, l’harmonie, l’impartialité, l’ordre, l’équité pour le jugement ultime qui garantit de bons rapports entre les humains dans une société. Dans l’affaire du député de Lékana contre son ancien employeur, le Fonds routier, on a tout de même de la peine à voir dans le jugement rendu, un bon équilibre entre le délit ou le crime qui lui est reproché et la peine qui lui a été infligée. On comprend pourquoi ce député a dû fuir son pays et que le mandat d’arrêt international émis contre lui a peu de chance d’aboutir. Tout porte à croire que l’objectif est atteint: le dégager. N’est-ce pas qu’une place est libérée? Bref, si le droit courbe tant l’échine à la politique, l’Etat de droit demeurera pour longtemps un rêve pour les Congolais.

L’HORIZON AFRICAIN

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