Elections législatives et locales de juillet 2022

Le R.d.d de Jean-Jacques Serge Yhomby-Opango s’est inscrit dans le boycott

C’est au cours d’une conférence de presse qu’il a tenue mercredi 26 mai 2022, dans la salle Louis Badila du siège de La Semaine Africaine, à Brazzaville, que Jean-Jacques Serge Yhomby-Opango, vice-président et président par intérim du R.d.d (Rassemblement pour la démocratie et le développement), parti situé à l’opposition, a annoncé le boycott, par sa formation politique, des élections législatives et locales de juillet 2022, pour protester contre le non-respect, selon lui, par le gouvernement, des conclusions du dialogue d’Owando et le coût élevé des cautions de candidature aux élections. Il a saisi cette opportunité pour lancer un appel «en vue de la construction d’une opposition réelle, véritable et fortement responsable». Devant la presse, il a aussi dévoilé un aspect auquel il est confronté: le nom qu’il porte en tant que fils de l’ancien Chef de l’Etat.

Le R.d.d, le parti créé par l’ancien Chef de l’Etat, feu Jacques Joachim Yhomby-Opango, ne participera pas aux prochaines élections. «Le secrétariat du Rassemblement pour la démocratie et le développement décide de ne pas participer aux élections législatives et locales des 4 et 10 juillet 2022», a annoncé Jean-Jacques Serge Yhomby-Opango, le président par intérim de ce parti, au cours de sa conférence de presse.

Une vue des journalistes couvrant la conférence de presse.
Une vue des journalistes couvrant la conférence de presse.

Cette décision a surpris les journalistes et les a emmenés à lui poser des questions sur ça: «Est-ce que vous avez peur de perdre? Votre parti est membre de l’opposition: pourquoi cette instabilité: accord R.d.d-P.c.t, puis accord de gouvernement avec feu le président Guy-Brice Parfait Kolélas? Après la mort de ce dernier, peut-on savoir ce qu’est devenu cet accord? Peut-on parler d’une opposition au Congo?».

A ces questions, il a répondu ainsi qu’il suit: «Quand vous entendez, dans un pays, celui qui est, soi-disant, le chef de file de l’opposition, dire haut et fort que «l’opposition, ce n’est pas sa tasse de thé». Bon, je ne sais pas si l’on peut parler d’opposition, parce que lui qui est le chef de file se comporte ainsi. L’opposition doit quand même réviser ses classiques. Tout cela chamboule les principes de la démocratie. Manque de moyens, comme tous les partis, chaque parti a ses problèmes. Je ne pense pas que ça soit l’essentiel».

«Il y a des choses qui ont été dites à Owando. Nous avons reconnu des micro-avancées. Parmi les micro-avancées, il y a la révision des listes électorales qui devrait se faire de façon paritaire. Mais, nous avons constaté que l’on change les règles du jeu en cours du jeu. On a ajouté des certificats de résidence pour les candidats aux élections locales. Ce qui n’était pas prévu. On a imposé que ceux qui doivent participer à l’opération de révision des listes électorales soient des autochtones», a-t-il avancé comme raison du boycott.

Au-delà, il a évoqué un aspect personnel: «Mon nom constitue un grand problème. Le parti au pouvoir en fait un problème strictement personnel. Le nom que je porte ne doit en aucun cas faire surface politiquement. Ils ne veulent pas du tout. Je préfère ne pas citer de noms et c’est pour cela que nous disons que le nom, contrairement à ce qu’en pensent plusieurs personnes, est un gros désavantage. Comme vous pouvez le constater, je ne vais pas parler des autres, vous avez pu voir dans un groupement politique qui se dit fort, qu’il n’y a aucune démocratie. Là-bas, c’est les fils de… qu’on place. Mais, le seul qui ne doit pas faire de la politique, c’est moi. Je fais partie de ceux qui ont encouragé l’accord R.d.d-P.c.t. Le président Yhomby n’en voulait pas. Au P.c.t, on ne l’a jamais respecté. Le seul moment dans ce pays où on a dit du bien de mon père dans les médias, c’est quand il est mort. Aujourd’hui, nous avons constaté que le premier allié du P.c.t, c’est l’U.pa.d.s et nous avons décidé de nous retirer. Mais, nous sommes en politique, les circonstances peuvent faire que ceux qui sont arrivés après en social-démocratie changent de comportement. La particularité de la situation du R.d.d au pays est que le parti au pouvoir a le Prix Nobel de la détestation du nom que je porte et du parti que je dirige. Aujourd’hui, les choses se sont compliquées encore plus à cause du choix politique que nous avons fait de suivre Guy-Brice Parfait Kolélas. Nous ne le regrettons pas. C’est toujours avec beaucoup d’émotion que je parle du président Guy-Brice Parfait Kolélas. Je voudrais vous dire que nous avons signé un accord de gouvernement. Malheureusement, les événements se sont passés tel que vous les connaissez. Quand nous sommes rentrés au pays, nous avons écrit aux dirigeants de l’U.d.h-Yuki. Nos états-majors travaillent ensemble pour arriver à un accord politique, pour pouvoir combattre le virus. Ils ont des problèmes, il faut qu’ils fassent un nettoyage, pour qu’on puisse s’asseoir de nouveau. Nous avons appelé à ce qu’ils se rassissent. Le R.d.d ne doit plus être seul. J’exhorte nos amis de l’U.d.h-Yuki de se décider. Sinon ils n’auront pas compris l’appel du 20 mars 2021».

Face à tout cela, le vice-président du R.d.d reste déterminé à poursuivre son combat politique. «Au-delà des principes démocratiques, les intimidations de tous genres et toutes ces manœuvres, le R.d.d dont j’ai la responsabilité de présider aux destinées, demeure déterminé à jouer la partition qui est la sienne dans le microcosme politique de notre beau pays, le Congo. Tel a toujours été le leitmotiv de son président fondateur, le compagnon Jacques Joachim Yhomby-Opango», a-t-il déclaré dans son mot liminaire.

«Pour ce faire, le R.d.d réitère son incessante invite à toutes les forces vives de la Nation et aux partis politiques se réclamant de la gouvernance alternative, de se fédérer, en vue de la construction d’une opposition réelle, véritable et fortement responsable», a-t-il indiqué.

«Que vaut une démocratie sans opposition responsable? En toute objectivité, certains leaders politiques, au nom de leurs intérêts égoïstes, ont pris l’option de sacrifier sur l’autel, la démocratie pluraliste chèrement acquise par le peuple congolais au terme d’une lutte acharnée, pour affranchir son pays du joug monopartite dont les regrettables effets sont encore présents dans les consciences», a-t-il fait savoir.

Enfin, Jean-Jacques Serge Yhomby-Opango a lancé une invite aux leaders de l’opposition: «Débarrassons-nous de nos complexes! Mettons de côté nos égos, afin de privilégier l’intérêt général, car ensemble nous pouvons! C’est donc le moment de réitérer notre appel au ressaisissement et à l’unité de la vraie opposition, face à la dérive démocratique du fait d’une classe politique sclérosée qui ne cherche qu’à s’offrir une place dans la mangeoire nationale, sans aucune vision alternative de la gestion de la chose publique». Au-dernier moment, on a appris que le secrétariat du R.d.d a tout de même constituer les dossiers de ses candidats. Seront-ils déposés? Wait and see!

Propos recueillis et agencés par Chrysostome FOUCK ZONZEKA

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