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Joe-Washington Ebina, membre de la plateforme de défense des droits de l’homme : «Nous irons à Nkayi manifester notre soutien à la famille de Mlle Merveille Bazonzila»

Joe-Washington Ebina, membre de la plateforme de défense des droits de l’homme : «Nous irons à Nkayi manifester notre soutien à la famille de Mlle Merveille Bazonzila»

Le décès inopiné de Mlle Merveille Bazonzila, une jeune femme malentendante arrêtée par la gendarmerie pour défaut de bavette, emmenée au poste, relâchée vers 21h et qui a été retrouvée morte dans sa chambre le lendemain, a suscité une grande indignation et une vague de colère chez les jeunes de N’Kayi. Des témognages rapportent qu’elle aurait été bastonnée pendant sa détention. Dans un entretien que nous avons eu le samedi 3 octobre 2020, à l’Hôtel Saphir, Joe Washington Ebina, qui condamne fermement cet acte qu’il qualifie de crime, appelle à la solidarité de tous pour soutenir la famille de la défunte. Il donne également son point de vue sur la gestion de la pandémie de covid-19 et l’allègement du couvre-feu.Interview!

*Monsieur Joe Washington, vous êtes sûrement au courant du décès inopiné, chez elle, de Mlle Merveille Bazonzila, à Nkayi,après son arrestation et sa garde-à-vue à un poste de gendarmerie, pour non port de bavette. Qu’en dites-vous?

** Les organisations de la société civile qui luttent pour la défense des droits de l’homme ont condamné ce crime odieux. Et d’ailleurs, nous irons à Nkayi pour manifester notre soutien à la famille endeuillée.Je vous rappelle que Mlle Merveille Bazonzila étaitsourde-muette et enceinte de trois mois. Cela est un crime et nous demandons que les responsabilités soient dégagées. On ne peut accepter que des citoyens soient tués par ceux qui sont supposés les protéger.
Concernant la réaction de la population locale, désormais opposée farouchement au port des masques, elle a pleinement raison. Aucun droit n’est donné à un gendarme ou à un policier, quel qu’il soit, de mettre un terme à la vie d’un citoyen. Cela est inadmissible et incompréhensible.Mais,s’il y a des gendarmes pourris, il faut les écarter des effectifs. Car cela est en train de salir la bonne image que les Congolais ont de la gendarmerie.

*Vous êtes l’une des figures de proue de la plateforme de la société civile congolaise qui a su peser pour l’allègement du couvre-feu, eu égard aux souffrances endurées par les populations. Maintenant que c’est chose faite, quelle est votre réaction?
** Je crois que c’est tout à fait normal. Car, gouverner un peuple, c’est aussi prendre en considération la situation précaire de la population qui n’a que trop souffert du poids d’un couvre-feu qui n’était plus adapté à sa triste réalité. Beaucoup de familles ontsouffert. Tout cela, à cause du couvre-feu qui, malheureusement, était en train finalement d’asphyxier les populations.
Pour cela, je rends simplement hommage à ces populations qui, malgré les difficultés,ont fini par s’en sortir. Mais, il faut avouer que cette fois-ci, le niveau d’asphyxie était trop élevé. C’est d’ailleurs ce qui a justifié nos différents plaidoyers dans ce sens, notamment aux marchés Tié-Tié, à Pointe-Noire, et Tâ Ngoma à Brazzaville. Il s’est agi,pour nous,de prendre à bras le corps cette situation qui devenait insoutenable.

*Récemment, une délégation de la commission santé du sénat a fait la ronde des centres de prise en charge des malades de covid-19. Constat officiel: plus aucun malade alité. Qu’en dites-vous?

** Pour nous, la gestion de la pandémie de covid-19 au Congo est comparable à la gestion actuelle du pays, donc chaotique. Car, quand la gestion est claire, tout le monde y adhère. Voila pourquoi, dès les premiers jours du déclenchement de cette pandémie, beaucoup de populations n’ont jamais cru à cette maladie, alors qu’elle existe. La preuve, aujourd’hui, Donald Trump, Président de la première puissance mondiale, a été testé positif. Ça veut dire simplement que c’est une maladie qui est réelle.
Mais,nous déplorons qu’au niveau de notre pays, la communication n’a pas été adaptée. On peut aussi noter le sous-équipement des hôpitaux et des équipes de prise en charge des malades. Les populations n’ont pas été associées dans une visibilité beaucoup plus claire. Ce qui a créé le doute au sein des populations. Il faut rendre grâce à Dieu qui a su garantir l’immunité sanitaire des Congolais. Cela n’a pas favorisé une forte propagation de la maladie. Seulement, il faut rappeler qu’il y a plus fort que le coronavirus, notamment la misère du peuple. Le peuple a aussi besoin de se nourrir et faire face à certaines maladies qui datent depuis la nuit des temps, telles que le paludisme.

*Il y a environ sept mois que la pandémie de covid-19 sévit dans notre pays. Cette pandémie est désormais sous contrôle, d’après les dires des autorités habilitées. Quelles leçons peut-on tirer de sa gestion?

** La pandémie de covid-19 a dévoilé les maux qui minent notre système de santé, en l’occurrence sa caducité. Il faut donc dire que le Congo est incapable, de nos jours, de faire face à toute sorte de catastrophes sanitaires. Souvenez-vous du drame du 4 mars 2012 où nos hôpitaux, notamment ceux de Brazzaville, étaient débordés. Il n’y avait même pas de sparadrap. C’est dire qu’on n’est préparé à rien. Donc, il faut tirer les leçons de ces drames, pour mieux préparer et dynamiser notre système de santé de façon conséquente.Si nous ne préparons rien, la population continuera à subir le martyr et les dirigeants vont toujours aller se soigner à l’étranger. Pour que cela cesse, il faut sérieusement que le gouvernement puisse mettre un accent particulier sur le domaine de la santé.Il s’agit de faire de telle sorte que la santé soit la principale priorité dans les actions du gouvernement.

*Avez-vous un appel particulier à lancer à l’endroit de l’opinion nationale?

** Oui, mon appel particulier pour le moment, c’est celui de la solidarité de tous envers la famille de la jeune Merveille Bazonzila qui nous a quittés.Il revient donc à toutes les bonnes volontés d’agir et d’exprimer notre solidarité à la famille de la disparue, cette fille de la République qui n’a fait du mal à personne. Pour nous, ce mal ne restera jamais impuni. Car, ne pas porter un masque n’est pas un crime. Mais où sont tous les criminels de la République qui,au quotidien, détournent des fonds?

On ne peut pas comparer cela à une jeune fille qui ne faisait que du commerce pour sa survie.

Propos recueillis par
Hervé EKIRONO

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28 octobre 2020, 00: 46

L’editorial de la redaction

L’ÉDUCATION, LA FORCE ET LA QUALITÉ DE LA SOCIÉTÉ!

Ainsi donc, les élèves congolais ont renoué avec le chemin de l’école depuis le lundi 12 octobre. Après pratiquement six mois et demi d’inactivités (du 1er avril au 11 octobre) dus à la suspension des cours pour cause de pandémie de covid-19. Et la rentrée scolaire intervient sur fond de crise sanitaire, puisque le pays continue de faire face à la pandémie. Avec tout ce que cela induit de conséquences impactant la vie scolaire. Le ministre en charge de l’enseignement en a d’ailleurs informé l’opinion nationale.

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