Sélectionner une page

Jean-Claude Moboussé, médecin-colonel, directeur départemental de la santé à Brazzaville : «Nous avons un environnement qui se décharge, mais nous ne sommes pas à la fin de l’épidémie»

Jean-Claude Moboussé, médecin-colonel, directeur départemental de la santé à Brazzaville : «Nous avons un environnement qui se décharge, mais nous ne sommes pas à la fin de l’épidémie»

Dans notre précédente édition, nous avons rendu compte de la baisse «miraculeuse» du nombre de malades covid-19 au Congo. Réagissant à cela, le directeur départemental de la santé à Brazzaville, le médecin-colonel Jean-Claude Moboussé, appelle les Brazzavillois et, au-delàs, les Congolais, à continuer d’observer les gestes barrières destinées à prévenir la propagation du coronavirus, car la ville-capitale demeure l’épicentre de la pandémie, en dépit de certains propos entendus ça et là. «Nous avons un environnement qui se décharge», reconnaît-il. «Mais nous ne sommes pas à la fin de l’épidémie», ajoute-il. Interview.

* Monsieur le directeur départemental de la santé, la ville de Brazzaville est encore l’épicentre de la pandémie. A ce jour, pouvez-vous dresser un bilan de la riposte à la covid-19?
** Merci, Monsieur le journaliste, pour l’occasion que vous me donnez d’échanger sur cette terrible pandémie. Je vous rappelle que la ville de Brazzaville, comme celle de Pointe-Noire, demeure toujours l’épicentre de la pandémie. Il faut le retenir et ne pas être gagné par une certaine opinion qui pense que le nombre de malades a baissé. Dans les sites de prise en charge, comme la Clinique municipale Albert Leyono de Ouenzé, l’Hôpital d’amitié sino-congolais de Mfilou et l’Hôtel hôpital la Concorde de Kintelé, il y a moins de malades graves actuellement. C’est vrai! Mais, cela n’est qu’une tendance, qui a été d’ailleurs observée dans certains pays du monde qui, aujourd’hui, sont surpris par la remontée de la pandémie.
Je crois qu’il faut qu’on soit prudent, parce que cette maladie est très dangereuse, au risque de créer la panique dans le quotidien des populations. Je pourrais dire que pour le moment, les cas sont là et nous ne sommes pas à la fin de l’épidémie. Même lorsqu’on est à la fin de l’épidémie, il y a une démarche épidémiologique qu’il faut observer. On peut affirmer qu’on a observé une tendance, mais nous sommes encore en pleine pandémie.
* Dans le cadre de l’assistance humanitaire apportée par les partenaires opérationnels dans la riposte, quelle appréciation faites-vous de cet appui, depuis le déclenchement de la pandémie et l’identification des premiers cas?
** Evidemment, dans cette riposte, depuis la phase préparatoire jusqu’au stade 3 de cette pandémie qui est communautaire, nous avons connu l’appui de plusieurs partenaires tels que l’O.m.s (l’Organisation mondiale de la santé), l’Unicef (l’Organisation des Nations unies pour l’enfance), la C.r.c (la Croix-Rouge congolaise) et bien d’autres. Ces partenaires ont beaucoup fait, ils ont même accéléré la préparation à la riposte. Leur appui est conséquent et positif, ce qui nous a permis d’être efficacement présents partout dans le Département de Brazzaville et dans le pays. C’est un appui qui est d’une grande importance et chapeau à ces bailleurs de fonds et ces organismes bilatéraux et multilatéraux qui appuient et assistent notre pays dans cette phase de riposte.
* Etant donné que Brazzaville et Pointe-Noire demeurent l’épicentre de la pandémie, quel message donnez-vous aux populations?
** Le message est traditionnel: celui du respect obligatoire des gestes barrières. Le port obligatoire et correct du masque, le respect de la distanciation physique, se laver les mains à chaque occasion. Tous ces gestes sont connus. Les messages sont les mêmes et ils demeurent en vigueur. Il n’y a donc rien à changer. Nous avons, évidemment, un phénomène: il y a des gens qui se permettent de nier l’existence de la maladie ou encore qui ont peur, ce qu’on appelle la phobie. Non, il ne faut pas que les gens aient peur. Nous avons affronté beaucoup d’épidémies dans ce pays: le sida, le choléra, le paludisme, etc. Encore qu’il y ait une couche de la population qui résiste à cette pandémie de covid-19. Nous savons que les sujets à risques sont les personnes qui souffrent de plusieurs pathologies et ceux qui ont un âge plus avancé. Maintenant, ceux qui pensent que la maladie n’existe pas, ils se trompent. Si une personne constate qu’il a des ennuis de santé, ce n’est pas bon de se replier sur soi. Il doit se rapprocher d’un centre intégré de soins de santé. A ce niveau, nous avons mis plusieurs procédures: on peut orienter le malade vers un hôpital de base ou un site spécifique. Nous avons des protocoles thérapeutiques qui marchent.
Donc, il n’est pas question de se déconnecter des grandes mesures éditées par les pouvoirs publics. Nous avons un environnement qui se décharge; l’épidémie est en train de se décharger. Quand on va passer à un dépistage à grande échelle, nous allons découvrir beaucoup de choses, c’est sûr. Nous nous préparons à cette action. Mais, il n’est pas question de capituler et de denier la maladie. Il faut continuer à travailler et respecter les gestes barrières, les mesures édictées par la science et respecter l’itinéraire thérapeutique d’un malade. Ne pas se replier sur soi, ne pas prendre les médicaments par son propre gré. Il faut faire recours au personnel soignant et assermenté qui se trouve d’abord dans un centre de santé intégré.

Propos recueillis par
Chrysostome
FOUCK ZONZEKA

A propos de l'auteur

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

heure locale

20 octobre 2020, 12: 17

L’editorial de la redaction

L’ÉDUCATION, LA FORCE ET LA QUALITÉ DE LA SOCIÉTÉ!

Ainsi donc, les élèves congolais ont renoué avec le chemin de l’école depuis le lundi 12 octobre. Après pratiquement six mois et demi d’inactivités (du 1er avril au 11 octobre) dus à la suspension des cours pour cause de pandémie de covid-19. Et la rentrée scolaire intervient sur fond de crise sanitaire, puisque le pays continue de faire face à la pandémie. Avec tout ce que cela induit de conséquences impactant la vie scolaire. Le ministre en charge de l’enseignement en a d’ailleurs informé l’opinion nationale.

Lire la suite

Je m’abonne à la newsletter de l’horizon africain

Votre Publicité

Archives

Statistiques de notre site

  • 39
  • 37
  • 1 681
  • 3 551
  • 424
  • 579
  • 18 octobre 2020

Votre météo

booked.net