A la place d’une conférence de presse pour parler des violations des droits humains au Congo-Brazzaville, le C.a.d (Centre d’actions pour le développement), que dirige Trésor Nzila Kendet, a organisé un concert de slam, samedi 10 décembre 2022, aux ateliers Sahm, un centre culturel situé au quartier Mpissa, à Bacongo, le deuxième arrondissement de Brazzaville. Plusieurs artistes y ont pris part comme Guer2mo, Fann, Hardy Style et Master Ciel. Selon le directeur exécutif du C.a.d, Trésor Nzila Kendet, «les citoyens doivent connaître leurs droits. C’est à ce moment-là qu’ils agiront avec responsabilité». Pour bien cerner l’intérêt de ce concert de slam, l’activiste des droits humains et membre du C.a.d, Luce Benedicte Ngangoué, a répondu à nos questions.

* Le 10 décembre 1948, l’humanité adoptait la Déclaration universelle des droits de l’homme. Vous, au niveau du Centre d’actions pour le développement, vous avez organisé un concert de slam, pourquoi le slam?
** Nous avons organisé une soirée de slam, parce que le slam est un art oratoire. Les artistes sur scène déclament leurs textes. Le C.a.d pense que c’est un moyen efficace pour faire passer des messages. Le thème principal du concert porte sur les droits humains. Les artistes ont la liberté de s’exprimer sur les violations constatées, les conditions de vie des populations, etc. Le public est particulièrement jeune et c’est une occasion de les interpeller sur les dérives qui se passent dans notre pays et qu’ils aient connaissance de l’importance des droits humains.

* Pourquoi avez-vous choisi le deuxième arrondissement Bacongo alors que la ville-capitale en compte 9?
** Il n’y a pas un endroit choisi en avance pour cette activité. Simplement, les ateliers Sahm n’avaient pas une activité à cette date, raison pour laquelle nous avons saisi cette opportunité, pour réunir les artistes ici.

* Quelle lecture faites-vous des droits humains au Congo?
** En tant qu’activiste, on a encore beaucoup de travail à faire. Parce que les violations sont très fréquentes de la part des pouvoirs publics. Et la méconnaissance des droits des citoyens règne généralement chez ceux qui nous dirigent. Quand le citoyen a la connaissance de ses droits, il peut bien se défendre. Mais, quand il ne connaît pas ses droits, il n’a pas la force de se défendre. Il y a des efforts à faire de part et d’autre pour que nous soyons conformes aux textes internationaux sur les droits de l’homme que le pays a ratifiés. Et les citoyens doivent s’imprégner de ces outils, pour que ça soit une réalité. Généralement, quand nous menons nos campagnes de sensibilisation, nous nous rendons compte que les citoyens ne connaissent pas leurs droits. Les droits existent, il faut les connaître.

* A travers ces activités, pensez-vous que le message passe et que les citoyens découvrent qu’ils ont des droits?
** C’est un moyen de sensibiliser et d’informer les citoyens sur leurs droits, leur donner des arguments pour se défendre.

Propos recueillis Par Chysostome FOUCK ZONZEKA