La persistance de la pandémie de covid-19 aggrave les inégalités qui marquent depuis longtemps l’épidémie de V.i.h, alerte l’Unicef, dans son dernier rapport mondial sur le V.i.h et le sida, intitulé, «Aperçu mondial de l’épidémie de V.i.h et de sida», publié le 29 novembre 2021, à la veille de la Journée mondiale de lutte contre le sida, célébrée le 1er décembre de chaque année. Au moins 310 mille enfants ont été nouvellement infectés par le V.i.h en 2020, indique l’Unicef dans un rapport. Durant la même période, 120 mille enfants sont décédés de causes liées au sida.

Les enfants, les adolescents, les femmes enceintes et les mères allaitantes vulnérables sont exposés à un risque accru de se voir être privés des services de prévention et de traitement qui pourraient leur sauver la vie. «L’épidémie de V.i.h entre dans sa cinquième décennie, au moment où sévit une pandémie mondiale qui a saturé les systèmes de santé et restreint l’accès à des services vitaux. Dans le même temps, l’augmentation de la pauvreté, des problèmes de santé mentale et de la maltraitance accroît le risque d’infection chez les enfants et les femmes», souligne Henrietta Fore, directrice générale de l’Unicef.
«À moins d’intensifier les efforts pour remédier aux inégalités qui marquent l’épidémie de V.i.h, aujourd’hui exacerbées par la covid-19, le nombre d’enfants séropositifs risque d’augmenter ainsi que le nombre de ceux qui perdront leur combat face au sida», souligne le rapport.
Il est alarmant de savoir que deux enfants sur cinq vivant avec le V.i.h dans le monde ne connaissent pas leur statut sérologique et qu’à peine plus de la moitié des enfants séropositifs reçoivent un traitement antirétroviral (A.r.v). Certains des obstacles empêchant un accès adéquat aux services liés au V.i.h sont anciens et bien connus, notamment la discrimination et les inégalités de genre.
Le rapport indique que dans de nombreux pays, les services de lutte contre le V.i.h ont été considérablement perturbés au début de l’année 2020, en raison de la covid-19. Dans les pays durement touchés, les tests de dépistage du V.i.h chez les enfants ont chuté de 50% à 70% et la mise en place de nouveaux traitements chez les enfants de moins de 14 ans a baissé de 25% à 50%.
Les confinements ont contribué à la hausse des taux d’infection, en raison des flambées de violence liée au genre, de l’accès limité aux soins de suivi et des ruptures de stock des produits de base. Plusieurs pays ont également connu une importante diminution du nombre d’accouchements au sein de structures de santé, de tests de dépistage du V.i.h chez les mères et de mises en place de traitements antirétroviraux.
Même si ces services ont repris en juin 2020, le niveau de couverture reste bien en dessous de ce qu’il était avant la covid-19, et l’incidence réelle de ces perturbations demeure inconnue. En outre, dans les régions durement touchées par le V.i.h, la persistance de la pandémie pourrait perturber encore davantage les services de soins de santé et accentuer les disparités dans la riposte mondiale au sida, souligne le rapport.
En 2020, l’Afrique subsaharienne représentait 89% des nouveaux cas d’infections pédiatriques au V.i.h et 88% des enfants et adolescents séropositifs dans le monde, le risque pour les adolescentes d’être infectées par le V.i.h étant six fois plus élevé que pour les garçons. En outre, la région compte près de 88% des décès d’enfants liés au sida.

Ralph Justin
OBILANGOULOU