Un nouveau rapport met en évidence les discriminations dont les enfants sont victimes en matière de santé, d’éducation et d’accès aux services publics. D’après une analyse portant sur 22 pays à revenus faibles et intermédiaires, les groupes les plus favorisés sont deux fois plus susceptibles d’avoir acquis les compétences fondamentales en lecture.

Le racisme et la discrimination à l’égard des enfants du fait de leur origine ethnique, de leur langue et de leur religion sont présents dans tous les pays du monde, déplore l’Unicef dans un nouveau rapport publié en amont de la Journée mondiale de l’enfance.
Intitulé, «Des droits bafoués: Les effets de la discrimination sur les enfants», ce rapport montre l’ampleur des répercussions engendrées par le racisme et la discrimination sur l’éducation et la santé des enfants, ainsi qu’en matière d’enregistrement des naissances et d’accès à un système de justice équitable, et souligne par ailleurs les importantes disparités subies par les groupes minoritaires et ethniques.
Parmi les nouvelles constatations de ce rapport, il ressort d’une analyse menée dans 22 pays à revenus faibles et intermédiaires que les enfants issus de groupes ethniques, linguistiques et religieux marginalisés accusent un important retard sur leurs pairs sur le plan des compétences en lecture. En moyenne, les élèves âgés de 7 à 14 ans appartenant au groupe le plus favorisé sont deux fois plus susceptibles d’avoir acquis les compétences fondamentales dans ce domaine par rapport au groupe le plus défavorisé.
Par ailleurs, une analyse de données portant sur les taux d’enregistrement des naissances -une démarche indispensable à l’exercice des droits fondamentaux- a révélé d’importantes disparités entre les enfants issus de différents groupes religieux et ethniques.
La discrimination et l’exclusion renforcent le cycle intergénérationnel de la précarité et de la pauvreté et entraînent des répercussions négatives sur la santé, la nutrition et l’apprentissage des enfants qui en sont victimes. Ces derniers courent, en outre, un risque accru d’incarcération et de grossesse précoce et enregistrent des taux d’emploi et des revenus inférieurs à l’âge adulte. Tandis que la pandémie de covid-19 a mis au jour de profondes injustices et discriminations partout dans le monde et que les effets des changements climatiques et des conflits continuent de creuser les inégalités dans de nombreux pays, ce rapport souligne la persistance de discriminations et d’exclusions qui continuent d’empêcher des millions d’enfants issus de groupes minoritaires et ethniques d’accéder à la vaccination, aux services d’approvisionnement en eau et d’assainissement, ou encore à un système de justice équitable.
«En cette Journée mondiale de l’enfance, comme tous les autres jours, chaque enfant a le droit d’être inclus et protégé et de bénéficier des mêmes chances d’atteindre son plein potentiel», a conclu Catherine Russell. «Il est en notre pouvoir, et de notre devoir à tous, de lutter contre la discrimination à l’égard des enfants dans notre pays, au sein de notre communauté, à l’école, à la maison et dans nos propres cœurs».