C’est une recherche minutieuse sur des faits, sur des évènements et en toute objectivité, dans l’unique souci d’informer, de porter de la lumière sur un sujet à controverses. Pour le médecin, il s’agit d’effectuer des examens complémentaires, pour explorer une anomalie. Pour le magistrat, c’est tout entreprendre, pour confondre un coupable.
Et il y a le journalisme! Dans certaines Cités, il est consacré ce qu’on appelle le journalisme d’investigation, une sorte de regard, parfois inquisiteur, sur les sujets délicats. Dans le principe, ce genre de journalisme est réputé indépendant de la politique et de toutes formes de pression ou de harcèlement. Il est soumis au strict respect de la vérité, en vérifiant ses sources, la véracité de ce qu’il rapporte et en protégeant ses sources.
Dans les faits, ce type de journalisme est souvent en connivence avec les structures d’enquête, police, juges d’instruction et autres formes d’organisation civile, de telle sorte qu’il a plutôt tendance à soutenir des causes qu’à révéler des situations illicites. Alors, «la légitimité du journalisme dit d’investigation est mince, quand elle ne procède que de la curiosité malsaine du public» ou de l’instrumentalisation au profit d’une cause. C’est certainement cela, entre autres, qui fait dire à Pierre Péan que «le journalisme d’investigation n’existe pas».
Il n’est pas question de soutenir les pratiques obscures dans la gestion des Cités. Il est question de défendre le principe de la présomption de l’innocence. Le risque est trop grand de jeter, en pâtures aux chiens, des personnes innocentes. Et puis, il faut savoir d’abord balayer devant chez soi. Quand on voit l’étendue de la corruption dans une institution supranationale au Septentrion et qu’aucun journalisme d’investigation ne précède le juge pour en parler, on est en droit de se demander pour qui il roule, lorsque ce sont des éphémères d’ailleurs qui sont concernés. Il ne doit pas y avoir d’investigations à géométrie variable. Ce type de journalisme doit être un garant et non un valet.

Prométhée