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La Majorité présidentielle a-t-elle perdu son sens d’agir ensemble?

Le fait n’échappe pas aux observateurs avisés de la vie politique nationale: la grande famille de la Majorité présidentielle semble perdre le sens de son agir ensemble. Certains de ses cadres commencent à s’en inquiéter à l’approche du scrutin présidentiel qui devrait pourtant relancer l’esprit d’équipe au sein de cette grande famille politique. En dehors de quelques réunions, pas grand-chose de décisif ne semble mobiliser les partis qui accompagnent le Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, dans la mise en œuvre de sa politique de développement du pays, et aujourd’hui, dans la lutte contre la pandémie de covid-19.

Et même si beaucoup n’y ont pas prêté attention, les faits sont là: la Majorité présidentielle, en tant que famille politique soutenant l’action du Chef de l’Etat, n’a pas encore contribué au Fonds covid-19, ni au Fonds national de solidarité. Pourtant, en tant que famille politique présidentielle, elle se doit de toujours montrer l’exemple.
A ce niveau, l’exemple est venu plutôt de l’O.p.c (Opposition politique congolaise). Les partis de cette plateforme politique dirigée par le député Pascal Tsaty-Mabiala, premier secrétaire de l’U.pa.d.s, avaient surpris l’opinion par leur attitude citoyenne de répondre à l’appel du Président de la République, en apportant leur contribution. Témoignant qu’au-delà des divergences politiques, la lutte contre la propagation du coronavirus engage tout le monde. Ainsi, le 23 avril dernier, le Premier ministre, chef du gouvernement, Clément Mouamba, recevait à l’Hôtel de la primature, la délégation de cette famille politique de l’opposition qui avait fait don de deux chèques de 5 millions de franc Cfa, dont un chèque comme contribution personnelle du chef de file de l’opposition, Pascal Tsaty-Mabiala. C’est là un exemple de la démocratie conviviale, une véritable leçon politique à laquelle on ne devrait pas être insensible: quand le pays est confronté à une sérieuse difficulté, tout le monde met la main à la pâte, au-delà des appartenances politiques.
Du côté de la Majorité, les acteurs ont plutôt agi individuellement. Premier des partis politiques à ouvrir le bal, le 2 avril dernier, le P.c.t apportait une importante contribution de 50 millions de francs Cfa. Il sera suivi, le 30 avril, par le Club 2002-Pur de Willy Nguesso, avec un chèque de 10 millions de francs Cfa, et le 16 mai, par le R.c (Rassemblement citoyen), le parti du ministre d’Etat Alphonse Claude N’Silou, qui abondait le fonds d’un chèque de 10 millions de francs Cfa également. Et puis, plus rien!
Le M.c.d.d.i du ministre Euloge Landry Kolélas s’était manifesté à travers une déclaration pour «s’associer» aux «efforts déployés par Son Excellence, Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, et le gouvernement de la République, pour faire face à cette pandémie, le covid-19».
Et même si les partis membres de la Majorité présidentielle ont eu à agir individuellement, laissant dans l’embarras ceux qui n’ont pas pu manifester individuellement leur solidarité en cette période de crise sanitaire inédite, cette stratégie n’a jamais été arrêtée de commun accord. C’est comme si dans la même famille, ceux qui en ont plus abandonnent ceux qui n’en ont pas. La puissance financière semble érigée publiquement en baromètre de l’engagement politique.
Ainsi, la grande famille de la Majorité présidentielle semble perdre l’intérêt de mettre en avant le sens de son agir ensemble qui lui a permis jusque-là de dominer la vie politique nationale, depuis l’accession de son leader à la tête du pays.
Depuis la fin de son 5ème congrès ordinaire, le P.c.t, le parti locomotive de la Majorité présidentielle, privilégie ses propres actions sur le terrain et relègue au second plan la redynamisation de la grande famille de la Majorité présidentielle. Certains attribuent ce changement de cap au nouveau secrétaire général du P.c.t, Pierre Moussa, qui semble, pour l’instant, plus engagé à la mise en œuvre des résolutions issues du congrès de son parti, qu’à la redynamisation de la Majorité présidentielle. Même pour l’élection présidentielle, le P.c.t a déjà fixé son choix, alors qu’à la majorité, la question ne semble pas encore à l’ordre du jour, à moins de considérer que le choix du P.c.t est automatiquement celui des partis de la Majorité présidentielle. Ce qui ne serait pas un signe de galanterie démocratique. Quoiqu’il en soit, mieux vaut tard que jamais, les partis de la Majorité présidentielle ont intérêt à mettre en avant leur agir ensemble, pour mieux accompagner l’action du Chef de l’Etat.

Narcisse MAVOUNGOU

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20 octobre 2020, 12: 10

L’editorial de la redaction

L’ÉDUCATION, LA FORCE ET LA QUALITÉ DE LA SOCIÉTÉ!

Ainsi donc, les élèves congolais ont renoué avec le chemin de l’école depuis le lundi 12 octobre. Après pratiquement six mois et demi d’inactivités (du 1er avril au 11 octobre) dus à la suspension des cours pour cause de pandémie de covid-19. Et la rentrée scolaire intervient sur fond de crise sanitaire, puisque le pays continue de faire face à la pandémie. Avec tout ce que cela induit de conséquences impactant la vie scolaire. Le ministre en charge de l’enseignement en a d’ailleurs informé l’opinion nationale.

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