Orphelin de son président-fondateur, Guy-Brice Parfait Kolélas, l’U.d.h Yuki (Union des démocrates humanistes), après la réconciliation de ses dirigeants, s’organise à prendre une part active aux élections législatives et locales de juillet 2022. Dans l’interview qu’il nous a accordée, Justin Magloire Nzoloufoua, porte-parole de l’U.d.h-Yuki, révèle dans quelle condition le parti aborde les élections législatives et locales qui arrivent. Pour lui, le congrès ne peut intervenir qu’après la participation aux prochaines élections. Interview!

* Après la réconciliation, vous avez décidé de prendre part aux élections législatives et locales de juillet prochain. La parenthèse des querelles qui vous ont opposés relève dorénavant du passé?
** Cela n’a pas été facile, de vivre cette période. Là aussi, nous nous demandons si nous nous sommes bien compris. En effet, au regard de tout ce qui s’est passé, il y a de quoi se poser des questions. Vous savez que le militantisme, parlons-en, n’existe plus dans notre pays. Nous sommes là, par conviction et cela nous pousse à accepter certaines choses. L’essentiel, pour nous, c’est d’être arrivés à ce compromis qui nous a conduits à présenter des candidats. Parce qu’il y a cinq, voire huit mois, certains pouvaient parier que l’U.d.h-Yuki ne pouvait pas présenter des candidats à ces élections.

* Plusieurs observateurs de la vie politique nationale pensent que vous seriez confrontés à des problèmes organisationnels, pour bien aborder ces élections?
** Je leur dirais deux choses: la première, c’est que, quand on est dans un combat politique, il faut se fixer des objectifs. A ce stade, l’objectif, pour nous, c’est de faire plus que ce que le président Pako a réussi en son temps. C’est vrai qu’il n’est plus là. Son charisme va nous manquer. Il y a des circonscriptions qu’on avait gagnées, parce qu’il était présent. Puisqu’il n’est plus là et la manière avec laquelle nous y sommes parvenus, peut effectivement laisser dubitatifs certains d’entre nous.
J’affirme que nombreux sont dubitatifs. Vous comprenez qu’en toute chose, il faut croire à ce l’on fait. Avec le soutien de la base, je me dis que la base ne va pas trahir ses candidats. Il ne faut pas aller à ces élections avec un moral abattu. Il faut plutôt être optimiste.

* Etes-vous conscients que le nom Kolélas a pesé pour avoir autant de députés et l’absence de ce nom peut jouer en votre défaveur?
** Ce n’est pas le nom qui a pesé, c’est plutôt la personne de Guy-Brice Parfait Kolélas. Ça, je ne peux pas le nier. Il ne faut y aller avec le dos de la cuillère. Pako avait un charisme. Dans certaines circonscriptions, les candidats repoussés par la base ont été acceptés, parce qu’il venait parler. Oui, la personnalité de Pako va nous manquer. Mais son nom va jouer et pousser les populations à nous soutenir. Tous ceux qui ont cru à la pensée politique du président Kolélas doivent se lever comme un seul homme, afin de vitaliser la pensée politique de Pako.

* Au quotidien, la cohésion semble loin d’être retrouvée, alors qu’il faut aller vite au congrès, pour doter le parti des instances responsables. Ce rendez-vous ne sera-t-il pas manqué?
** Pour réussir le congrès, il faut prendre part aux élections législatives et locales. C’est pourquoi, chacun de nous a pris l’engagement d’aller à l’essentiel. Il faut se féliciter de ce qui s’est passé, parce qu’il y a des partis qui n’étaient pas dans les tumultes comme le nôtre, mais qui, aujourd’hui, ne présentent pas autant de candidats que le nôtre. C’est pour dire que s’il n’y avait pas de tumultes, on serait mieux loti. Mais, il faut aller d’abord à ces élections. Après, nous ferons notre débriefing, pour créer le boulevard qui va nous emmener au congrès. Il faut que nous allions au congrès. Un parti ne peut pas vivre tel que nous vivons maintenant. Un parti doit avoir un chef, reconnu par tous et adoubé par la base, pour qu’il prenne en mains l’avenir de ce parti.
Donc, nous donnons rendez-vous aux militants et aux sympathisants qu’au premier trimestre de l’année prochaine, le congrès du parti aura bel et bien lieu, pour doter le parti d’organes dirigeants responsables.

* Dany Bitsindou, l’un des cadres de la Fédération U.d.h-Yuki de France et l’auteur du livre «L’ultime combat de Guy-Brice Parfait Kolélas», estime qu’il fallait réunir les efforts, pour réorganiser le parti au lieu de se perdre dans les élections. Que vous inspire cet argument?
** Je comprends la démarche de mon frère Dany. Nous qui sommes sur place, nous avons la réalité du parti dans son animation au quotidien. Je pense qu’il faut consolider les acquis. Qu’on ait un nombre de députés et préparer ensuite le congrès. Au Congo, un parti sans élus nationaux ou départementaux, n’a pas d’avenir. Avoir des élus, c’est constituer le poids politique de notre parti.

Propos recueillir par
Chrysostome
FOUCK ZONZEKA

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici