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Il ne faut pas pénaliser les générations futures

On a hérité de la période de vaches grasses, quand les budgets de l’Etat étaient excédentaires grâce à la manne pétrolière (2004 à 2014), des habitudes qui, aujourd’hui où l’on gère les vaches maigres, risquent de pénaliser les générations futures, en raison des ardoises qu’accumule l’Etat chaque année. On pourrait alors se retrouver en porte à faux avec le principe de l’équité intergénérationelle.
Un mandat présidentiel va s’achever sans qu’on ait réussi à rétablir les équilibres financiers de l’Etat. A la place, les arriérés et donc les dettes s’accumulent, chaque année: dette sociale; dette commerciale, etc. L’Etat n’est plus capable de payer à la fois les bourses, les pensions, les salaires de ses fonctionnaires et les budgets de transfert. Faute de réduire le train de vie de l’Etat, la dette sociale est en augmentation chaque année.
L’apparition de la pandémie de coronavirus n’a fait qu’aggraver une vie économique déjà en proie à de sérieuses difficultés. La question qui se pose est celle de savoir si le Congo va persister dans la voie de compromettre l’avenir des jeunes générations à qui l’on risque de laisser en héritage des dettes dues à notre train de vie. Penser qu’il y aura une remontée du prix du baril de pétrole de nature à renflouer de nouveau les caisses de l’Etat et retrouver l’euphorie des années 2000 est une option qui empêche de mettre œuvre les véritables solutions qui doivent concourir à l’amélioration de la gouvernance financière.
On devrait s’inquiéter de ce que l’Etat n’arrive plus à assurer le train de vie hérité de ces années euphoriques. L’aggravation de la crise sociale et la réémergence de la précarité en raison de la crise financière sont en train de devenir une vraie menace à la cohésion sociale. Non seulement le sentiment d’iniquité ronge une grande partie de la société de plus en plus écrasée par le poids de la vie quotidienne, mais encore les bases du développement sont fragilisées parce que l’Etat n’arrive plus à faire face à ses charges de fonctionnement. Ce n’est pas par manque de ressources financières, mais à cause d’une gouvernance qui a du mal à se débarrasser des antivaleurs qui la gangrènent depuis qu’on a engagé la fameuse lutte contre la corruption.
Pour un Etat, il est tout aussi important d’assurer sa sécurité, celle de sa population et de ses institutions, de veiller à la défense de son territoire, que de payer les pensions de ses retraités, les salaires de ses fonctionnaires, financer le fonctionnement de ses institutions, délivrer la bourse à ses étudiants, faire fonctionner ses missions diplomatiques, etc. Mais, quand la gestion publique se réduit à priver ici pour payer là, mois après mois, elle ne peut laisser présager un avenir meilleur, même s’il faut garder espoir. En principe, on ne devrait pas priver une catégorie sociale pour en privilégier une autre. La gouvernance financière doit se réadapter au nom de l’équité face aux charges de l’Etat. La crise économique, on la traîne depuis 2015 pratiquement. Cinq ans après, on n’a toujours pas réussi à en sortir. L’accord avec le Fonds monétaire international est suspendu aux conditions que le Congo doit remplir pour sa reprise. A l’heure où le parlement est en session budgétaire et dans le contexte de la crise sanitaire, que peut-on espérer dans le sens de la relance économique? Comme quoi, rétablir les équilibres financiers de l’Etat est une histoire de compétence et de crédibilité, pas de forcing.

L’HORIZON AFRICAIN

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L'horizon Africain, un journal d'information paraissant au Congo Brazzaville

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03 décembre 2020, 11: 32

L’editorial de la redaction

LES CÔTÉS AMERS DE LA DÉMOCRATIE!

Des milliers de supporters du Président Donald Trump ont manifesté, samedi 14 novembre dernier, à Washington, pour protester, une fois de plus, contre la présumée «fraude électorale» qui aurait privé leur champion de sa victoire à l’élection présidentielle du 3 novembre. Ils sont allés manifester leur colère jusque devant la Cour suprême des Etats-Unis, dans le quartier du Capitol Hill, comme pour appuyer les recours en justice introduits par les avocats du Président Trump. C’est la démocratie, peut-on dire! Mais, la démocratie a ses côtés amers et on l’oublie souvent.

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