A.e.d (Action sur l’environnement et le développement)

Le Dr Eugène Loubaki attend toujours l’interdiction de l’usage de l’amalgame dentaire

Depuis la catastrophe écologique de Minamata, au Japon, dans les années 50, la communauté internationale a adopté, en janvier 2013, un instrument juridique bannissant l’utilisation du mercure dans la dentisterie. Il s’agit de la «Convention de Minamata» dont le Congo est signataire depuis 2014. Celle-ci a pour objectif de protéger la santé humaine et l’environnement des émissions anthropiques du mercure et de ses composants. C’est dans ce contexte que le Dr Eugène Loubaki, président de l’A.e.d (Action sur l’environnement et le développement), a tenu, mercredi 25 mai 2022, au C.i.o (Centre interdiocésain des œuvres), à Brazzaville, une conférence de presse pour sensibiliser les professionnels des médias et les médecins dentistes aux risques causés par le mercure contenu dans l’amalgame dentaire.

Trois temps fort ont marqué la conférence de presse du président de l’A.e.d à laquelle ont pris part des médecins dentistes, des représentants des institutions publiques et privées, des associations de consommateurs et celles œuvrant dans le secteur de l’environnement. Il y a eu d’abord la projection d’un court métrage retraçant l’histoire de la catastrophe écologique de Minamata. Ensuite, des communications sur trois sujets, à savoir:

– «Les effets néfastes du mercure et de l’amalgame dentaire sur la santé et l’environnement», présenté par le Dr Noël Watha-Ndoudy;

«L’état de lieu de la dentisterie au Congo et les alternatives actuelles», fait par le Dr Daniel Mampouya;

«L’amalgame dentaire dans l’évaluation initiale du mercure en République du Congo», animé par le Dr Eugène Loubaki. Enfin, il y a eu un échange avec les participants.

Une vue des participants à la conférence de presse du président de l'A.e.d.
Une vue des participants à la conférence de presse du président de l’A.e.d.

Sous sa forme de méthymercure, le mercure peut affecter le développement cérébral des nourrissons et provoquer un accouchement prématuré chez les femmes enceintes. Cette substance chimique toxique résiste longtemps dans l’atmosphère, avant de retomber sur terre, notamment dans les cours d’eau et les mers où il est consommé par la biodiversité, avant de finir dans nos assiettes. «Le mercure est très rémanent et peut faire six à dix-huit mois dans l’atmosphère. Il a une capacité de bioaccumulation. Selon les études, l’homme rejette, chaque année, dans l’atmosphère, 149 tonnes de mercure dont 19 tonnes proviennent des soins médicaux», a affirmé, le Dr Noël Watha-Ndoudy.

«Dans le secteur de l’art dentaire au Congo, utiliser les amalgames pour la restauration des lésions carieuses ou pour le remplacement d’obturation restent le concept central de la thérapie», a déclaré, le Dr Daniel Mampouya. Or, le mercure contenu dans l’amalgame dentaire a des conséquences néfastes aussi bien sur la vie des patients que celle des praticiens à cause de sa toxicité.

Photo de famille à la fin de la conférence de presse.
Photo de famille à la fin de la conférence de presse.

Les échanges au cours de cette conférence de presse ont tourné autour des alternatives actuelles qui ne semblent pas être à la portée de tous les dentistes, car n’ayant pas les moyens financiers nécessaires pour l’achat de matériaux adéquats qui coûterait excessivement cher; sur des dispositions prises par notre pays pour éradiquer progressivement l’utilisation du mercure après la mise en place d’un plan qui ne semble pas connaître son envol jusqu’à ce jour. Malgré la proposition faite par l’A.e.d aux pouvoirs publics depuis 2019, d’un avant-projet de décret et d’un arrêté, l’une réglementant la gestion du mercure et ses composés et l’autre portant interdiction de la production, l’importation et l’utilisation de l’amalgame dentaire au Congo, rien n’a été fait jusque-là, comme si le gouvernement minimisait l’impact du mercure sur la santé des populations. Mais, cette réticence ne semble pas anéantir les efforts du Dr Eugène Loubaki, qui attend toujours que le Ministère de la santé et de la population conduise le gouvernement à interdire l’usage de l’amalgame dentaire dans le pays.

Roland KOULOUNGOU

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