Sélectionner une page

La Lettre de Yakamambu

Mon très cher Mbulunkwé, mboté!

La saison des mangues a commencé. C’est vraiment le temps des mangues, surtout des mangues vertes. Dommage que l’on ne les laisse pas mûrir sur les manguiers! Ainsi au, marché Total, au marché de Bouemba, comme à chaque coin de rue, on vous les vend un peu cher.
Notre ami commun Yakamambu, n’ayant pas trouvé sur les étals les mangues dites «mata-tshebo» ou «bamangulu ya mupé», parce qu’introduites au Congo par Mgr Prosper Augouard au 19ème siècle, a estimé aller les chercher à la source, c’est-à-dire à la forêt de la corniche de Mfoa. Pour s’y rendre, il a emprunté la rue Bala-Bala. Cette dernière n’est plus accessible. Le vieux Moungobola, le célèbre mécanicien de Bac-city, en a fait son garage et son parking.
En effet, cette rue est devenue carrément un cimetière d’épaves de voitures dont certaines sont devenues des gîtes, des repaires de chats errant et des chenils des chiens abandonnés, des vespasiennes pour les hommes sans pudeur. Qui plus est, certaines épaves de voitures sont devenues des épaves potagères qui, d’ici là, vont concurrencer les zones maraîchères d’Agri-Congo à Mayanga, au bord du Djoué, du quartier Kombé, dans le 8ème arrondissement Madibou, et de l’arrondissement 6 Talangai. L’on y trouve surtout des tomates, du badi et des choux de Chine, vulgairement appelés «l’indif».
D’autres rues de Mfoa sont devenues des parkings privés. Cela se voit partout, dans les dix arrondissements de Mfoa. Certains citadins, en l’occurrence les nouveaux riches propriétaires de véhicules 4/4 de puissance V6 et V8, qui se croient tout permis, parce que «petits d’untel», parce qu’ayant du parapluie, donc intouchables, ont transformé les devantures de leurs parcelles en parkings privés réservés uniquement à leurs véhicules et les trottoirs en bacs de fleurs de toutes sortes: hibiscus, cactus, bougainvilliers, palmiers d’agrément. Ce qui empêche les usagers à circuler librement et aisément.
Tiens! L’autre jour, un mal voyant a trébuché contre ces bacs. Il a failli se casser la figure, n’eut été le secours d’un quidam bon samaritain. Eu égard à ce qu’il voit dans Mfoa, Yakamambu se demande s’il y a encore, à Mfoa, des autorités ayant de la poigne. C’est pourquoi il va aller voir le bourgmestre principal, Didyme, pour lui en parler. Il voudrait lui demander patriotiquement de rappeler aux uns et aux autres que la rue est un domaine public que l’on ne peut occuper sans l’autorisation de la mairie. D’autre part, il voudrait l’inviter à tout mettre en œuvre, pour que Mfoa ne devienne une ville sans loi, comme au far-west de Kit Carson et de Buck John. Au revoir et à bientôt.
Diag-Lemba

Abonnez-vous à notre newsletter et rejoignez les 11 autres abonné·es de notre liste.
close
Abonnez-vous à notre newsletter et rejoignez les 11 autres abonné·es de notre liste.

A propos de l'auteur

l'horizonafricain

L'horizon Africain, un journal d'information paraissant au Congo Brazzaville

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

heure locale

25 novembre 2020, 15: 09

L’editorial de la redaction

IL NE FAUT PAS PÉNALISER LES GÉNÉRATIONS FUTURES

On a hérité de la période de vaches grasses, quand les budgets de l’Etat étaient excédentaires grâce à la manne pétrolière (2004 à 2014), des habitudes qui, aujourd’hui où l’on gère les vaches maigres, risquent de pénaliser les générations futures, en raison des ardoises qu’accumule l’Etat chaque année. On pourrait alors se retrouver en porte à faux avec le principe de l’équité intergénérationelle.

Lire la suite

Votre Publicité

Archives

Statistiques de notre site

  • 44
  • 30
  • 2 447
  • 6 297
  • 852
  • 653
  • 18 novembre 2020

Votre météo

booked.net