P.c.t (Parti congolais du travail)

La sénatrice Joséphine Moutou-Bayonne inhumée au mausolée Marien Ngouabi

Décédée le lundi 24 octobre 2022, à Paris, en France, à l’âge de 93 ans, des suites de maladie, la sénatrice P.c.t (Parti congolais du travail) élue et réélue dans le Département des Plateaux depuis 2002, Mme Joséphine Moutou-Bayonne, née Gayan Nka, a été portée en terre, vendredi 17 novembre, au Mausolée Marien Ngouabi, au centre-ville de Brazzaville, après l’hommage solennel de la République, sous le patronage du Chef de l’Etat, Denis Sassou-Nguesso, et l’hommage fait par son parti. Icone de la lutte politique féminine au Congo, Joséphine Moutou-Bayonne a été parmi les femmes qui ont porté sur les fonts baptismaux, l’U.r.f.c (Union révolutionnaire des femmes du Congo), l’organisation féminine qui a contribué à l’émancipation de la femme congolaise et à son émergence en politique.

Le P.c.t a dû attendre la disponibilité de l’agenda du Président de la République, pour enfin programmer l’inhumation de la plus grande figure féminine politique nationale qui nous a quittés. Tout a commencé au siège du P.c.t, au quartier Mpila, au centre-ville de Brazzaville, pour l’hommage du parti, sous le patronage du secrétaire général, Pierre Moussa, en présence de Pierre Ngolo, président du sénat, des membres du Bureau politique, du secrétariat permanent, du Comité central, de la Fédération de Brazzaville, des délégués des partis de la majorité présidentielle et d’une foule immense de militants.

Le Président de la République rendant hommage à la sénatrice disparue.
Le Président de la République rendant hommage à la sénatrice disparue.

On peut relever la mobilisation des femmes, sous la houlette de l’O.f.c (Organisation des femmes du Congo), que dirige Mme Inès Népher Bertille Ingani, ministre de la promotion de la femme, de l’intégration de la femme au développement et de l’économie informelle. Les femmes du P.c.t ont en effet organisé des marches, le dimanche 20 novembre sur un kilomètre et le jour des obsèques, en mémoire de la grande combattante que fut Mme Moutou-Bayonne.

Dans l’oraison funèbre, Mme Esther Aïssou Gayama, représentante des femmes au Bureau politique, a déclaré que «Joséphine Moutou Bayonne était une icône politique, une vraie manouvrière dans tous les combats. Constante», a-t-elle souligné. Selon Pierre Moussa, «une histoire se ferme définitivement de la camarade Joséphine Moutou-Bayonne».

L’hommage de la République à la sénatrice disparue s’est tenu au Palais des congrès, sous le haut patronage du Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, en présence des présidents des institutions constitutionnelles, du Premier ministre chef du gouvernement, Anatole Collinet Makosso, des membres du gouvernement, des parlementaires, des officiers du commandement de la Force publique, etc. L’oraison funèbre en sa mémoire a été lue par le sénateur (U.pa.d.s) Joseph Yédikissa Dhadié, deuxième secrétaire du bureau du sénat. Il faut dire que le Chef de l’Etat était présent à l’arrivée de la dépouille à l’Aéroport international Maya-Maya et à la veillée au domicile familial. La messe de requiem a eu lieu en la Basilique Sainte-Anne, avant l’inhumation au Mausolée Marien Ngouabi.

Le Président Sassou-Nguesso a accompagné jusqu’à sa dernière demeure, celle qui l’a soutenu tout au long de son combat politique. En effet, Joséphine Moutou-Bayonne était une de ses fidèles. A l’annonce de sa disparition, le Chef de l’Etat avait fait un témoignage à ses proches, reconnaissant que l’illustre disparue a été de beaucoup pour lui, dans les conseils et dans la lutte politique.

Membre fondatrice de l’U.r.f.c, en mars 1965, à l’époque du M.n.r (Mouvement national de la révolution), sous le régime du Président Alphonse Massamba-Débat, Joséphine Moutou-Bayonne dirigea cette organisation politique féminine de 1974 à 1979. Elle avait succédé à Mme Joséphine Bouanga, qui avait remplacé Mme Céline Yandza, lors du deuxième congrès extraordinaire, tenu le 15 novembre 1969 à Brazzaville. L’U.r.f.c a été remplacée en août 2013, par l’O.f.c.

Enfin, il faut indiquer que le P.c.t était doublement éprouvé, avec la disparition, le 6 octobre, au C.h.u de Brazzaville, de l’ancien sénateur René Kanga, membre du Comité central du P.c.t, qui a été inhumé le même jour, c’est-à-dire le 18 novembre. «Un choc dur pour le parti», a reconnu Pierre Moussa.

Chrysostome FOUCK ZONZEKA