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La Lettre de Yakamambu

Mon très cher Mbulunkwé, mboté.

Notre ami commun Yakamambu me demande de te faire part de ce qu’il a constaté, ces derniers temps, à Mfoa, la capitale. En effet, il a remarqué que Mfoa devenait de plus en plus une ville marchande. En tout cas, les trottoirs de nos grandes avenues ne sont plus ces chemins surélevés de chaque côté, aménagés pour la circulation et la sécurité des piétons. On y trouve actuellement des étalages où sont vendus et exposés à qui mieux mieux, de la pacotille, des friperies dont des maillots de corps et autres slips de qualité douteuse; des nattes à même le sol sur lesquelles l’on vend de tout: des légumes, des fruits, du pain et des beignets exposés aux intempéries et aux mouches colporteuses de maladies comme la fièvre typhoïde, par exemple.
Tout cela, dit-on, pour lutter contre la misère galopante dans notre pays. Cette misère qui a donné, à tout un chacun, des idées mercantilistes. Que ne ferait-on pas pour gagner sa vie? Que ne ferait-on pas pour élever et nourrir ses enfants d’une part et payer les frais d’écolage et scolaires des enfants dans cette ville de Mfoa où devant la défaillance de l’école publique, l’on est obligé de les inscrire dans des écoles privées qui sont légion dans nos quartiers, d’autre part? Que ne ferait-on pas pour appliquer le fameux article 15 de la débrouillardise? Que ne ferait-on pas pour avoir des «coopes»? Que ne ferait-on pas pour gagner sa dignité de père de famille, de mère de famille, d’homme tout court? «La vraie dignité de l’homme et son excellence résident dans ses mœurs, c’est-à-dire dans sa vertu; la vertu est le patrimoine commun des mortels, à la portée de tous, des petits et des grands, des pauvres et des riches», dixit Léon XIII. Qui plus est, la dignité, c’est ce qui nous reste quand nous avons tout perdu.
De son côté, Mère Teresa de Calcutta affirme: «La nudité ne concerne pas seulement les vêtements; la nudité, c’est aussi le manque de dignité humaine et de cette magnifique vertu qu’est la pauvreté, ainsi que le manque de respect des uns envers les autres».
Yakamambu persiste et signe avec le Père Joseph Wresinski que «la misère commence là où sévit le non-respect des droits de l’homme. La misère n’est pas une fatalité. C’est une maladie du corps social et condamnée à disparaître. La misère est l’œuvre des hommes et seuls les hommes peuvent la détruire. La misère est une violation des droits de l’homme et une atteinte à la dignité humaine. La lutte contre la misère est un devoir sacré fondé sur le respect de l’égale dignité de tous les êtres humains. Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, il faut s’unir pour la combattre, la refuser et résister à l’inacceptable».Dans un monde sans vérité, la liberté perd ses fondements, comme la dignité et la vie perdent aussi leurs fondements.Comprenne qui pourra.
Au revoir et à bientôt!

Diag-Lemba.

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20 octobre 2020, 12: 32

L’editorial de la redaction

L’ÉDUCATION, LA FORCE ET LA QUALITÉ DE LA SOCIÉTÉ!

Ainsi donc, les élèves congolais ont renoué avec le chemin de l’école depuis le lundi 12 octobre. Après pratiquement six mois et demi d’inactivités (du 1er avril au 11 octobre) dus à la suspension des cours pour cause de pandémie de covid-19. Et la rentrée scolaire intervient sur fond de crise sanitaire, puisque le pays continue de faire face à la pandémie. Avec tout ce que cela induit de conséquences impactant la vie scolaire. Le ministre en charge de l’enseignement en a d’ailleurs informé l’opinion nationale.

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