Dans une lettre ouverte datée du 3 novembre 2022, Guy Francis Tsiehela, chroniqueur musical vivant en France, rappelle que le 14 décembre prochain, ce sera l’an 1 de l’inscription de la rumba congolaise au patrimoine culturel immatériel de l’humanité à l’Unesco. A cette occasion, il appelle respectueusement le Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, à «permettre les conditions d’une commémoration digne de cette reconnaissance universelle».
Excellence Monsieur
le Président de la République,
Dans moins de deux mois, précisément le 14 décembre 2022, la rumba congolaise accomplira l’an 1 de son inscription au patrimoine culturel immatériel de l’humanité à l’Unesco. Je sais combien vous avez œuvré à l’aboutissement du long processus qui a conduit à ce succès. Nous vous en félicitons.

Guy Francis Tsiehela.
Guy Francis Tsiehela.

Je me permets de vous faire part publiquement d’une préoccupation qui me tient à cœur, celle de l’avenir de cette musique, l’un des prestigieux fleurons de notre patrimoine culturel. Pour avoir été, en ma qualité de chroniqueur musical, l’un des promoteurs de sa candidature au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, en contribuant à la mobilisation des musiciens et des opinions publiques, je me fais le devoir de consolider ce joyau inestimable que nous ne pouvons laisser s’étioler dans la mémoire collective.
Comme vous le savez, Monsieur le Président de la République, l’événement du 14 décembre 2021 avait été salué sur les deux rives du Fleuve Congo. Des messages affluant des quatre coins du monde avaient enrichi le florilège de félicitations qui vous avaient été adressées, à vous personnellement et à tous les acteurs diplomatiques et culturels des deux Congo.
Mme Audrey Azoulay, directrice générale de l’Unesco avait relevé l’importance de l’événement et son intérêt, non seulement pour l’institution qu’elle dirige, mais aussi et surtout pour la République du Congo et la République Démocratique du Congo. La rumba constituant le trait d’union entre les deux pays, sa reconnaissance par l’Unesco ne peut qu’apporter de la plus-value dans les relations entre ces deux pays frères. Un trait d’union, probablement plus large, puisque ses sonorités, ignorant les frontières, rayonnent depuis dans le monde entier.
Monsieur le Président de la République, l’inscription de la rumba au patrimoine culturel immatériel de l’humanité a élevé notre culture au sommet du monde. Mais, nous ne pouvons-nous contenter de ce positionnement de confort. Aussi devrions-nous continuer à entretenir ce qui fonde ce positionnement, c’est-à-dire les facteurs qui concourent à son épanouissement et à sa consolidation. Les lieux et les moments de mémoire méritent d’être célébrés pour permettre à la Nation de s’approprier de manière pérenne, les faits qui ont marqué son histoire. En outre, à l’heure de la diversification économique, chère à votre projet de société, la rumba pourrait offrir de réelles perspectives de développement touristique et servir de levier à la diplomatie culturelle.
C’est la raison pour laquelle, Monsieur le Président, j’en appelle respectueusement à votre habituelle sagacité et à la haute attention que vous portez sur les grands événements de notre pays, pour qu’à l’approche du premier anniversaire de cet événement, vous puissiez permettre les conditions d’une commémoration digne de cette reconnaissance universelle.
Sachant compter sur votre amour pour la culture et espérant que cette lettre retiendra votre attention, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de mes sentiments déférents».