Dans la perspective de l’inscription de la rumba congolaise sur la «Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité» (L.r.p.c.i.h) de l’Unesco, son comité scientifique, composé des représentants des deux Congo, a organisé, du 3 au 4 décembre 2021, une table-ronde sur la rumba, à la présidence de l’Université Marien Ngouabi, à Brazzaville. Deux jours durant, les participants, une soixantaine, ont échangé autour de plusieurs communications regroupées en des panels. Les échanges ont porté sur les aspects liés à l’origine, à l’histoire, à la sociologie, à l’évolution et à l’économie de la rumba congolaise.

La table-ronde a débouché sur une série de recommandations dont celle d’inscrire la rumba congolaise dans les programmes scolaires et académiques. Développant le thème sur la «rumba:un courant philosophique des systèmes de représentations bantou», le Pr Grégoire Léfouoba a indiqué que la rumba est un facteur de rapprochement. Elle prouve notre consanguinité aux plans culturel et physique. «La rumba est la philosophie du partage et possède une dimension ésotérique», a-t-il déclaré. Il a demandé d’avoir une pensée pieuse pour le journaliste et chercheur Mfumu, «parce qu’il aura été celui qui nous a aidés à avoir le langage approprié pour que cet élément passe. Je pense que les bantus de l’Afrique centrale auront donné quelque chose de supplémentaire à l’Unesco», a-t-il poursuivi.
Le Pr André Yoka Lye Mudaba, président du comité scientifique de la RD Congo, compagnon de feu le journaliste Mfumu Fylla avec qui il a milité pour la valorisation de la rumba, a dit qu’ils sont dans le sprint pour la proclamation de la rumba congolaise sur la L.r.p.c.i.h. «Nous nous préparons, c’est une fête de l’esprit que nous avons inaugurée avant la fête tout court», s’est-il réjoui, remerciant par ailleurs les autorités du Congo-Brazzaville pour l’accueil réservé à toute sa délégation, et la presse pour son appui à la cause de la rumba.
Outre la recommandation sur l’enseignement de la rumba dans les cycles de formation, les participants ont décidé de faire publier les actes de cette table-ronde dans de brefs délais, afin de contribuer à une plus grande visibilité de cet événement. Pour cela, les communicateurs ont été priés de mettre leurs communications à la disposition du secrétariat, qui va contacter une maison d’éditions dès la semaine prochaine, a dit le ministre de la culture et des arts, Dieudonné Moyongo. Celui-ci espère que d’autres travaux prendront le relai de cette table-ronde, surtout que des échanges et des recherches conjointes seront menées entre chercheurs congolais, africains et afro-descendants, pour asseoir «notre patrimoine culturel commun qui deviendra, sous peu, patrimoine de l’humanité, sur de solides fondements scientifiques».
A cette occasion, le comité scientifique a décoré le ministre Dieudonné Moyongo pour son plaidoyer dans la démarche d’inscription. La décoration est un nouveau geste de solidarité entre nous, a précisé le Pr Yoka.
Notons que le processus d’inscription sur la liste représentative du patrimoine immatériel de l’humanité se déroule en plusieurs étapes et il y a des critères établis par l’Unesco qu’il faut remplir, parmi lesquels la contribution des communautés scientifiques et l’implication des Etats.

Urbain NZABANI

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