Can Côte d’Ivoire 2023

La débâcle éhontée des Diables-Rouges à Bamako suscite des questions !

Nous avons l’impression que le département ministériel en charge des sports est une patate chaude pour tous ceux qui sont nommés successivement à sa tête. Quand on parle de sport, on pense d’abord au football, le sport-roi dans notre pays. Dès les années 70, le Congo s’est révélé comme une grande Nation de football, en remportant la Coupe d’Afrique des Nations et la Coupe d’Afrique des clubs champions. Depuis, il n’y a que le handball qui, dans les années 80, a hissé le pays sur les sommets du continent. Après, on a eu une éclaircie avec les Léopards de Dolisie, qui ont remporté la Coupe de la Caf en 2012. Autrement, la courbe de la performance du football congolais ne fait que baisser. Aujourd’hui, le niveau du football congolais donne des soucis et fait même pitié.

En mars 2021, le Congo était éliminé de la qualification à la Can par la modeste équipe de Guinée-Bissau, sur un score de 0-2. A l’époque, cette disqualification surprise avait fait couler beaucoup de salive et d’encre. La récente débâcle des Diables-Rouges à Bamako, au Mali, battus sur un score fleuve de 4 buts à zéro, des buts encaissés dès la première mi-temps, est l’exemple patent des maux qui rongent le sport au Congo: mauvaise gestion financière et absence de transparence; manque de préparation sérieuse et de rigueur au travail; pression sur les entraîneurs; ingérence, esprit partisan et passion dans la gestion des sélections nationales; corruption dans l’organisation des compétitions et championnats nationaux, etc. Il n’y a qu’à voir la préparation médiocre de la sélection nationale pour ce match de Bamako, pour comprendre que les Congolais allaient mordre la poussière.

Des phases de jeux qui démontrent que les Diables-Rouges n'étaient pas tellement dans le jeu contre les Aigles du Mali
Des phases de jeux qui démontrent que les Diables-Rouges n’étaient pas tellement dans le jeu contre les Aigles du Mali.

Du coup, les mordus du sport, toutes disciplines confondues, se montrent critiques, voire très critiques à l’endroit des dirigeants sportifs. Le football est le sport pour lequel l’Etat décaisse régulièrement les budgets et des sommes importantes. Mais, les résultats ne suivent toujours pas. Quand l’équipe perd, les dirigeants de la Fécofoot gagnent de l’argent, puisque les primes des joueurs sont réduites et le différentiel n’est pas reversé au Trésor public. Dans ces conditions, comment ne pas imaginer que les défaites de l’équipe nationale font l’affaire des dirigeants sportifs?

Quand l’équipe gagne, ce sont les joueurs qui gagnent de l’argent, puisqu’ils touchent leurs primes en totalité. C’est le paradoxe de la gestion du football congolais qui, jusqu’à présent, à du mal à faire son entrée dans le professionnalisme. Les états généraux du football congolais, tenus du 16 au 18 mars 2022, à Brazzaville, sous l’égide du ministre en charge des sports ont fait le diagnostic de notre football et dresser des stratégies pour le rendre performant. Ils ont adopté 14 recommandations dont le Ministère des sports se doit d’obtenir la mise en œuvre. Parmi ces recommandations, il y a la question du financement comme «l’octroi, par l’Etat, d’une subvention aux clubs d’élite», «l’augmentation des subventions allouées aux compétitions internationales», et la création de la «Congolaise de football comme l’une des sources de financement du football».

Le football congolais souffre de trop de maux, dont la mauvaise gestion financière.
Le football congolais souffre de trop de maux, dont la mauvaise gestion financière.

Il y a la question des infrastructures et à ce propos, la mise aux normes du Stade Alphonse Massamba-Débat est la première réponse que le gouvernement vient de donner. Il y a aussi la question de la formation des athlètes. Les états généraux ont recommandé «la dynamisation de la pratique du football à l’école». Mais, il faut tout de même un centre de formation digne de ce nom. Celui du Stade Alphonse Massamba-Débat a marché un moment, de 2003 à 2005. Il ne fonctionne plus depuis par manque de subvention. On attend l’ouverture du Centre de formation de Kintélé. Comme quoi, c’est bien de faire recours aux professionnels de la diaspora. Mais, les conditions de la relance du football congolais sont à réunir au niveau local et à ce sujet, les recommandations des états généraux constituent un programme de base dont il faut souhaiter la mise en œuvre par le gouvernement. Autant dire que les états généraux étaient vraiment les bienvenus, car ils ont permis de faire bouger les pouvoirs publics sur le sort du sport dans le pays.

Les infrastructures et le financement du sport incombent au gouvernement. Mais, la qualité du football et le niveau technique à la fédération et aux clubs. Un débat doit s’instaurer sur le fait que le champion national ne fait pas grande figure quand il arrive sur la scène africaine, à l’exception de l’Ac Léopards qui a honoré le pays d’une coupe africaine en 2012. L’A.s Otohô domine le football congolais depuis cinq saisons, mais cette équipe fait piètre figure quand elle arrive sur la scène africaine. Il y a quelque chose qui ne va pas. Le foot congolais va mal. Les supporters congolais souffrent de ne plus voir leurs équipes faire des prouesses sur la scène africaine. Il faut régler cette histoire, car le Congo est une grande Nation de foot!

 Luze Ernest BAKALA