Le mardi 3 mai 2022, c’est la journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée cette année sous le thème: «Le journalisme sous l’emprise du numérique». A Brazzaville, le C.s.l.c (Conseil supérieur de la liberté de communication), en partenariat avec la représentation de l’Unesco, a programmé une journée de réflexion qui aura lieu à l’Hôtel Radisson Blu, avec des communications sur plusieurs thèmes, sous le co-patronage de Philippe Mvouo, président du C.s.l.c, et de Mme Marega Fatoumata Barry, représentante de l’Unesco au Congo.

Instituée en 1991 par l’Assemblée générale des Nations unies, la Journée mondiale de la liberté de la presse sert à rappeler aux gouvernements la nécessité de respecter leur engagement en faveur de la liberté de la presse. Elle constitue, également, une journée de réflexion pour les professionnels des médias, sur les questions relatives à la liberté de la presse et à l’éthique professionnelle. C’est ce que le C.s.l.c a décidé de faire, en conviant les professionnels de la communication à une journée de réflexion sur plueirus thèmes, notamment: «La presse et le pouvoir politique», présenté par Grégoire Léfouoba; «La place et le rôle de la presse dans le système électoral» par Bienvenu Boudimbou; «Les limites de la liberté de la presse et ses conséquences», par Ludovic Miyouna; «Le journalisme à l’ère du numérique», par Idriss Bossoto.
Ces communications constitueront le soubassement scientifique au débat sur les problèmes qui entravent le développement d’une véritable presse de niveau professionnel au Congo et surtout son expansion dans le domaine des T.i.c (Technologies de l’information et de la communication).
Après avoir conquis la liberté de la presse, avec l’avènement de la démocratie pluraliste en 1991, et au bout de plusieurs batailles pour préserver cet acquis, la presse congolaise éprouve de sérieuses difficultés pour amorcer l’entrée dans l’ère numérique. Quelques rares médias comme le quotidien Les Dépêches de Brazzaville ont su s’approprier les T.i.c (Technologies de l’information et de la communication). Leurs contenus sont disponibles et accessibles presque de manière gratuite sur la toile. Le site Internet de l’unique quotidien congolais est régulièrement mis à jour et fournit une information de qualité professionnelle au public. Quelques autres journaux comme les hebdomadaires La Semaine Africaine, Le Patriote et L’Horizon Africain, sont visibles sur le net, à travers leurs sites où ces journaux peuvent être téléchargés gratuitement en format P.d.f. Une agence en ligne, «Ba sango» propose l’achat de quelques journaux congolais en ligne. Il y a aussi des médias en ligne créés par des Congolais au Congo et ceux de la diaspora.
Par contre, beaucoup d’autres journaux ne disposent pas de sites Internet de niveau professionnel. Certains entretiennent juste des pages sur les réseaux sociaux, notamment Facebook où juste quelques articles sont affichés. Quant à la presse audiovisuelle, elle est encore totalement absente de la toile. Aucune télévision ni radio ne diffuse en streaming et ne dispose de site Internet pour présenter leurs programmes et leurs émissions.
Les médias nationaux, notamment Télé-Congo et Radio-Congo et leurs succursales départementales n’ont toujours pas commencé à se déployer sur le net, comme on peut le voir dans d’autres pays africains. Même le passage à la diffusion numérique, la fameuse T.n.t (Télévision numérique terrestre) demeure au stade de projet, alors que cette technologie est entrain d’être dépassée par la diffusion Internet. Bref, au Congo, le gouvernement ne semble pas préoccupé par l’enjeu de l’appropriation professionnel, par les médias, des T.i.c. Il y a beaucoup de discours, mais les projets dans le domaine de la communication sont toujours en stand-by depuis quelques années. Les médias congolais offrent une image de misère dans leur accès au monde numérique. Un retard qui ne s’explique que par la négligence.

                                                                                                      Ralph Justin
                                                                                                                         OBILANGOULOU

 

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