La communauté internationale a célébré, le 25 avril 2022, la journée mondiale de lutte contre le paludisme, sous le thème: «Exploiter l’innovation pour réduire la charge de morbidité du paludisme et sauver des vies». A cette occasion, le ministre de la santé et de la population, Gilbert Mokoki, a prononcé un message dans lequel il a indiqué qu’au Congo, «la prévalence du paludisme est passée de 79% en 2016 à 26% en 2020», grâce aux politiques et stratégies appropriées menées par le gouvernement qui a fait de la lutte contre le paludisme, sa priorité. Ci-après, l’intégralité de ce message.«Le 25 avril de chaque année, l’humanité toute entière commémore la journée mondiale de lutte contre le paludisme, cette vielle et meurtrière maladie dont les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans sont les plus vulnérables. Cette Journée offre l’opportunité de galvaniser l’engagement de toutes les parties prenantes, dans la perspective de l’élimination du paludisme à l’horizon 2030.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, le paludisme pose un problème de santé publique dans plus de 90 pays, car affectant environ 3,2 milliards de personnes, soit 40% de la population mondiale. L’Afrique est le continent le plus touché, avec 80% des décès dus au paludisme survenant dans 15 pays d’Afrique subsaharienne.
Au Congo, le paludisme demeure la première cause des consultations (69,8%), d’hospitalisation (64,8 %) et de mortalité (18,4%). Toute la population est exposée au risque de contracter cette maladie. Les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans constituent les groupes les plus vulnérables. Pour les moins de 5 ans, le paludisme représente 52,8% des causes de consultation externe, 44,1% des causes d’hospitalisations et 28% des causes de décès au niveau des hôpitaux.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, des avancées significatives ont été enregistrées au cours des 20 dernières années avec une réduction de moitié de la morbi-mortalité liée au paludisme.
Au Congo, Son Excellence Monsieur Denis Sassou-Nguesso, Président de la République, Chef de l’Etat, a fait de la lutte contre le paludisme une priorité gouvernementale. Des politiques et stratégies appropriées ont élaborées, telles que:
-le renforcement du cadre juridique par la création du programme national de lutte contre le paludisme;
– la gratuité du traitement préventif intermittent chez la femme enceinte depuis 2008;
– la gratuité du traitement du paludisme simple et grave chez les enfants de moins de 5 ans depuis février 2008;
– la réduction du coût du diagnostic et du traitement de paludisme simple dans les formations sanitaires à moins de 1500 F Cfa;
– la distribution gratuite des Moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action (Milda) aux populations.
Grâce à leur mise en œuvre, la prévalence du paludisme est passée de 79% en 2016 à 26% en 2020.
Le thème de cette année, «Exploiter l’innovation pour réduire la charge de morbidité du paludisme et sauver des vies», est une invitation à toutes les parties prenantes à changer de paradigme afin d’aller vers l’élimination de cette maladie.
Aujourd’hui, en République du Congo, en sus des stratégies de lutte connues, les traitements efficaces, le vaccin contre le paludisme est désormais disponible. Les experts sont à l’œuvre pour l’intégration de celui-ci dans les programmes élargis de vaccination. Cette année trois activités phares peuvent être citées:
– la distribution de 87 414 antipaludiques et 4138 tests de diagnostic rapide du paludisme dans les formations sanitaires publiques et les structures privées à but non lucratif au 1er trimestre, dans le but de garantir un traitement précoce et efficace;
– l’installation du programme et son équipement grâce aux appuis de CRS et du Fonds mondial;
– la distribution gratuite des 3 502 800 moustiquaires imprégnées aura lieu à partir du mois d’août.
Cependant, beaucoup d’efforts restent à faire. Pour la période 2021-2023, des ressources financières additionnelles sont attendues, pour financer la lutte contre le paludisme, à travers la campagne «Zéro palu, je m’engage!». Cette journée commémorative est l’occasion pour chacun de nous de s’interroger sur ce qu’il fait au quotidien pour venir à bout de cette maladie dans son ménage, sa communauté et dans son pays. J’invite donc chacun de nous à faire de la lutte contre le paludisme un défi quotidien dans son entité familiale, communautaire et professionnelle. «Ensemble et avec l’effort de tous, l’élimination du paludisme est possible!».