A l’initiative d’Alexis Bongo, journaliste et présentateur d’émissions à la chaîne de télévision privée D.r.t.v, qui se présente comme l’«avocat défenseur de l’Afrique», les panafricanistes de Brazzaville s’étaient retrouvés, mercredi 25 mai 2022, au Centre culturel Zola, dans le quatrième arrondissement, Moungali, autour d’un thème évocateur et riche en symboles: «Comprendre le monde, comprendre l’Afrique que doivent comprendre les Africains aujourd’hui». Cette rencontre a coïncidé avec le 5ème anniversaire de l’émission «Convergences et révolution culturelle». Un hommage mérité a été rendu au professeur Théophile Obenga, présent à la rencontre, pour ses travaux de recherches. 

Alexis Bongo appelle les Africains à aimer leur continent, parce que l’avenir se «jouera en Afrique», croit-il. La rencontre organisée au Centre culturel Zola a rassemblé des slameurs, écrivains, journalistes, étudiants, élèves et enfants. Certains sont venus en famille, pour écouter et chanter l’Afrique. «L’Afrique qui danse et se construit par les Africains», comme l’a exprimé le poète Pierre Ntsémou.

Les participants à la conférence.
Les participants à la conférence.

Le slameur Dickson a invité l’assistance à voir cette Afrique qui est «brisée et caractérisée par les violences». Quant au professeur Roland Moukson, il affirme qu’«aucune découverte ne s’est faite sans l’apport de l’Afrique». Puis, il a exhorté les Africains à s’adonner à la science. «C’est-elle qui va développer notre Afrique», avoue-t-il.
Pour sa part, Félix Olivier Mpélé-Mvoutou a parlé de «Zou», qui est une nouvelle écriture des langues et dialectes africains, qui contribue à une meilleure sauvegarde du patrimoine de l’Afrique, surtout de ses dialectes en voie de disparition, à cause de l’influence des langues importées. Il propose le «Zou» comme moyen de faciliter l’enseignement dans nos écoles, avec nos programmes propres à nous et cela dans nos langues nationales.
Le pasteur Serge-Bienvenu Mboungou, l’auteur du livre «Maintenant l’Afrique», sous-titré, «Enjeux prophétiques et historiographiques du réveil africain», a affirmé qu’«au moment où les Africains attendent des solutions concrètes sur des questions aussi lancinantes que celles de l’alimentation, celles liées à la santé publique ou celles du chômage des jeunes, cela peut paraître curieux voire dilatoire d’envisager le relèvement du peuple africain, par le canal de la recherche prophétique et historiographique. Mais, si tant est que le problème de l’homme du troisième millénaire soit moins d’ordre matériel que d’ordre spirituel, nous devons explorer toutes les voies qui mènent à cette fin, pour des solutions idoines».
Par sa part, Mbuta Sita a parlé du «recours à l’authenticité», comme le clamait haut et fort le Président Mobutu, de l’ex-Zaïre. Il a axé son propos sur l’importance des noms et de la langue maternelle. En effet, le nom en Afrique à un sens. Certains noms sont en rapport avec certains signes. «D’autres noms ont un rapport avec quelque particularité que présente l’enfant ou avec des événements qui arrivent le jour de la naissance», a-t-il ajouté. Il revient aux Africains eux-mêmes de perpétuer leurs noms et leur culture, en retournant aux sources.
Dans sa communication, le professeur Théophile Obenga a parlé de l’oubli. Les Africains en général et les Congolais en particulier oublient tout. «C’est ça leur malheur. Notre malheur». Il a invité la jeunesse «à ne rien oublier, si elle veut réussir». «Il faut un leader avec une vision, pour construire une Nation. Il faut une vision. Il faut un rêve», a-t-il déclaré. Théophile Obenga a donné les exemples des autres peuples qui ont réussi, parce qu’ils ont associé deux choses dans leur action au quotidien: «La recherche et le spirituel». L’Afrique doit se réveiller. «Les jeunes doivent prendre leur destin en main et ne doivent pas oublier le spirituel», a-t-il ajouté.
Les organisateurs ont remis un tableau au professeur Théophile Obenga, symbolisant la force et l’énergie des Africains: «Une Afrique qui gagne», phrase fétiche d’Alexis Bongo. «L’Afrique a tout mais ne transforme rien, jusqu’à quand va durer cette situation? Il faut vite agir», lance-t-il.

Chrysostome
FOUCK ZONZEKA

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