Célébrée pour la première fois le 10 octobre 1992, la journée mondiale de la santé mentale a pour objectif d’éduquer et de sensibiliser l’opinion publique contre la stigmatisation des personnes souffrant de troubles mentaux et attirer l’attention sur l’importance de la santé mentale pour le bien-être de l’humanité. A l’occasion de la célébration de cette journée, le ministre de la santé et de la population, Gilbert Mokoki, a prononcé à la veille une déclaration radio-diffusée dans laquelle il démontre que «la santé mentale constitue une préoccupation majeure pour le Congo». Ci-après l’intégralité de cette déclaration.

Déclaration du Gouvernement relative à la journée mondiale de la santé mentale sous le thème: «Respect des droits»

Mesdames et Messieurs,
Chers Compatriotes,
Depuis 1992, les Nations unies ont décidé de porter un accent sur les problèmes de santé mentale. C’est ainsi que le 10 Octobre de chaque année, la communauté internationale célèbre la journée mondiale de la santé mentale. Cette journée vise à sensibiliser l’opinion publique aux questions liées à la santé mentale et à mobiliser les énergies en faveur de la santé mentale. Le thème retenu pour cette journée est: «Le respect des droits».
Depuis l’adoption de la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) en 2006, un nombre croissant de pays ont cherché à réformer leurs lois, politiques et services liés aux soins de santé mentale. Cependant, signale l’OMS, à ce jour, peu de pays ont établi les cadres nécessaires pour concrétiser les changements profonds exigés par les normes internationales des droits de l’homme.
L’admission et le traitement forcé, la contention manuelle, physique et chimique, les conditions de vie insalubres et les abus physiques et verbaux font partie des nombreuses violations des droits humains et des pratiques coercitives encore beaucoup trop fréquentes dans les pays du monde entier et de tous niveaux de revenus.
En effet, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que 450 millions de personnes souffrent aujourd’hui d’un désordre mental, de l’addiction à des substances toxiques, à la démence et qu’un quart de la population est concerné par ce risque. Elle déplore aussi le fait que la majorité des budgets publics consacrés à la santé mentale aille encore aux hôpitaux psychiatriques, sauf dans les pays à revenu élevé où ce chiffre est d’environ 43% et que les gouvernements consacrent moins de 2% de leurs budgets de santé à la santé mentale.
En République du Congo, le Service de psychiatrie du Centre Hospitalier et Universitaire de Brazzaville, unique structure d’hospitalisation du pays, enregistre en moyenne 1 200 admissions chaque année. Les principales pathologies enregistrées en hospitalisation sont: les psychoses délirantes aigues (43,5%), les schizophrénies (22,3%), les troubles bipolaires essentiellement en phase maniaque (16,1%) et les psychoses hallucinatoires chroniques (8,8%).
La situation des maladies mentales est accentuée par la consommation de substances psychotropes comme le cannabis (5,1%). Les pathologies enregistrées en consultations externes de psychiatrie sont dominées par les dépressions et les troubles anxieux accentués depuis la déclaration de la pandémie à covid-19.
Le pic d’apparition des maladies mentales est situé entre 15 et 25 ans, en fait des pathologies du jeune adulte et leur évolution, souvent chronique, a des conséquences préjudiciables sur la vie des patients: désinsertion sociale, familiale et professionnelle émaillent le parcours de vie de nombreux malades.
Bien que très hétérogènes, ces pathologies peuvent connaître un pronostic sévère, entre autres la stigmatisation et la discrimination de cette couche vulnérable. Ceci porte à croire que la santé mentale constitue une préoccupation majeure pour le Congo.
C’est pourquoi, le Gouvernement, par décret n°2019-226 du 13 août 2019, a créé le Programme National de Santé Mentale dont la mission est de promouvoir la santé mentale à tous les niveaux du système de santé. Une meilleure connaissance de ces questions permettrait, en effet, de renforcer la coopération internationale, afin de réaliser les enquêtes à l’échelle nationale, en vue d’améliorer la prise en charge et le respect des droits des personnes touchées par les problèmes de santé mentale.

Chers compatriotes,
Le Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Denis Sassou N’Guesso, a mis en exergue les principales conditions pour la mise en œuvre de son Programme de Société, «Ensemble, Poursuivons la Marche». Parmi lesquelles figurent en bonne place l’accès facile aux soins de santé et le renforcement de l’Etat de droit.
C’est pourquoi, le Gouvernement porte un accent particulier sur la prévention et la sensibilisation en tant que piliers essentiels pour espérer atteindre des résultats significatifs dans la prise en charge et le respect des droits des personnes affectées par les troubles mentaux.
Le Gouvernement en appelle à une sensibilisation quotidienne et permanente puisqu’un seul jour comme celui-ci ne saurait suffire pour donner une réponse efficace et efficiente aux problèmes de santé mentale dans notre pays.
Pour atteindre tous ces objectifs, le Gouvernement se doit de mettre en place une politique de santé mentale. Etant donné le caractère transversal et multidisciplinaire des problèmes mentaux, tous les acteurs sont interpellés pour l’élaboration et la mise en œuvre de cette politique. Car il y a une responsabilité commune et partagée entre les différents acteurs, notamment le Gouvernement, la société civile et les communautés.

Vive la coopération
internationale!
Vive la République
du Congo!

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