Notre système électoral mérite d’être réformé et amélioré. Les élections législatives et locales de cette année viennent encore d’en démontrer la nécessité. Dans les concertations politiques nationales, les faiblesses constatées ont toujours été relevées, particulièrement par les partis d’opposition. Mais, le gouvernement et sa majorité se montrent toujours réfractaires à faire évoluer le système électoral comme il se doit.
On a vu comment dans le passé, l’institution du bulletin unique a été un long et difficile processus. La sécurisation des résultats sortis des urnes jusqu’à leur proclamation se présente aujourd’hui comme un grand défi à relever, pour améliorer le système électoral.
Entre les décisions prises et leur mise en œuvre, il y a toujours un fossé. Généralement, ceux qui ne sont pas en faveur des réformes s’arrangent toujours pour ne jamais les mettre en œuvre, une fois qu’elles sont adoptées. C’est la dernière cartouche qui leur reste, pour maintenir le statu quo, sûrs qu’ils sont de l’impunité dont ils jouissent.
Même si les dirigeants de la majorité refusent de voir l’évidence, le tripatouillage dans le traitement des résultats n’a pas que fait des victimes dans les rangs de l’opposition, mais aussi et peut-être même surtout au sein de la majorité présidentielle elle-même. Président d’un parti de la majorité et candidat à Ngoma-Tsétsé, dans le Département du Pool, Hellot Mampouya avoue en avoir été victime. D’après lui, les résultats sortis des urnes le donnent élu dès le premier tour. Il ne comprend pas pourquoi il doit aller au deuxième tour, avec une adversaire qui, toujours selon lui, a occupé la trsoisième place, dans cette élection.
L’administrateur-maire du premier arrondissement de Mossendjo, même s’il a rétropédalé, sous la pression, a révélé une affaire qui montre comment les résultats des urnes sont changés, au moment de leur centralisation et traitement, pour favoriser un candidat au détriment de celui qui a réellement gagné dans les urnes. Dans le cas du premier arrondissement de Mossendjo, l’administrateur-maire souligne que le candidat proclamé élu aux élections locales ne figurait même pas dans une liste de candidats. C’est vraiment une ignominie que les autorités nationales ne devraient pas tolérer, au risque de discréditer les institutions de la République. Il ne sert à rien de se retourner contre cet administrateur-maire qui a révélé ces faits, car celui-ci ne s’est exprimé que dans un courrier officiel adressé à sa hiérarchie, ne s’imaginant pas que les médias sociaux ont l’œil partout. C’est la magouille et les auteurs de la magouille qu’il faut réprimer.
Le phénomène du changement des résultats des urnes dans les commissions locales d’organisation des élections en complicité avec les autorités des sous-préfectures, des arrondissements et des mairies a pris une ampleur inégalée. Le ministre qui proclame les résultats à Brazzaville n’en est souvent pas au courant. Il endosse une responsabilité qui n’est en principe pas la sienne. On devrait laisser le soin aux commissions locales de proclamer les résultats de leurs circonscriptions, pour en endosser la responsabilité. Les tribunaux locaux étant là pour trancher les litiges électoraux. Ce serait une bonne manière de responsabiliser les cadres. De telle sorte que les magouilleurs peuvent être traînés devant les tribunaux. Il sera difficile d’enlever dans la tête des Congolais, les noms des députés mal élus. Amoins que la justice ne rattrape ce qui est rattrapable. Il faut se féliciter du fait que malgré de telles injustices, la paix règne et c’est l’essentiel. Mais, il est clair qu’on ne peut pas construire durablement une société stable dans l’injustice.

L’HORIZON AFRICAIN

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