Université Marien Ngouabi

Le Collège intersyndical menace de débrayer, si la ministre de tutelle n’accepte pas le dialogue

L’Université Marien Ngouabi est un volcan qui, à tout moment, peut entrer en ébullition. Et pour cause, la première université publique congolaise est devenue un nid à problèmes socio-administratifs et financiers. Quand ce ne sont pas les étudiants, ce sont les enseignants. Ces derniers sont à l’affiche, après une déclaration publiée le vendredi 18 novembre 2022, dans laquelle le Collège intersyndical de l’Université Marien Ngouabi demande un dialogue avec la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation technologique, Mme Delphine Edith Adouki Emmanuel, au sujet de «la signature, dans les plus brefs délais, du deuxième protocole d’accord, gage de paix sociale à l’Université Marien Ngouabi, conformément au relevé de conclusions signé avec le gouvernement, le 21 septembre 2021, sous l’autorité du Premier ministre». En cas de refus, les syndicalistes sont prêts à débrayer. Ci-après l’intégralité de leur déclaration du 18 novembre 2022, signée par Léon Makita Ndoumba (Sypenes), Camille Monékéné Makoumbou (Synalu) et Jean-Didier Mbélé (Syndesup).

«Le Collège intersyndical de l’Université Marien Ngouabi s’est réuni le 18 novembre 2022, au siège duSynesup, dans le Complexe universitaire Bayardelle, pour examiner les points suivants: faire le point sur les suites données par la tutelle à la déclaration du 28 octobre 2022;  et donner suite à la proposition de statut particulier des établissements d’enseignement supérieur.

Le Collège intersyndical félicite l’ensemble des travailleurs de l’Université Marien Ngouabi, pour sa sérénité suite à la convocation, par les services de police spéciaux, des trois secrétaires généraux des centrales syndicales, au seul motif d’avoir signé la déclaration du 28 octobre 2022.

Le Collège intersyndical félicite sa coordination, pour sa disponibilité et son abnégation dans la recherche des solutions aux problèmes qui se posent à l’Université Marien Ngouabi et s’interroge sur le refus de Madame la ministre de tutelle de la recevoir, pour échanger sur le contenu de sa déclaration du 28 octobre 2022, alors que la coordination est conviée par le même ministère pour débattre d’autres sujets.

Le Collège intersyndical interpelle donc Monsieur le Premier ministre chef du gouvernement à prendre ses responsabilités et sollicite par la même occasion à être reçu pour débattre des problèmes liés à la rentrée universitaires 2022-2023.

Le Collège intersyndical se réserve, à ce titre, le droit de prendre ses responsabilités face au refus de Madame la ministre de tutelle de recevoir les syndicalistes pour le dialogue.

Par ailleurs, le Collège intersyndical ne trouve pas l’opportunité de rédiger un nouveau statut particulier des universitaires, alors que le statut particulier de l’Université Marien Ngouabi, signé depuis le 6 juin 2012 et celui de l’Université Denis Sassou-Nguesso, signé depuis deux ans, par le Président de la République, Son Excellence Denis Sassou-Nguesso, ne sont pas encore appliqués en intégralité.

En conséquence, le Collège intersyndical décide de rejeter, de manière ferme, le projet de statut façonné par le ministre de tutelle et ses retraités loin d’être des acteurs techniques de l’université.

En conclusion, le Collège intersyndical interpelle les autorités gouvernementales sur la sécurité et la liberté des syndicalistes de l’Université Marien Ngouabi dans le cadre de l’exercice de leurs missions et rendrait responsable Madame le ministre de tutelle des éventuelles perturbations qui subviendraient dans le fonctionnement de l’Université Marien Ngouabi».