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La musique congolaise doublement endeuillée : Sambadio et Edo Ganga ont tiré leur révérence!

La musique congolaise doublement endeuillée : Sambadio et Edo Ganga ont tiré leur révérence!

Inédit. La galaxie musicale congolaise est doublement frappée de deuil. En l’espace de quelques jours, elle vient de perdre deux de ses scintillantes étoiles. Il s’agit de Sambadio, décédé le mercredi 3 juin 2020, au C.h.u (Centre hospitalier et universitaire) de Brazzaville, des suites d’un cancer, et du patriarche Edo Ganga, cofondateur des mythiques orchestres O.K. Jazz, à Kinshasa (ex-Léopoldville), et les Bantous de la capitale, sur la rive droite du fleuve Congo.

Ce dernier a été rappelé à Dieu, le dimanche 7 juin dernier, au C.h.u, à l’âge de 87 ans. Ces deux disparitions interviennent pendant que le pays vit au rythme des mesures édictées par le gouvernement pour freiner la propagation du coronavirus.

De son vrai nom Dieudonné Samba, Sambadio est l’auteur des tubes «Tadie» et «Analysez», composés au sein de l’Orchestre Vivacité Mélodia de Pointe-Noire dont il était le leader. Ces chansons ont fait un tabac sur l’échiquier musical congolais, dans les années 90.
Après un S.o.s lancé dans les médias, le chanteur avait reçu la visite surprise du ministre de la culture et des arts, Dieudonné Moyongo, le samedi 23 mai. Répondant au ministre, l’artiste avait expliqué qu’il était paralysé et qu’il devait subir une opération de la colonne vertébrale entre les deux omoplates. Il avait déjà subi une opération en août par rapport à un cancer qu’il avait au rectum. Pendant une semaine, il ne faisait plus les selles et cela l’étouffait. Finalement, malgré les efforts fournis, la mort a emporté l’artiste le 3 juin.
Après une traversée du désert de presqu’une décennie, Sambadio avait renoué avec la scène en 2010, avec le groupe d’interprétation ponténégrin Les Makandas dont il est l’un des leaders et avec lequel il avait livré un concert mémorable en 2017, à l’Institut français de la capitale économique congolaise. Puis, il était tombé malade et d’être abandonné à son triste sort.

Edo Ganga, le patriarche: une vie d’artiste bien accomplie!
Né le 27 octobre 1933, à Léopoldville, actuelle Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo, Edo Ganga a fait ses études à Brazzaville, notamment à l’Ecole primaire de la Grande école de Poto-Poto, le troisième arrondissement de la capitale.
Après son C.e.p.e (Certificat d’études primaires élémentaires), son grand-père et homonyme, Nganga Edouard, instituteur, l’aiguille à l’Ecole professionnelle de l’A.e.f (Afrique équatoriale française), (actuelle Lycée technique du 1er Mai), pour qu’il devienne un ouvrier qualifié. Alors que lui-même voulait également devenir instituteur.
Après l’obtention de son C.a.p (Certificat d’aptitude professionnelle) de menuiserie industrielle, en 1953, Edo participe à un concours de circonstance comme percussionniste à l’enregistrement, au studio Opika de Kinshasa, de la chanson anthologique «Parafifi».
Une année après, il est embauché comme dessinateur-traceur dans une société industrielle de bois, au Port de Mpila. Mais, c’est la musique qui l’attire. Il participe à la création, avec Nino Malapet et Kaba Joseph (journaliste de Radio-Brazzaville, chef d’orchestre), de Negro Jazz, l’un des premiers ensembles musicaux brazzavillois. C’est dans ce groupe, d’ailleurs, qu’il signe «Aimé wa bolingo», que nombreux considèrent comme l’une de ses plus belles compositions. Une chanson enregistrée à Kinshasa, aux Editions Loningisa.
Le 6 juin 1956, Edo Ganga fait partie de ceux qui fondent le légendaire Orchestre OK Jazz, avec Loambo Makiadi «Franco», Vicky Longomba, De La lune, Desoin, etc. Il quitte malheureusement ce groupe en 1959, pour rentrer au bercail, à Brazzaville, où il croise son destin, en figurant parmi les fondateurs de l’Orchestre Les Bantous de la capitale. Le 15 août 1959, avec Jean-Serge Essous, Nino Malapet, Daniel Loubelo «De Lalune», Célestin Kouka et Saturnin Pandi, le nouveau groupe fait sa sortie officielle par un concert au bar-dancing Faignond, à Poto-Poto et finira par s’imposer sur la scène musicale nationale. En 1990 Edo Ganga réintègre pour la énième fois les Bantous. Treize années après, il est nommé conseiller aux arts des scènes et à la promotion des artistes par Jean-Claude Gakosso, l’actuel ministre des affaires étrangères, de la coopération, et des Congolais de l’étranger, alors ministre de la culture et des arts.
Ancien député à l’Assemblée nationale populaire (à l’époque du parti unique), l’auteur d’Aimée wa bolingo» a été élevé au grade de commandeur dans l’Ordre du mérite congolais par le Président Denis Sassou-Nguesso, le 15 août 2019, à l’occasion de la célébration du 59ème anniversaire de l’indépendance du Congo.
Pour rendre hommage au chanteur octogénaire, Paul Soni Benga, ancien directeur général de la chaîne D.r.t.v (Digital radio-télévision), lui avait consacré, l’année dernière, un film documentaire de 120 minutes, intitulé: «Nganga Edo, le dernier des Bantous de la capitale», à l’occasion de la célébration des 60 ans de la création du légendaire ensemble musical.
La date et le lieu de l’inhumation de Sambadio et d’Edo Ganga ne sont pas encore connus. Leurs veillées mortuaires se tiennent respectivement à Moutabala et Makazou, dans le 7ème arrondissement de Brazzaville, Mfilou-Ngamaba. Où s’est rendu, le lundi 8 juin dernier, le ministre Dieudonné Moyongo. Adieu, virtuoses chanteurs, et que la terre de nos ancêtres vous soit légère!

Clotaire DIABOUA

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L'horizon Africain, un journal d'information paraissant au Congo Brazzaville

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04 décembre 2020, 05: 28

L’editorial de la redaction

«DES QUESTIONS BATEAU»

L’expression est utilisée par le chef de file de l’opposition, à l’issue de l’audience que le Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, lui a accordée samedi 21 novembre dernier. Parlant de la réforme du processus électoral, Pascal Tsaty-Mabiala a utilisé l’expression que ces questions sont devenues des «questions bateau». Cela mérite qu’on s’y arrête un peu.

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