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Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes : L’impunité des crimes contre les journalistes demeure un grand défi à relever

Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes : L’impunité des crimes contre les journalistes demeure un grand défi à relever

La Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes est célébrée depuis 2014, le 2 novembre de chaque année. Elle a été instituée par une résolution adoptée lors de la 68ème session de l’assemblée générale des Nations unies, en 2013. Cette résolution exhorte les Etats membres à mettre en place des mesures précises afin de lutter contre l’actuelle culture d’impunité. La date a été choisie en mémoire de l’assassinat, le 2 novembre 2013, au Mali, de deux journalistes français de R.f.i (Radio France internationale), Ghislaine Dupont et Claude Verlon. Nous reprenons ci-après un résumé du rapport 2018 de l’Unesco, sur les assassinats de journalistes en 2016 et 2017.

Le rapport de la directrice générale sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité est soumis, tous les deux ans, au Conseil intergouvernemental du P.i.d.c (Programme international pour le développement de la communication) en application de la décision sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité que celui-ci a adoptée à sa 26ème session, le 27 mars 2008, et renouvelée à ses sessions ultérieures de 2010, 2012, 2014 et 2016.
Dans sa dernière décision prise en novembre 2016, le Conseil intergouvernemental du P.i.d.c prie les États membres de continuer «d’informer la directrice générale de l’Unesco, sur la base du volontariat, du progrès des enquêtes judiciaires diligentées sur chaque meurtre qu’elle a condamné». Le rapport 2018 fournit une analyse des meurtres de journalistes et de personnes travaillant dans les médias, meurtres condamnés par la directrice générale de l’Unesco en 2016 et 2017. Il fait également le point sur le progrès des enquêtes judiciaires diligentées sur chacun des meurtres recensés par l’Unesco entre 2006 et 2017, sur la base des informations communiquées par les États membres.

Augmentation du nombre de journalistes tués en dehors des zones de combat

Le rapport 2018 relève qu’en 2016 et 2017, un journaliste a été tué tous les quatre jours. On a dénombré au total, durant cette période, 182 victimes et les exécutions ont eu lieu dans toutes les régions du monde. Ces décès mettent en lumière les risques extrêmes auxquels peuvent être exposés les personnes qui exercent la profession de presse. Certaines de ces attaques meurtrières se sont produites dans des pays jusque-là épargnés par de tels actes de violence extrême à l’encontre des journalistes. Toutefois, toutes les régions n’ont pas été touchées au même degré. En 2017, c’est dans la région Asie et Pacifique que le plus grand nombre de journalistes ont été tués (34 % des cas recensés), tandis qu’en 2016 c’était dans les États arabes (31%).
On a constaté, ces dernières années, une augmentation du nombre de journalistes tués en dehors des zones de conflit armé, la majorité des meurtres commis en 2017 (55%) ayant été recensés dans des pays exempts de conflit armé. Bon nombre de ces journalistes travaillaient sur des sujets liés à la corruption, au trafic et aux affaires politiques. Conformément aux observations formulées les années précédentes, les victimes sont très majoritairement des journalistes locaux.
Une hausse dans le pourcentage de femmes parmi les victimes en 2017 confirme une tendance qui se dessinait déjà les années précédentes. Toutefois, bien que la part des femmes dans le nombre total de décès ait augmenté, les journalistes qui ont perdu la vie sont majoritairement des hommes.

L’impunité, un défi qui reste encore à relever

Malgré une légère hausse du pourcentage de cas résolus (11% des cas, contre 8% en 2016), l’impunité juridique des auteurs reste la norme, pour la plupart des meurtres de journalistes. Et donc, l’impunité de ces crimes reste un défi essentiel. Ces 12 dernières années, l’Unesco a enregistré, dans le monde, 1.010 meurtres, dont 115 seulement ont été suivis d’une procédure judiciaire qui a abouti à la condamnation d’un ou plusieurs auteurs. Cela signifie que 89% d’affaires non-résolues. L’impunité des crimes commis contre des journalistes encourage les agresseurs et conduit la profession et le public à s’autocensurer. L’effet global est d’entraver toute action en faveur de la liberté d’expression et de la liberté de la presse. Cela entrave les progrès vers «l’accès du public à l’information et aux libertés fondamentales», qui est l’une des cibles convenues dans l’objectif 16.10 de dévelopment durable.
La baisse du taux de réponse des États membres à la demande d’informations de la directrice générale concernant les suites judiciaires données à ces homicides marque une évolution préoccupante. Cependant, bien que ce taux de réponse ait diminué de 10 points de pourcentage (passant de 74% en 2017 à 64% en 2018), 15 États membres ont répondu à la demande d’informations de la directrice générale concernant les mesures prises en faveur de la sécurité des journalistes et s’agissant de la question de l’impunité.
Le rapport se concentre sur le meurtre des journalistes, forme ultime de censure. Mais, ce n’est que la pointe d’un iceberg d’agressions qui vont d’agressions physiques non létales, enlèvements, détentions illégales, menaces, harcèlement hors-ligne et en ligne à des représailles contre des membres de la famille. Le renforcement de la sécurité des journalistes dans le monde et la lutte contre l’impunité des crimes commis contre des journalistes nécessitent donc un effort concerté de toutes les parties concernées.

Conclusion

Comme on peut le constater, le rapport de l’Unesco donne une vue d’ensemble des données collectées concernant les meurtres de journalistes perpétrés entre le 1er janvier 2016 et le 31 décembre 2017. Il analyse, par ailleurs, l’état d’avancement des enquêtes judiciaires relatives aux meurtres recensés par l’Unesco depuis 2006, en se fondant sur les informations communiquées à l’organisation par les États membres. En 2016-2017, l’Unesco a recensé 182 meurtres de journalistes. Ce qui marque une légère baisse par rapport à 2014-2015. Cependant, comparé aux années antérieures, par exemple 2007-2011, ce nombre reste élevé. En 2017, c’est dans la région Asie et Pacifique que le plus grand nombre de journalistes ont été tués (34% des cas recensés), tandis qu’en 2016, c’était dans les États arabes (31%).

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l'horizonafricain

L'horizon Africain, un journal d'information paraissant au Congo Brazzaville

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03 décembre 2020, 11: 54

L’editorial de la redaction

LES CÔTÉS AMERS DE LA DÉMOCRATIE!

Des milliers de supporters du Président Donald Trump ont manifesté, samedi 14 novembre dernier, à Washington, pour protester, une fois de plus, contre la présumée «fraude électorale» qui aurait privé leur champion de sa victoire à l’élection présidentielle du 3 novembre. Ils sont allés manifester leur colère jusque devant la Cour suprême des Etats-Unis, dans le quartier du Capitol Hill, comme pour appuyer les recours en justice introduits par les avocats du Président Trump. C’est la démocratie, peut-on dire! Mais, la démocratie a ses côtés amers et on l’oublie souvent.

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