Primature

Le Premier ministre s’est élevé contre l’occupation anarchique des abords des nouvelles casernes militaires à Brazzaville

Le Premier ministre chef du gouvernement, Anatole Collinet Makosso, a effectué, vendredi 23 décembre 2022, une tournée des nouvelles casernes militaires construites à Brazzaville. Il a visité, tour-à-tour, la base-vie de Mambou, les casernes de Ndouo, de la Case Barnier et du camp du 401ème bataillon d’infanterie. Accompagné des ministres Charles-Richard Mondjo (défense nationale), Emile Ouosso (énergie et hydraulique), Jacqueline Lidya Mikolo (petites et moyens entreprises, artisanat et secteur informel), du général de division Guy-Blanchard Okoï, chef d’état-major général des Fac, et quelques officiers du haut-commandement militaire, le Premier ministre s’est élevé contre l’occupation anarchique des abords des sites militaires et a promis une opération de déguerpissement.

Située dans le 7eme arrondissement Mfilou, les nouvelles casernes militaires ont été construites par la société chinoise Beijing construction engineering et mises à la disposition de l’Etat depuis 2016. La visite du chef du gouvernement est intervenue dans un contexte où ces infrastructures s’apprêtent à recevoir leurs occupants, les officiers des Forces armées congolaises. Pour l’instant, un nombre limité d’occupants y est installé depuis quelques années, pour en assurer la sécurité.

De bonnes conditions de logement pour les officiers des Fac.
De bonnes conditions de logement pour les officiers des Fac.
Les nouvelles casernes offrent de bonnes conditions d'accueil au sein de l'armée.
Les nouvelles casernes offrent de bonnes conditions d’accueil au sein de l’armée.
De bonnes conditions de travail aussi pour l'administration militaire.
De bonnes conditions de travail aussi pour l’administration militaire.

Partout où il est passé, Anatole Collinet Makosso a suivi les mêmes doléances à savoir: le mauvais état des routes d’accès aux sites; le manque d’adduction d’eau potable; l’absence de réseaux de téléphonie mobile pour les deux premiers sites. A cela s’ajoute les érosions occasionnées par le manque de canalisation des eaux de pluie et par l’occupation anarchique des terrains par des habitants qui se disent détentrices de titres fonciers. Le gouvernement devrait tâter la poche, pour lancer les travaux complémentaires devant rendre ces opérationnels.

Malgré la pluie qui s’est abattue dans l’après-midi, le Premier ministre a effectué la visite et s’est dit satisfait des travaux réalisés. «Les membres du gouvernement et moi-même sommes heureux d’avoir effectué cette visite et d’avoir constaté le niveau d’investissement réalisé par le peuple congolais, pour mettre à la disposition des Forces armées congolaises, des infrastructures dignes, pour leur permettre d’accomplir, avec noblesse, leurs missions», a-t-il déclaré au terme de sa visite. Il a souligné que «l’armée est le moral de la Nation, parce qu’elle assure la défense de l’intégrité du territoire et devrait donc bénéficier de très belles installations, pour son moral». Il a également appelé les officiers qui vont vivre dans ces infrastructures d’en faire un bon usage. «Nous osons croire que les cadres qui seront installés ici, sauront bien se tenir, pour que nous n’ayons pas à vivre le scénario du complexe sportif de La concorde à Kintélé», a-t-il rappelé. Anatole Collinet Makosso a fait ainsi allusion au pillage systémique dont ce stade a été l’objet.

Le Premier ministre suivant la présentation d'une caserne.
Le Premier ministre suivant la présentation d’une caserne.

Par ailleurs, le Premier ministre n’a pas manqué de fustiger le comportement des populations qui se sont installées à proximité de ces sites militaires. «Voyez-vous, à côté de ces grandes infrastructures, à quelques mètres des ravins, vous avez des populations inciviques qui ont jugé utile de s’y installer, menaçant ainsi la stabilité et la pérennité de toutes ces installations. Cela va contribuer à dégrader davantage l’aspect géophysique de cet environnement», a-t-il souligné. Avant de rappeler qu’«on aurait pu tirer les leçons de ce que nous avons connu avec l’explosion du régiment blindé de Mpila, il y a dix ans de cela». Ce comportement des populations est à déplorer. «On a déplacé ces casernes, de façon à les éloigner des habitations populaires. Comment comprendre encore que les mêmes populations suivent les casernes jusqu’ici?», s’est interrogé le chef du gouvernement qui a promis lancer une opération de déguerpissement des occupants anarchiques des abords des casernes militaires

Roland KOULOUNGOU